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davantage dans son âme les semences de loules les vertus que Dieu y avait déposées , et qu'elle élait heureuse d'y faire fructifier, comme elles avaient fructifie en elle.
Il est un autre moyen que l'on peut tenter pour arriver aux mêmes fins : c'est le régime alimentaire, qui, on le sait, influe très-puissamment sur les mœurs des peuples. A ceux qui en douteraient encore, je leur montrerai les Hindous, qui, au rapport de tous les voyageurs, sont les plus sobres et les plus tempérants des peuples, ne vivant que de fruits et tic légumes. Kien n'égale leur douceur et leur humanité. Leurs annales ne sont pas souillées de ces grands crimes qui font la honte de la plupart des nations. Ils ont en horreur le sang, et celte horreur va même jusqu'à respecter celui des animaux. Voyez, leur diraije, les Danianes : ils ne mangent point de chair ; ils craignent même de tuer le moindre insecte; ils jettent du riz et des fèves dans l'eau pournourrir les poissons, et des graines sur la terre pour les oiseaux. Lorsqu'ils rencontrent un chasseur ou un pêcheur, ils le prient instamment de se désister de son en- I reprise; et s'il est sourd à leurs prières, ils offrent de l'argent pour le fusil et pour les filets; quand on leur refuse, ils troublent I eau pour épouvanter les poissons, et crient <!e toutes leurs forces pour faire fuir le gibier cl les oiseaux. [Histoire des Voyages.)
11 n'en est pas de même des nations carnassières ; aussi est-ce parmi elles que se répètent fréquemment le spectacle de ces grands crimes qui outragent cl révoltent la nature.
N'oublions pas que la cruauté exercée envers ceux qui avaient des tendances à résistera l'oppression, fut un moyen tout naturel dont se sont servis les conquérants, qui savaient que l'épouvante fait plus de la moitié îles conquêtes. Faut-il dominer à ce prix, et le commandement csi-il .si doux que les hommes le veuillent acheter par des actions si inhumaines? Les Romains , pour répandre partout la terreur, affectaient de laisser dans hs villes prises des spectacles de cruautés (Polyb., lib. x, c. 13), et de paraître impitoyables à qui attendait la force, sans mémo épargner les rois qu'ils faisaient mourir inhumainement, après les avoir menés en triomphe, chargés de fer et traînés a des chariots comme des esclaves. Cette politique abominable a pu servir les projets de quelques ambitieux, et servirait peut-être encore dans certains pays a dompter les populations
que de pareils spectacles glacent d'épouvante
C( d'effroi. Mais malheur à celui qui en userait : la crainte d'une longue et douloureuse captivité OU de la mort peut bien, pour un moment, amollir et paralyser les forces el le courage d'une nation, mais elle les retrouve tôt ou lard, m ose avec nue énergique persévérance; cl quand l'heure de la délivrance .i sonné, reste celle de la vengeance!... Elle est Icrnblel
CUPIDE, Cupidité (vice). — La cupidiLé
' si ce de sir immodéré que l'homme éprouve
en vue du plaisir, déshonneurs, delà gloire^
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des richesses, et généralement de toutes les choses qui excitent sa convoitise.
Généralement, la cupidilé estle vice des petits esprits qui, ne réfléchissant pas, sont continuellement tourmentés par des désirs sans cesse renaissants à mesure qu'ils sont salisfaits. Aussi est-il très-difficile de changer le naturel des gens cupides.
Néanmoins, on ne doit pas désespérer de faire laire ces désirs insatiables, quelque variés qu'ils soient, et le moyen à mettre en usage est on ne peut pas plus simple. 11 consiste à montrer à l'homme cupide le calme el la tranquillité dont jouissent les personnes sagt s, raisonnables, qui, contentes de ce qu'elles possèdent, c'est-à-dire de la part que Dieu leur a faite sur celte terre, sont sans désirs, sans besoins, et conséquemment, jouissent d'un bonheur sans mélange, espérant toujours un bien à venir qu'ils accepteront avec joie, mais dont l'alteulc ne trouble pas leur félicité.
A celle vue, si l'homme cupide a conservé sa raison ou l'a développée do manière à pouvoir comparer les douceurs de la vie du sage avec les agitations que la cupidité fait naître en notre cœur; s'il a assez d'empire sur lui-même pour vouloir égaler le modèle que vous aurez placé sous ses yeux, alors, n'en doutez pas, à ces désirs violents, impérieux, d'où naît la cupidilé, à ces agitations tumultueuses succédera enfin une douce sérénité.
