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craindre qu'elle ne nous condamne au remords éternel ?
Quant ans suiles fâcheuses, organiques, que la cnlère produit, nous ne devons pas oublier de mentionner en passant, et la perturbation qu'elle orcasionne dan- les appareils sécrétoires, et les troubles de l'estomac qui ne remplit plus convenablement ses fonctions. Ce sont doux choses fort importantes à noter; rar, su pposnns qu'une nourrice ait été provoquée à se mettre en colère , dans ce cas elle doit se garder de donner le sein à l'enfant immédiatement après que l'accès est passé. Elie s'exposerait à le voir atteint de convulsims (Hoffmann), ou d'épilepsie ( Lerrel , etc. Il est donc indispensable qu'elle fasse vider ses mamelles à l'aide de fumigations émollientes ou au moyen d un aspirateur, et qu'elle attende une nouvelle montée de ce li suide dans les seins, avant de donner à leter à l'enfant.
De même, les troubles de l'estomac méritent d'être pris en considération, parce qu'ils imposent l'obligation d'attendre que tout dans l'organisme soit entièrement rentré dans l'ordre avant que de le soumettre à aucun travail, Cela résulte du moins des observations de Frédéric Hoffmann , qui a vu une femme délicate et sensible subitement atteinte du choléra pour avoir mangé une petite quantité de fraises immédiatement après un accès de colère; et dans une autre circonstance un individu éprouver un tremblement général et la nuit suivante un accès d'asthme convulsif pour avoir pris des aliments dans les mêmes condition*. Donc il faut attendre que l'estomac soit entièrement remis de la secousse qu'il a éprouvée avant que d'y introduire quelques mets.
Enfin, cet article serait incomplet, si, après avoir parlé des gravis inconvénients que nous courons tous en nous mettant en colère, nous ne disions que, lu il y a des gens pour qui c'est un besoin que de se mettre en colère, et qui s'y mettent tous les jours, sans que cela leur cause la moindre maladie ; ils se portent même beaucoup mieux après qn'.i v n ni un grand accès d'emportement, c'est-à-dire qu'ils sont plus actifs, plus vigoureux qu'auparavant ( Zimmermann). On conçoit que, dans ce cas, loin de leur en faire un crime, il faut les laisser faire. 2° Dans quelques cas, le médecin peut tirer parti du bouleversement général produit dans h s systèmes circulatoires, nerveux, etc., par la colère, pour obtenir la guérison de certaines maladies ebroniques. Ainsi, Gaubius.Yariola, ont dissipé des paralysies ; Borrichius, Busquilloiij etc., ont arrêté les accès de fièvres intermittentes, en provoquant chez leur malade une violente colère.
A ceux qui trouveraient que tous ces détails médicaux conviennent peu ou n'intéressent pas le moraliste, voici ma réponse : La colère est considérée généralement comme un défaut , toute motivée , toute légitime qu'elle paraît en bien des circonstances. Or, à ce point de vue il faudrait la blâmer toujours. Mais si le médecin peut en tirer
parti en la provoquant, n'est-ce pas qu'il est bon parfois de savoir et pouvoir faire mettre quelqu'un en colère ? Donc le blâme doit être relatif.
Kesle une dernière observation. Aristote a prétendu que la colère sert parfois d'armes à la vertu et à la vaillance ; il se trompe beaucoup : quant à la vertu, cela n'est pas vrai ; et quant à la vaillance, on a répondu assez plaisamment , qu'en tout cas c'est une arme d'un nouvel usage ; rar, dit .Montagne, « nous remuons les autres armes, et celle-ci nous remue ; nolie main ne la guide pas, c'est elle qui guide notre main ; nous ne la tenons pas. »
COMMISÉRATION ( vertu 1. —La commisération est un sentiment de pitié que nous éprouvons à la vue des maux d'autrui. Elle parait ajouter à la compassion un degré de sensibilité, qui nous porte comme par instinct à secourir les malheureux et à devenir Cuaritablks. ( loi/, ce mot.)
Elle ne iliffère, avons-nous dit, de la compassion qu'en ce qu'elle y ajoute un degré de Sensibilité. (Yoy. également ce mot.j
COMPASSION (vertu). — La compassion est la peine que nous causent les souffrances d'autrui. Il semble qu'elle doive son origine à une conception forte de ces souffrances , que le tempérament ou l'idiosyncrasie du sujet favorise plus ou moins.
