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fit au ministre anglais un seigneur distingué par son mérite. La cour avait besoin de l'att rer à son parti. Walpole va le trouver. Je viens, lui dil-il, de la part du roi vous assurer de sa protection, vous marquer le regret qu'il a de n'avoir encore rien fait pour vous, et vous offrir un emploi plus convenable a votre mérite. Milord, lui répliqua le seigneur anglais, avant de répondre à vos offres, permettez-moi de faire apporter mon souper devant vous. On lui sert au même instant un hachis, fait du reste d'un gigot dont il avait dîné. Se tournant alors vers Walpole : Miiurd, ajouta-l-il, pensez-vous qu'un homme qui se contente d'un pareil repas soit un homme que la cour puisse aisément gajner? Dites au roi ce que vous avez vu : c'est la seule réponse que j'aie à lui faire.
Puissions-nous nous-mêmes avoir bientôt beaucoup d'exemples pareils à citer 1 puissions-nous avuir a enregistrer à notre tour les noms les plus honorables parmi les plus marquants I La société tout entière y gagnerait, car ce serait un pas immense fait vers le progrès.
COURAGE (vertu). — Il est un sentiment que la force de l'âme inspire et qui par conséquent, est de tous les temps, de tous les âges, de toutes les conditions sociales ; qui met l'homme au-dessus des événements; ce sentiment, c'est le courage. Tous les êtres doués de la raison le portent partout avec eux : au combat contre l'ennemi, dans un cercle, en faveur des absents que la calomnie ou la médisance déchirent ; dans le lit, contre les attaques de la douleur et l'attente du trépas, et jusque sur l'échafaud en présence de la mort qu'ils bravent. Jamais il ne se dément, parce qu'il vient d'enhaut, et que, quand c'est la volonté de Dieu qui fait la force de notre esprit, nous sommes invincibles. (Séncque.)
Ayant dit ailleurs comment j'entendais le véritable courage (Voy. Rkavolre), je n'ai pas à revenir maintenant sur un sujet déjà assez longuement traité; cependant je ferai remarquer que le courage réfléchi, le vrai courage, tirant sa source ilu senlimentdudevuir, de l'obligation où l'hommeestde résister aux atteintes portées contre son honneur, sa dignité, sa vie, et sa force dans sa propre nature, il n'est pas étonnant que des individus faibles, cliétifs, timides même, ineapablea d'une action physique énergique, longtemps soutenue , puissent en être doués. Aussi, cette espèce de courage a-l-il été considéré comme une des plus belles manifestations de la liberté de l'être pensant qui peut, quand il le veut , dominer ses instincts et vaincre les tendances que la nature a mises en lui; c'est-à-dire qu'il peut, en présence d'un danger réel qu'il apprécie cl qu'il redoute , sacrifier son repos et sa tranquillité au soutien d'un principe équitable, ou mettant l'instinct physique de sa conservation au-dessous de la dignité morale, faire un noble sacrifice de lui-même. Cela a lieu surtout pour le courage du
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guerrii-r, une des vertus les plus nobles, le plus utile rempart do la patrie, (l'est lui qui la rouvre au dehors et la maintient forte au dedans. C'est lui qui veille pour le salut de tous et qui donne sa vie sans hésiter. Kléber, an% champs de la Vendée, pressé par l'armée royaliste, dit à un officier : « Vous voyez ce posledangercus, vous allez vous y faire tuer pour le salut de l'armée. » — Oui, mon général, répondit celui-ci, et il tint parole.
Notre histoiredeFrancccst pleine de traits semblables, et ce n'est pas une prétention mal fondée, que de dire que nul peuple au monde n'a tant brillé par son courage que le peuple français. Courage bouillant, valeureux, emportéquelquefois, mais plein de générosité et de noble dévouement, toujours au service de la justice et de la faiblesse, couvrant de son glaive tout ce qui implore sa protection. (P. Belouino.)
COURROUX (défaut). — Une agitation violente qui éclate en notre sein contre cdui qui nous a offensés ou qui nous manque dans l'occasion, constitue le courroux. On l'a fait synonyme d'emportement, qui n'est lui-même qu'une violente Colère. (Voy. ce mot.)
Nous n'aurions donc pas à nous oecuper de ce sentiment, si l'on n'avait pas voulu, à lorl ou à raison, le différencier de l'emportement, en disant que le courroux est plus intérieur, tout à fait intérieur, et ne respire que la vengeance et la punition; ce qui fait qu'on l'emploie généralement dans le style poétique; tandis que l'emportement est plus à l'extérieur, éclate par des paroles et des mouvements brusques et sans ordre, qui passent vite. De là cette conclusion que l'on lient à l'effervescence du sang, à la pétulance de l'imagination, à l'exaltation delà sensibilité, à la vivacité du caractère, l'esprit et le cœur n'y ayant point de part : tandis que le courroux est dans l'âme, naît d'un grand amour-propre blessé , ou de toute autre passion mise en jeu, et ne s'apaise que difùcilemeal.
Il est facile de comprendre qu'on doit agir différemment vis-à-vis d'un homme qui s'emporte, et vis-à-vis de celui qui entre en courroux. Il suffit de laisser le premier se livrer sans danger pour lui ou pour autrui à son emportement, pourqu'il se calme bientôt de lui-même; tandis qu'il faut faire comprendre à l'homme eu courroux , que la morale et la religion condamnent là vengeance qu'il médite.
J'ai dît qu'on aval voulu , à tort ou à raison, distinguera rourrouxde l'emportement, parce que je ne vois pas trop la nécessite de ces distinctions. Dans l'on etl'aulre cas, il y a unmêmesenlimenl d'agitation intérieure qui nous anime ; mais il se manifesledc deux manières opposées, àsavoir : pourcelui-ci, parla concentration de l'agitation et les projets de vengeance : pourcelui-là, par des mouvements brusques, desordonnés, dos discours exlra- \ agants. Mais s'ensuit-il de là que ce ne soit pas un même défaut? Non pas précisément,