La cupidilé, disons-nous, est la fille du désir : si on pouvait la saisir à son origine pour l'étouffer, nul doute qu'elle ne nous tyranniserait jamais; il faut donc remonter à sa source pour la guérir plus sûrement. Voij. DÈsms.
CURIOSITÉ (penchant naturel). — Le désir de connaître ce que nous ne connaissons pas, et de connaître mieux ce que nous ne connaissons qu'imparfaitement, voilà ce qui constitue la curiosité.
L'homme, dès qu'il existe, éprouve le besoin de savoir. A peine est-il au monde que son ftme interroge tout ce qui l'environne, demandant aux effets leurs causes, au\ cuises les effets qu'elles peuvent produire. Son intelligence et ses sens travaillent sans cesse à scruter ce qui les frappe, à chercher à chaque chose des explications. Il y a donc une curiosité instinctive qui nous porte malgré nous à chercher à agrandir le cercle de nus connaissances.
Ce n'esl pas la seule, et nous devons signaler celte curiosité vulgaire et puérile qui s'attache aux petites choses, et qui, chez certains esprits médiocres, lient lieu de toute activité. Celle passion des âmes futiles les porte à désirer tout savoir, sans prendre même aucun intérêt ani choses lurlesquelles leur curiosité s'exerce. Rien n'est eunuyeux comme les personnes atteintes do cette sorto de curiosité : continuellement à la recherche de nouvelles sans importance, d'événements qui ne méritant pas la moindre attention, elles questionnent do la façon la plus indis-
3a i cuit
crète Ions ceux qu'elles rencontrent ; elles s'immiscent dans toutes les affaires, Rien n'est muré pour elles, ce sont les moustiques de la société; elles incommodent sans cesse les honnêtes gens, et leur impertinenie curiosité pénètre jusque dans l'intimité des demeures privées.
La curiosité serait donc un sentiment mixte, c'est-à-dire tantôt réfléchi et tantôt irréfléchi. Réfléchie, la curiosité est une qualité ou devient un défaut suivant la nature des recherches auxquelles elle nous porte; irréfléchie, elle n'est ni une qualité ni un défaut. C'est le premier altrihut <lu système affectif; la première faculté de notro entendement qui se développe chez l'enfant en même temps que les organes des sens acquièrent plus de justesse. C'est par elle que se forme son inlellectualité dont l'idiot ne connaîtra jamais le caractère : ce qui a fait dire de l'enfant que, plus il se montre curieux, plus il aura d'intelligence. C'est même déjà un signe d'intelligence que sa curiosité. — Et il devait en être ainsi, puisque l'enfance aime les plaisirs, et que la faculté de pouvoir prendre du plaisir est mesurée par un indice certain, par la curiosiié. C'est elle qui alimente le désir : et quel peut être l'âge de la curiosité, si ce n'est l'enfance? Plus heureux et encore plus mobile que le papillon volage, l'enfant trouve partout à exprimer le suc d'une fleur. L'activité des sensations lui fournit sans cesse une épreuve utile, et l'immense fécondité de la nature inconnue présente un aliment continuel à l'activité de ses sensations.
Aussi, est-ce sur celle heureuse propriété de l'enfance, dirons-nous par anticipation, qu'est fondé le pouvoir de l'éducation; c'est parce que l'imagination elle cœur des enfants, semblables à des vases encore vides, reçoivent tout ce qu'on y jette; qu'il faut choisir avec soin les semences qu'on leur confie, et se reprocher une erreur, encore plus une injustice, un mauvais exemple, comme une source de productions funesics qui croîtront et ne mourront que difficilement. Et ici nous sommes ramenés à l'effet constant de celle vérité que l'auteur suprême a mise dans l'organisation du monde. Ce que l'on appelle les leçons de l'instituteur forme la moindre partie de l'éducation, qui se compose de tout ce que l'enfant peut voir, enlendre, éprouver, sentir, en un mot de tout ce qu'il apprend; et comme parmi les sensations extérieures il en est pour lui d'agréables, il en est d'autres qui sont douloureuses et que toutes concourrent au développement de ses facultés; il en est de même parmi les causes d'impressions intérieures qui l'affectent sans cesse, un mélange plus ou moins proportionné de bien et de mal dont le résultat pour l'avenir est un mélange d'idées saines à rappeler, d'impulsions à suivre, d'erreurs à détruire et d'inclinations à étouffer.
