‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 77 sur 251 · DOU · texte numérisé non relu

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armes-là qu'elles doivent vaincre. Le ciel ne les fit pas si insinuantes et persuasives pour devenir acariâtres; il ne les fit pas faibles pour être impérieuses; il ne leur donna pas une voix si douce pour dire des injures; il ne leur fit pas des Irails si délicats pour les défigurer par la colère. Quand elles se fâcbeni, elles s'oublient; elles ont souvent raison de se plaindre, mais elles ont toujours tort de gronder; chacun doit garder le ton de son sexe. (/.-/. Rousseau.) Bref, les femmes doivent savoir que le plus sûr moyen d'avoir raison est d'être douces. (Edgewort.)

Mais si la douceur est nécessaire à la femme, elle est non moins utile à la jeunesse et même aux hommes d'un âge mûr. Ne.nmoins, toute nécessaire et utile qu'elle est, et toute recherchée qu'elle peut être, elle est bien moins commune qu'on ne pourrai! le supposer, et cela parce qu'il n'y a que les personnes qui ont beaucoup de force de caractère l'autre qualité forl rare elle-même), qui puissent avoir quelque douceur.

Oui, sans celle force, sans cet empire qu'il a sur lui-même, il est impossible à l'individu le mieux disposé à se montrer douî, de modérer son humeur, son impatience, son irritabilité, sa colère, tous ces sentiments étant tellement opposés à la douceur, qu'ils l'emportent nécessairement sur elle dans la plupart des circonstances, el réunifient entièrement.

Ainsi, que la douceur vienne d'une disposition native ou qu'elle soil le résultat d'un effort répété, continuel, qu'on fait sur soimême; qu'on la considère comme une qualité ou comme une verlu, elle mérite lous nos hommages et nos encouragements.

11 ne faudrait pas cependant que notre en thousiasme nous fit accorder les uns el les autres aux personnes qui se montrent don ces, avant de nous être assurés si la douceur que nous admirons en elles est feinte ou réelle , certains individus qui connaissent tout le prix qu'on attache à la véritable douceur, a/J'ectant une douceur pareille. Expliquons ma pensée :

On voit dans le monde bien des gens qu'on juge et trouve d'une douceur vraiment exemplaire, admirable, laut ils ont l'art de faire leur volonté, tout en ayant l'air de condescendre aux désirs des autres., (.es gens-la connaissent si bien le cœur humain, et par conséquent le côlé faible de chacun de leurs iiiliines; ils savent si bien que celui-ci cède par faiblesse, celui-là par bonté, plusieurs par timidité, quelques-uns par déleience, que, agissant d'après ces connaissances el les avantages qu'elles leur donnent, ils tout tout plier, en toute occasion, autour d'eu\, alors qu'on croirait que c'est eux seuls (lui plient toujours. Tout cela se fait naturellement el presque sans effort. Quelle douceur, dites-vous, quelle admirable patience I Vous vous trompez; el pour vous désabuser sur celte prétendue douceur, melU'7.-laa quel p | épreuve où elle puisse se démentir sans ris que. Vous qu'on ne craint poin.t, el qu'on peut contredire saut conséquence; vous-

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