11 n'es! donc pas étonnant qu'on ait remarqué que le tempérament sanguin est celui qui se laisse plus facilement émouvoir et toucher, mais qu'il est aussi le moins apte à garder l'impression à cause de la rapidité avec laquelle les émotions se succèdent.
Au contraire, le tempérament phlegmatique s'appitoye difficilement par défaut de sensibilité ; les hommes de ce tempérament ne s'émeuvent presque pas pour eux, pourraient-ils s'émouvoir pour les autres?
Au rebours , le tempérament nerveux et mélancolique est susceptible d'une compassion très-vive quand on parvient à triompher de sa concentration. Dans ce cas la pitié des personnes mélancoliques se manifeste ordinairement par des mouvements brusques, p ir des échappées de sensibilité et des boutades de bienfaisance.
Le tempérament bilieux enfin, qui n'est guère moins irritable que le nerveux, est dès lors très-accessible à la pitié; mais d'un autre côté il porte tellement au commandement et à l'action, que la sensibilité est dominée pir l'activité : les humâtes de ce tempérament sont trop occupés à penser, ù vouloir, à agir, pour entrer dans l'existence des antres et sympathiser avec leurs peines, ou bien s'ils y entrent, c'est avec chaleur, avec passion, avec dévouement.
La compassion est un sentiment inné, que l'éducation développe et fortifie et que nous devons mettre en jeu en autrui, quand nous en sommes animes nous-mêmes, pour qu'il vienne â aide à ceux qui souffrent et pleurent. Mais comme en outre des différences que le tempérament produit, il y en a d'au-
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très qui proviennent de la disposition du moment et que celle disposition est le résultat de mille causes diverses internes ou externes, physiques et morales, dont les influences se compliquent à chaque instant ; il en résulte qu'il faut savoir choisir le temps propice, quand on veut exciter la compassion d'une personne et en obtenir une marque d'intérêt ou un soulagement.
Que dis-je, le temps propice c'est le moment propicequ'il faut savoir choisir, attendu que le même individu pouvant être tout autre le malin que le soir, à son lever ou dans le courant du jour, avant ou après le repas, l'été ou l'hiver , par un temps sec, ou par un temps humilie et selon !e vent qui souffle il faut épier l'instant favorable où ce qu'on lui dira peut l'impressionner, pour qu'une réaction avantageuse s'ensuive et qu'il agiss ■••
Ces observations sont utiles dans le commerce de la vie , et le discernement qu'elles donnent entre pour beaucoup dans ee qu'on appelle le tact, l'esprit de conduite ou la manière de traiter avec les hommes. A nous donc d'en profile.'.
Être compatissant est une verlu qui nous dispose à être charitables , et faire la charité est un devoir que chacun de nous doit remplir. Voy. à l'art. Charité quelle est la nature de ces devoirs et comment on les remplit.
COMPLAISANCE , Complaisant ; ( qualité ). — On a défini la complaisance : «une condescendance honnête aux volontés des autres. » Ainsi définie, la complaisance ne saurait élre un sentiment unique; ce sera, si l'on veut, une verlu sociale, mais une verlu composée de presque toutes les autres vertus, et plus particulièrement de la bonté dont elle est un des attributs , de la douceur , dont elle naît, et do l'amour de l'humanité à l'aide duquel elle s'entretient et auquel elle doit l'indulgence qu'elle témoigne pour les défauts de chacun et de tous; ce qui en fait le principal caractère. C'est pour cela que la complaisance est une vertu trèsdouce et fort aisée à pratiquer.
Qaoi de plus satisfaisant, en effet, pour l'homme complaisant que d'être toujours content de tout le monde, ou, s'il ne l'est pas, d'avoir assez de force de caractère , de facilité d'esprit et de raison , assez de souplesse, pour cacher avec adresse le ressentiment qu'il éprouve de ne l'être pas, et cela de manière à ce que personne ne se doute de l'impression fâcheuse qu'il en a ressentie 1 C'est pourtant ce qui a lieu , car un homme complaisant ne se plaint guère de ce qu'on ne le sert pas avec ch ileur , parce qu'il se persuade qu'on est ailé au-devanl de ce qu'on lui devait ou parce qu'il n'aime pis à se plaindra; il grossit l'idée des boni oïlices qu'on lui rend pour en avoir plus de reconnaissance, ou dissimule la làrlieusc impression qu'il ressent de n'en recevoir qinil s uiau- \ .lis. il ificbe de trouver 'les raisons pour excuser les fautes que l'on fait a son préjudice ; ou quand il n'en peut trou ht, il BXCOSe les rçcus sur leurs bonnes intention-. Il sérail