Je pense donc, avec Azaïs et tous les moralistes, que, pendant l'éducation d'un entant, il faut éloigner de lui, autant que pos-
ait
sihle, les occasions de voir et d'entendre ce qui peut égarer son esprit et altérer son innocence.
La curiosité est naturelle à l'homme, aux singes et aux petits chiens. Menez avec vous un petit chien dans votre carrosse, il mettra continuellement ses pilles à la portière pour voir ce qui s'y passe. Un singe fouille partout, il a l'air de lout considérer. Pour l'homme, vous savez comme il est fait; Home, Londres, Paris, passent leur temps à se demander ce qu'il y a de nouveau. Heureusement pour l'homme que sa curiosité ne lui devient pas inutile comme elle l'est pour le singe et le chien, et que, grâce à son intelligence, qui le dislingue de la bête, il fait, servir sa curiosité à orner son esprit.
Indépendamment de la curiosité instinctive et de la curiosité réfléchie, on a admis deux autres sortes de curiosité : l'une d'intérêt, qui nous porte à désirer d'apprendre ce qui peut nous être utile, et l'autre d'orgueil, qui nous vient du désir de savoir ce que les autres ignorent. Nous y en ajouterons une troisième, ou celle qui naît du désœuvrement et du besoin d'employer son temps à quelque chose. On aime mieux des émotions douloureuses , des nouvelles chagrinantes que l'absence complète d'émotions et de nouvelles. Les enfants grimpaient sur les arbres pour voir la bataille de Fonlenoy; à Liège, les dames se firent apporter des chaises sur un bastion pour jouir du spectacle de la bataille de Rocoux. Lors des journées de juillet et de février, à Paris, nombre de femmes furent tuées, victimes de leur curiosité, qui seule leur faisait braver le danger dans les rues. Depuis que la place de Grève n'est plus un lieu d'exécution, les maisons qui l'environnent ont considérablement perdu de leur valeur locathe; toutes les fenêtres étaient louées fort cher les jours d'exécution : des personnes de loul âge, de lout sexe et de tout rang, assistaient en foule à ces affreux spectacles.
Celte adjonction (la curiosité des gens oisifs) est d'autant plus nécessaire, que, sans elle, on ne comprend!'.. il pas comment une curiosité d'iulérél, qui nous porte à désirer d'apprendre ce qui peut nous être utile, et une curiosité d'orgueil, qui vient du désir de savoir ce que les autres ignorent, dislincliou établie par la Rochefoucauld, ont pu être considérées en général par Pline le Jeune comme un péché de l'espiil plus fréquent dans les gens oisifs que dans les autres.
Que les gens désœuvrés soient curieux comme les autres, c'est incontestable; mais ils ne le seront guère que pour des choses dont ils ne peuvent rien tirer d'utile, ni pour leur instruction, ni pour satisfaire leur vanité ; ils ne se piquent de curiosité que pour des choses ordinairement frivoles, qui seule» les désennuient, soit quand ils les apprennent, soit cl plus encore quand ils les répètent. On voit qu'il y a loin de cette curiosité aux autres.
La curiosité, quand elle esl un sentiment réfléchi ou volontaire, esl une qualité ou un
Tî3 CUR
défaut suivant la nature des recherches auxquelles elle se livre. S'agit-il de choses instructives , nécessaires à l'éducation et aux intérêts véritables de l'individu : est-elle assez discrète pour ne pas le porter à voul -. ir connaître ce qu'il est inutile de savoir : assez constante pour ne pas nous faire voler d'objet en objet, sans en approfondir aucun? Oh ! alors , la curiosité est une bien grande qualité, une vertu même, si l'on veut, car elle f;iit lout tourner au profit du curieux. Telle est la curiosité que l'on rencontre générale.! eut dans les hommes de lettres, les artistes , etc.
Au contraire , quand la curiosité ne porte que sur des choses frivoles ou simplement curieuses, sans p rlée , sans sujet d'instruction ; quand elle n'est employée qu'à amu;er nos loisirs et très-souvent à rendre les .;ulres indiscrets afin d'avoir la faculté de le devenir à notre tour ; dans ce cas elle est un défaut, et c'est presque toujours;! ce titre qu'on la rencontre chez la plupart dos femmes. Ajoutons bien vite pour être vrai que bien des hommes sur ce point sont encore pires que les femmes.
