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bonté ilo déplaire, au regret d'avoir offensé. Si l'ardeur d'un sang qui s'enflamme le rend emporté, colère, on voit, le moment d'après, toute la bonté de son cœur dans l'effusion de sou repentir; il pleure, i! gémit sur la blessure qu'il a faite ; il voudrait au prix de son sang racheter celui qu'il a versé; tout son emportement s'éteint, toute sa fierté s'humilie devant le sentiment de sa faute. Est-il offensé lui-même, au fort de sa fureur, une excuse, un mot le désarme; il pardonne les torts d'aulrui d'aussi bon cœur qu'il répare les siens. L'adolescence n'est l'âge ni de la vengeance ni delà haine; elb> est ce'ui de la commisération, de la clémence. Oui, je le soutiens et je ne crains pas d'être démenti par l'expérience, un enfant qui n'est pas mal né et qui a conservé jusqu'à vingt ans son innocence, est à cet âge le plus généreux, le meilleur et le plus aimant des hommes. (J.-J. Rousseau.)
La boulé, quand une fois elle s'est fécondée et a germé dans le cœur de l'homme, est pour lui une source de jouissances toujours nouvelles et sans cesse renaissantes ; aussi y reste-t-elle constamment gravée, quels que soient les événements heureux ou malheureux qui viennent l'affecter. C'est pour cela qu'on a dit de l'homme bon : « Il est de tous les terni s et de toutes les nations; il n'est pas même dépendant du degré de civilisation du pays qui l'a vu naître; c'est la nature morale dans sa pureté et dans son essence: c'est comme la beauté dans la jeunesse, où tout est bien sanseffirt. » [Madame île Staël.)
La bonté est donc une des vérins lis plus brillantes et les plus précieuses qui puissent embellir l'existence, hélasl bien éprouvée de tous les humains. Pendant Ion temps j'avais cru que cette vertu lirait son origine de l'amour de l'humanité, cet autre don du ciel, comme la bonté, qui porte l'âme à tant d'actes d'un généreux dévouement et d'oubli de soi-même pour le bonheur d'autrui; mais je suis revenu de cette opinion, rssez généralement partagée du reste, et voici pourquoi.
Quand l'intelligence de l'enfant n'est pas encore assez développée pour sentir ce que c'est que l'amour filial, l'amour fraternel, . t moins encore l'amour du prochain, il décèle déjà si bonté, s'il est naturellement bon, de bien îles manières. Ainsi, il pleure en voyant pleurer son frère, il partage avec lui ou avec d'antres enfants les petites friandises dont il est très-gourmand; il se montre charitable Donc la boule nu liait pas de
I amour du prochain.
Ce n'csl ras tout : quand par amour pour |i' prochain nous faisons «lu bien à autrui, nous nous employons â le servir auprès de
ceux qui peuvent lui être utiles; la satisfaction que H- us en éprouvons peut être toute en dehors de nous, c'est-à-dire se rapporter e\ehisivemi'iit à l'indivi tu lui - même
dont nous soulageons la misère et v Irions
calmi r les douleurs. Ce n'est pas qu'on ne
puis e aussi être heureux d'accomplir un
que Ij morale et II religion BOUS
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commandent; mais ce sentiment ne doit être que secondaire; car, sans cela, nous n'agirions plus par amour du prochain, et moins encore par bonté, puisque ce serait par obéissanee à Dieu, qui nous a ordonné de nous aimer les uns les autres.
Au contraire, quand c'est par bonté que nous adoucissons les chagrins des autres, le plaisir que nous eu ressentons a, ce me semble, quelque chose de plus personnel ; tout se passe en nous et parait se rapporter à nous. Ainsi notre satisfaction a une triple origine, à s,i\o;r, celle joie intérieure et ineffable que l'on goûte en faisant le bien; joie naturelle , irréfléchie, comme l'action qui nous la procure; et puis, après réflexion , le contentement d'avoir obéi instincliveme.nl à la voix de Dieu et satisfait à celle de notre conscience. On pourrait même dire, si je puis ainsi parler, qu'il y a une sorte de personnalité ou d'égoïsrae dan» la bonlé, qui ne se retrouve pas dans l'amour du prochain. En d'autres termes, nous pouvons faire beaucoup par bonté et sans que nous éprouvions la moindre sympathie pour la personne objet de nos bontés ; souvent nous agissons pour elle sans la connaître: peut-on appeler cela agir par amour, du moins paramour naturel du prochain.
Ainsi, la bonté ne provient pas de l'amour de l'humanité. Je dis plus, il serait possible que ce dernier amour tirât son origine de la bonté, puisque nous sommes d'autant plus portés à aimer nos semblables que le Créateur a mis plus debinlé en notre âme, et que généralement celui qui n'est pas bon n'aime personne. Mais , attendu que ces deux sentiments sont innés en nous, que le germe y a été dépose en même temps, ce si rail avancer un paradoxe que d'affirmer que l'un donne naissance à l'autre. Mieux vaut donc en faire deux sentiments séparés et distincts, ayant la même origine et les mêmes tendances, et pouvant même se confondre d'une manière si intime qu'on ne sache auquel des deux l'on a obéi.
La bonté a plusieurs manières de se manifester, je dirai même de se trahir; les actes les plus simples sont ceux qui la décèlent b> mieux. Ainsi est-il rien de comparable à la bonté de Pénelon, ramenant à une pauvre famille de paysans de Cambrai une rache qu'elle se désolait d'avoir perdue?
Louis XIII donna aussi un exemple trèsremarquable de boule, dans une circonstance qui mérite d'être rappelée. In jour il était entre dans la maison d'un paysan, . I n'y ayant trouve qu'un enfant endormi, il s'amusait à le bercer, lorsque mademoiselle de Lafarette arrive et le surprend dans cette on np ition. Chut ! lui lit-il du geste.
Indépendamment de celle manière de se produire, la bonté a encore d'autres moyens de manifestation. Ainsi un de ses attributs est la bienveillance , ou ce senl ment que Dieu a imprimé dans tous les cours, et par
lequel nous sommes portés à nous vouloir
du bien les uns aux autres. La société lui
doit ses liens les plus doux et les plu] lorU,