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prit que I'Homme éclairé (Voy. ce mol) no saurait acquérir par l'étude el la réflexion.
Sous ce rapport, la clairvoyance ne diffère nullement de la Pénétration (Voy. ce mot), qui, elle aussi, est une qualité bien plus naturelle qu'acquise. L'instruction et l'éducation peuvent bien les perfectionner toutes, ma;s, quoi qu'il lasse, l'homme éclairé peut n'être jamais clairvoyant. C'est un don naturel qui ne s'acquiert pas.
CLÉMENCE (vertu). — ta clémence est, à mon sens, la mise en pr.ilique d'un sentiment multiple ou de plusieurs sentiments que nous connaissons déjà, à savoir : l'amour divin, l'amour de soi-même, l'autour «lu prochain, la bonté, la pitié, elc; tous sentiments qui nous disposeui à l'oubli des injures el nous portent à pardonner le crime. C'est la vertu des rois et de tous ceux qui exercent la souveraine puissance. Jésus -Christ , notre divin m; ître, placé sur un infâme gibet et mourant pour l'humanité qu'il voulait purifier de son sang pour lui ouvrir le royaume des cieux, eu a donné aux monarques et aux peuples de la terre le plus grand, le plus magnifique, le plus sublime des exemples. Sentant que les forces l'abandonnent, et qu'il va bientôt rendre le dernier soupir, il oublie les outrages dont on l'a abreuvé pour pardonner même à ses bourreaux, etafin que Dieu le Père leur pardonne à son tour et pardonne aussi à tout le peuple juif, il rejette sur leur ignorance toute la monstruosité du déicide qu'ils commettent. 0 mon Père, s'écrie-t-il, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font (Nesciunt quid faciunt). P.elle et louchante exclamation que les échos répètent d'âge en âge, el qui est ainsi arrivée jusqu'à notre cœur qu'elle doit toucher et attendrir.
Les bienfaits de la clémence peuvent s'exercer, remarquons-le bien, soit que les coupables en ressentent immédiatement les effets, soit que ces effets se fassent plus ou moins attendre ; et, sous ce dernier rapport, la clé mence céleste doit différer de la clémence humaine, excepté pourtant dans un cas que je citerai. — Je m'explique : le Christ mourant a prié pour le peuple juif, n'est-ce pas? Eh bien 1 ne peut-on pas raisonnablement supposer que, si les juifs n'ont pas ressenti immédiatement, le jour même où le Fils de Dieu fail homme a sollicité de son Père leur pardon; si, dis-je, ils n'ont pas ressenti à l'instant même où le Juste priait pour eux, les effets de sa divine clémence, la prière i!u Fils de Marie pèsera un jour dans la balance qui doit alléger le poils de leurs iniquités?
De même, quand le vertueux et infortuné Louis XVI, prêt à paraître devant l'Etre suprême, prononça ces mémorables et ravissantes paroles que le bruit de la foule et le roulement des tambours ne purent entièrement couvrir : « Français, je meurs innocent, je pardonne à mes ennemis, je souhaite que mon sang soit utile aux Français et apaise la colère de Dieu, » ne peut-on pas affirmer que sa voix aura été entendue par le Tout Puissant, et que la prière du Gis de saint Louis moulant au ciel a déjà été bien des