Chez les enfants, la curiosité n'est ni une qualité ni un défaut, c'est un sentiment instinctif, avons-nous dit, qui annonce en eux de l'intelligence. Sous ce rapport, je me trouve différer d'opiniou avec madame de l'uisieux , qui affirme que : « La curiosité est le défaut des enfants qui ne savent rien, et des sots qui s'occupent des sottises d'autrui. »
11 en serait ainsi, nous en conviendrons, si l'on répétait avec la Bruyère: « La curiosité n'est pas un goût pour ce qui c>l bon et beau, mais pour ce qui est rire ; » ou si l'on n'était curieux que des affaires d'autrui , de la chronique du jour , afin d'avoir le malin plaisir d'ail r les colporter d'un endroit à l'autre; mais ce n'est pas ce qui préoccupe l'enfant: il est curieux par instinct , et quoi- <.;■ I soit généralement aussi bavard que curieux , on ne doit pas prendre sa cuiiosilé en mauvaise paît tant qu'il ne connaîtra pis la portée de ses actes. Celle manière de juger des actions de l'enfance est conforme du reste à ce passage de l'enelon : « La curiosité des cillants est un penchant naturel qui va an-devant de l'instruction. »
D'où vient cette différence d'opinion entre les moralistes ? De ce que madame de l'uisieux et la Bruyère se sont occupes, je suppose , delà coriusilé prise en mauvaise part. Sans cela ils avaient l'esprit trop bien tourne et une trop grande c mnaissance du cœur humain pour se | rouoncer d'une manière aussi absolue.
Pour ma part, je considère la curiosité comme une des qualités de l'enfance : i aime a l'y rencontrer ; je la soutiens , je l'encourage, mai- je h dirige; car, puisque sans él udier dans les livres , l'es ooire
<] ne peut avoir un enfant ne reste pas pour cela oisne ; nu gque tout ce qu'il voit, loul c • qu'il entend, le frappe; qu'il s'en souvient et tient registre en lui-même des actions, des
cun 5s t
discours des hommes, et que tout ce qui l'environne est 1« livre dans lequel, sans y songer , il enrichit continuellement sa mémoire en attendant que son jugement puisse en profiter; c'est dans le choix des objets, c'est dans le soin de lui présenter sans cesse ceux qu'il peut connaître cl de lui cacher ceux qu'il doit ignorer, que consiste le 1 cri table art de cultiver en lui celte première faculté ; el c'est par là qu'il faut lâcher de lui former un magasin de connaissances, qui serve à son éducation dans sa jeunesse el à sa conduite dans tous les temps. Celle méthode, il est vrai , ne forme point de petits prodiges cl ne fait pas briller les gouvernantes et les précepteurs ; mais elle forme des hommes judicieux, robustes, sains de corps et d'entendement, qui, sans s'être fait admirer étant jeunes, se font honorer étant grands.
Le même instinct anime toutes les diverses facultés de l'enfance. A l'activité du corps qui cherche à se développer succède l'activité do l'esprit qui cherche à s'instruire. D'abord, les enfants ne sont que remuants, ensuite ils sont curieux, et celte curiosité bien dirigée est le mobile de l'âge où nous voilà parvenus. Distinguons toujours les penchants qui viennent de la nature de ceux qui viennent de l'opinion. Il est une ardeur de savoir qui n'est fondée que sur le désir d'être estimé savant; il en esl une autre qui nall de la curiosité naturelle à l'homme pour tout ce qui peul l'intéresser de près ou de 1 tin. Le désir inné du bien-être et l'impossibilité de contenter pleinement ce désir lui font rechercher sans cesse de nouveaux moyens d'y contribuer. Tel est le premier principe de li curiosité, principe naturel au co'ur humain, mais dont le développement ne se fait qu'en proportion de nos passions el de nos lumières. Supposez un philosophe relégué dans une ile déserte avec des instruments el des livres , sûr d'y passer seul le reste de ses jours , il ne s'embarrasser a plus guère du système du momie, des lois de l'a "traction, du calcul différentiel : il n'ouvrira peut* de sa vie un seul livre; mais jamais il ne s'abstiendra de \i-iter son Ile jusqu'au dernier recoin, quelque grande qu'elle | être. Reji tons doue encore de nos premières éludes les connaissances dont le goût n'esl point naturel à l'homme, el bornons-nous i celles que l'instinct no is porte à y chercher.
Ne tenez pas ;i l'ei faut des discours qu'il ne | eut entendre. Point de description- , point d'éloquence , point de ligures, point de poésie. Il n'esl pas maintenant question de
sentiment ni de gOÛl. Continuez d'être simple , clair et froid : le lem; s ne viendra q le
trop de pri ndre un autre langage.
