CLE
A Dieu ne plaise pourtant que nous prétendions qu'il faille manquer même une fois de clémence; au contraire, mieux vaudrait qu'on abusât du droit de pardonner, que si l'on péchait par trop de sévérité. Mais qui nous dit que, si on n'y prend garde, elle ne sera pas appliquée en aveugle à cause du bonheur qu'elle procure? Le calife Mamon, dans son enthousiasme pour le pardon, disait: « Si l'Etat savait loul le plaisir que je me fais en pardonnant, tous les criminels viendraient à moi pour sentir les effets de ma clémence.» Or, qui nous assurera, après cet aveu, que Mamon n'a jamais pardonné sans discernement? Voilà un tort qu'un souverain ne doit jamais avoir, voilà ce que je ue voudrais pas qu'on imitât.
Ce que je veux, au contraire, c'est qu'on se inonlre clément quand le coupable est plus égaré que pervers, quand le condamné, la patrie et le monarque doivent en tirer avantage. ,
C'est ce que fit Louis XII, surnomme le Père du peuple, à son avènement au trône. Après avoir soulagé le peuple, pardonné à ses ennemis et ré, rimé les excès des gens de guerre; après avoir ainsi réglé l'intérieur de ses Etals, il tourna ses vues vers le Milanais sur lequel il avait des droils du côté de son aïeule.
Louis Sfor.e, soldat sans forlune, scélérat audacieux, s'en était emparé. Lu moins de vingt jours Louis s'en rendit maître; mais Sforce y rentra bientôt. Le roi lente alors un nouvel effort, reprend sa première conquête, fait l'usurpateur prisonnier, pardonne aux révoltés, rétablit l'ordre, s'efforce de réparer les malheurs de la guerre et rentre eu France heureux de ses triomphes.
Chose à peu près pareille arriva sous Louis le Juslc. Quand les protestants, après avoir levé l'étendard de la révolte en France, se lurent emparés de plusieurs places fortes et entre autres de la Rochel e < l de Saint-Jeantl'Angéli, que lit Louis X 1 1 1 .' Il se mit à la léle d'une année formidable, investit ce le dernière place, et, après un siège meurtrier qui dura vingt-trois jours, il obligea les habitants à se rendre à discrétion. Ceux-ci s'attendaient à éprouver les effets de la vengeance du vainqueur, lorsque Louis fit publier un édil par lequel il accordait aux rebelles i/ràce jilrute d ''litière; leur assurait la liberté de conscient t et In conservation de tons (< m i pi iviléijes. N'c-l-re pas que Louis Mil entendait bien ii clémence?
Peuples et rois de la terre vou'.ez-VOUS savoir ce que peut la clémence , porlci vos regards sur la métropole du monde civilisé
cl vous y vi irez l'ie IX. graciant les détenu-.
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Rome -;i déchéance de la louverainelé leinpori le.
iV.u >lns, je n'en retrancherai pas • syllabe,
parée que si nne partie de la populali les I lali
romains n été asseï ingrate envers le touverain i""'iiTi- pour n iblier sa clémem e, a bonté et ses autres vertui ai osloliques et royales, la majorité des esprit», n'i n douloos pas, pleure en secret et gémit en silence