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Disons en terminant qu'il ne faudrait pas confondre lachastelé avec la pudeur. Elle diffère en ce que telle femme qui brûle au fond du cœur d'une flamme adultère ne laisserait pas cependant, par pudeur, voir ses brus nus à un homme (étrange contradiction!), et telle auire qui mais n'anticipons pas. Voy. Pudeur.
On ne confondra pas non plus la chasteté | avec la décence , qui consiste dans une grande conformité entre les actions extérieures et les lois, les coutumes, Us usâtes, J'esprit, le point d'honneur et les préjugés <le la société au milieu de laquelle nous vivons.
Je dis la société du pays où nous vivons : car on peut voir, en parcourant l'histoire des peuples, que la décence a varié d'un siècle à un autre chez le même peuple. Celleci, comme la pureté, est nécessaire à la chasteté, dont elles sont l'une et l'autre partie constituante, mais ne la constituent pas essentiellement. C'est pourquoi on les cherche chez toutes les femmes dont elles forment un des plus beaux ornements, tout comme chez les autres personnes qu'elles relèvent aux jeux des gens honnêtes et vertueux. El souvent,quand une pensée coupable nous agile, si la chasteté nous apparaît toute brillante île décence et de pureté, el.e nous désarme et nous fait ses esclaves.
Dans le snc de Toscanelle, on présenta à Charles VIII une jeune fille d'une rare beauté. Après avoir inutilement épuisé auprès d'elle toutes les flatteries que la galanterie lui suggérait, il était prêt d'user » iolem- /nent du droit de vainqueur, lorsque la jeune personne, apercevant un tableau de la Vierge, se jelleaux pieds du roi en fondant en larmes et s'écrie : « Au nom de celle qui par sa pureté a mérité d'être la mère de Dieu, ô roi I sauvez-moi. sauvez mon honneur 1 » Frappé par celte invocation inaltendue.il la relève et la reud intacte à ses parents. [Anquetil.)
Autre exemple. Dans les premiers siècles du christianisme, il y avait en Egypte une esclave d'une rare beauté, nommée Polamienne. Son maître, devenu amoureux d'elle, voulut d'abord la séduire, et ensuite la ravir de force : repoussé par la vertueuse tille, il la livre au préfet d'Aquila comme chrétien» . Le préfet invita Potamienne à céder aux désirs de son maître ; sur son refus, il la condamna a élrr: plongée dans une chaudière bouillante et la menaça de la faire violer par des gladiateurs. Potamienne 'lit : ■< Par la v ie de l'empereur, je vous supplie de ne pas me dépouiller et de ne pis m exposer nue, que l'on me desc le peu à peu dans la chaudière avec mes habits. ■ Cette grâce loi fut ai c irdée el Potamienne mourut, comme elle avait vécu, chaste et pure.
A ceux qui trouveraient cet exemple moins concluant que le premier, je leur lerai remarquer que la faveur accordée a Potamienne est immense, puisque a l'époque OÙ celle (••.clive fut plongée dans la chaudière où elle devait mourir, les vertus, cou-
séquences nécessaires du premier cln !.-, anisme , faisaient haïr ceux qui les pr ;tiqu aient, parce qu'elles étaient un reproche aux vices opposé-. En ces temps de barbarie, un mari chassait sa femme devenue sage, parce qu'elle était deienue chrétienne; un père désavouait un fils autrefois prodigue et volontaire , transformé par le changement de religion en enfant soumis el ordonné. Ainsi en cédant aux désirs de la jeune fille, le préfil d'Aquila rendait un hommage éclatant à ses venus. Elle obtenait donc un véritable triomphe : un triomphe plus grand , peutêtre, que celui qu'obtenait sur Charles V1I1 la jeune fille qu'on lui avait livrée.
CIRCONSPECT, CiucoNSPECTiQN (vertu).
— La circonspection est une vertu de société qui nous porte à juger avec retenue des actions d'autrui, et à mettre beaucoup de réserve ou de ménagement dans nos discours ou dans nos relations avec nos semblables. El, parexemple, comme on ne peut lire dans le cœur des hommes, on doil être très-i frconspect quand ii s'agit de louer ou Je blâmer leurs actes, dont le seul motif qu'on ne connaît pas fait seul le prix : el comme dans le commerce de la vie on se trouve journellement en rapport avec des gens qui ne partagent ni nos opiuiens politiques, ni nos croyances religieuses, il faut être très-circonspecl dans son langage , louies les fois qu'on aura à émettre sou opinion sur des questions gouvernementales ou simplement de personnes. Deux Lien vieux adages : St dis à aucun ton secret ; Parle peu el bien, me semblent résumer tout ce qu'on pourrait dire louchant la circonspection à l'égard de soimême, tout comme celui-ci : Tuut </<.e je ne vois pas le mal, je n'y crui< pas. et le verraisje, que j'en douterai» encore, montre l'étendue de la circonspection que l'on doit avoir à l'endroit des personnes.
Du reste, si l'on veut se faire une idée do loutceque la circonspection embrasse, on n a qu'à la considérer dans ses rapports intimes avec la retenue, la considération, les égards, les ménagements dont ou l'a faite le synonyme. Nous reviendrons là-dessus en traitant de ces divers articles. Voy. Consioéba-
TION, l'àiAKllS, Ml NAl.KVICN IS, lil II M I .
CIVIL, Civilité (vertu). — Celle vertu sociale qui nous fait rendre à chacun les honneurs qui lui sont dus, c'est la civilité. Elle consiste, d'après La Bruyère, dans une certaine attention a faire que, pir nos paroles et nos manières, les autres soient contents de nous. Bile a donc dans ses attributions l'affabilité, qoi nous disposée nous laisser facilement approcher par nos inférieurs et à les encourager par notre air gracieux
el affëCtUeUX a oser lOUl lions dire, et la po-
litetit, dont elle ne diffère qu'a certains
égards. Voy, \i i wu i: et Poi I. Je n'en parle
pas dans cet article , afin d'éviter les répétitions.
CLAIB.V01 UN I . Cl SIHYOl w s ( qualité, faculté). — litre clairvoyant c'est avoir ei • doté par la ualure des lumières de I