S'il vimis questionne lui-môme , répondes autant qu'il (aul pour nourrir sa curiosité, non pour la rassasier : surtout quand vmis vu'. r/ qu'au lieu de questionner pour s'instruire, il se met à battre la campagne el a \ uns accabler de sottes qneslious ; ai rétes voi-, ,i l'instant, sur qu'alors il i e se soui le plus de la chose, mais seulement de vous
mu
asservir à ses interrogations. 11 faut avoir moins d'égards aux mots qu'il prononce <|u'au motif qui le fait p.irler. Cet avertissement, jusqu'ici moins nécessaire, devient de la dernière importance aussitôt que l'enfant commence à raisonner.
Quand il en est arrivé là, s'il vous montre un moulin, enseignez-lui comment on fuit le pain; si vous êtes aux champs , enseignezlui comment germent les plantes ; si vous p.isscz devant une église , instruisez-le des Mystères de la religion, etc. Profitez même des fautes que son irréflexion , son ignorance ou son inexpérience lui font commettre, pour faire son éducation, qui, sachons-le bien, sera d'autant plus longue, que l'enfant se montrera moins curieux, c'est-à-dire moins désireux de connaître.
Voilà comment nous devons cherchera tirer parti de la curiosité des enfants. Et quand on la rencontre chez des personnes en qui elle ne porte que sur des sujets frivoles, bornez-vous à leur faire observer lu vide que ces recherches laissent dans l'esprit, et le peu de profit qu'on en retire. Cette seule observation peut suffire, parfois, pour décider ces personnes à faire un meilleur usage des facultés de leur intelligence.
11 est une dernière observation que nous devons faire aux curieux : c'est que souvent la curiosité est un feu qui consume ceux qui veulent l'approcher de trop près. Ainsi les papillons de nuit se brûlent les ailes à la lumière; nous pourrions comparer à ces papillons nocturnes les savants orgueilleux qui veulent approfondir tous les mystères de la nature, scruter les secrets du Très-Haut; Dieu confond leur orgueil, et leurs systèmes s'évanouissent comme l'ombre.
Nous leur comparerons encore ces vaniteux qui placent leur félicité dans la réputation dont ils jouissent, dans les flatteries qu'on leur prodigue, qui ont la maladresse de cherchera savoir, et qui arrivent à savoir en effet ce qu'on pense réellement d'eux. Cicéron, ce roi des orateurs, ce sauveur de la patrie, si célèbre dans Rome, et qui croyait l'être dans lout l'univers, fut un jour curieux de s'enquérir de lui-même à quelques lieues de celle capitale; il eut la mortification d'apprendre qu'on ne le connaissait pas. Un illustre général, enflé de ses succès, environné de courtisans, sortit une nuit de sa tente et écouta les soldats causer dans les leurs : il apprit qu'ils le détestaient, qu'on
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l'accusait de dureté, d'ignorance, et qu'on dépréciait ses victoires. Combien de gens qui imitent ce général et qui sont bien mortifiés de ce qu'ils entendent 1 Aussi répète-t-on souvent dans nos cités méridionales avec l'idiome du pavs. Que val per escouious, escouta sas (Umlous! Qui va aux écoutes entend ses douleurs !
Hélas ! il n'est pas nécessaire que nous allions ainsi secrètement aux écoules, puisque malheureusement pour l'humanité il y a tant d'individus dans le monde qui, sous le vain prétexte de nous prouver leur amitié, nous répèlent tout le mal qu'on dit de nous, nous font connaître de l'opinion publique loulce qui peutnons désobliger. Grâ: e à eux et grâce à notre curiosité qui nous fait prêter l'oreille à tous leurs propos, nous détestons une foule de personnes qui ne sont coupables que de cette malignité qui ne va pas plus loin qu'un bon mot, que l'envie de causer de quelque chose, et qui, dans le fond, ne sont pas mal disposées pour nous.
Il esl encore d'autres curieux que nous comparerons, avec notre confrère le docteur Belouino, aux papillons imprudents dont nous parlions : ce sont ces hommes dont la curiosité jalouse surveille sans cesse la conduite de ceux qui les intéressent. Ils déviaient considérer que leur curiosité est inutile ou dangereuse, et dans tous les cas s'abstenir. S'il était quelqu'un plus à blâmer qu'eux, en pareille occurrence, ce serait celui qui troublerait leur repos en les instruisant de ce qu'ils devraient toujours ignorer.
Le plus souvent les curieux devraient imiter la conduite des Athéniens : étant en guerre avec Philippe de Macédoine, ils surprirent des lettres que ce prince écrivait à Olympias ; ils les renvoyèrent sans les lire, Marc Antonin livra aux (lamines les papiers qu'on avait saisis chez des gens suspects, ne voulant, disait-il, avoir au< un sujet de ressentiment contre personne. Les lois des anciens Cretois leur défendaient, sous peine d'être fustigés, de jamais s'informer d'un étranger qui il était, d'où il venait, ce qu'il voulait ; et celui qui satisfaisait une telle curiosité par ses réponses était privé de l'eau et du feu. « Grand Dieu I dit le comte Oxensliern, si pareille loi s'observait en Europe, combien de femmes ne verrait-on pas au carcan, et quelle prodigieuse quantité d'hommes seraient obligés à leur faire compagnie. »
DÉBAUCHE (vice), Débauché. —La débauche consiste dans les excès et l'abus des plaisirs permis ou illicites. L'homme abuse-t-il des plaisirs de la table, il esl intempérant [Yotj. Intempérant) ; satisfait-il avec passion ses appétits charnels, il est concupiscent ( l'oy. Concupiscence) ; associe-t-il par un raffinement de Sybarite l'un et l'autre plaisir, qu'il goûte sans mesure el sans pu-
deur, c'esl un vrai libertin (Voy. Libertinage). Donc, considérée en elle-même, la débauche esl la pratique de certains actes que l'intempérance ou la concupiscence font naître en nous, et auxquelles nous ne résistons pas.
DÉCENGE (qualité). — Nous avons défini la décence, une grande conformité entre les actions extérieures et les mœurs du pays
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dans lequel on vit (Fcy. Chasteté), et nous avons parlé de ses variations qui ont subi nécessairement les caprices de la mode, celle étourdie qui fait faire tant de sottises à la folle du logis. Aussi devrons-nous nous borner à une simple observation.
File est relative à la manière dont on s'habille aujourd'hui pour les soirées dansantes, ou pour aller à YOpéia-Nalional ou aux Italiens. Je voudrais que toutes les personnes raisonnables inspirassent à celles qui donrent le ton dans le monde, si déjà elles n'en avaient eu la pensée, de se montrer vêtues de manière à ménager tout à la fois les agrémenls de leur personne, et la propension d'un sexe admirateur de leurs charmes à la sensualité. Je m'explique.
Toutes nos belles dames ont aujourd'hui l'habitude de se découvrir les bras, les ép iules, une partie de la poitrine, el se posent si bien, prennent tles postures si gracieusement coquettes, qu'elles découvrent au delà de ce qu'elles paraissent vouloir cacher. Or, ce manège en permettant à l'œil curieux cl avide u'une ardente jeunesse de plonger bien au delà d'un voile qu'on n'a étalé que pour la forme, il en résulte qu'elles allument dans le cceur du jeune homme les désirs brûlants de la concupiscence qu'il voudrait à tout prix faire partager. C'est généralement ainsi que commencent ces intrigues amoureuses, qui se continuent avec mystère, et qui finissent par le scandale, la honte, l'inlamie, le crime cl le remords.
11 serait donc à désirer que dans leur manière dcs'habiller les femmesadoptassenl simplement ce qui peut lavoriserla grâce cl les proposions de la taille, fortifier le corps tout entier, el le préserver des rigueurs du froid en hiver ou de la trop grande chaleur en été. Il sérail très-facile , je crois, de trouver des coslumcs qui reuniraient ces conditions , sans nuire en rien à l'élégance de la tournure, que je ne voudrais pas qu'on sacrifiai.
A vous, Mesdames, de le chercher, de l'adopter, et de le faire adopter à vos compagnes. Vous y gagnerez, cl nous tous, nous y gagneront comme vous.
DÉCISION ( faculté). —La décision est un acte de l'esprit par lequel , après un examen superficiel ou profond, on se détermine à laire telle ou telle chose.
Nul ne prenant jamais un parti sans auparavant en connaître la moralité, il va sans due que nos décisioni devraient cire toujours fondres sur l'équité cl l'Iuiimélrlé. Cependant est Une Choie à laquelle les jeunes gens et les rem-
mea ne portent pas une assez grande attention. Leurs décisions D'avant ordinairement d'autre fondemenl que l'imagination <i l • caeur, il en résalle que le pins Miment Le repentir sait une décision prise trop précipitamment on pas aaaespsaée. Ne les imitona ,»«.*!