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môme, dont on connaît la douceur ou dont on méprise la colère, essayez de mortifier en quelque chose la vanité de cette personne qui parait si modeste et si modérée, trouvez à redire à sa conduite, faites mauvais accueil à quelqu'un de ses amis , reprenez-la d'un léger défaut ou relevez une inconséquence, soyez d'un autre avis qu'elle sur une bagatelle; instruit à vos dépens de son vrai caractère, vous changerez bientôt d'opinion sur son compte.Vous ne trou verez qu'aigreur, que caprice, qu'impatience, qu'orgueil, qu'entêtement, où vous aviez cru voir le naturel le plus heureux.
C'est sans doute fort mal agir que de se déguiser de la sorte, pour se démentir ensuite à la moindre occasion; et cependant, si l'on manque de cette douceur véritable qu'on recherche partout et qui est un des principaux ornements de la femme, mieux vaut encore affecter toujours ce sentiment que de se montrer parfois avec rudesse.
Terminons par un exemple digne d'élre répété : Un jour d'été qu'il faisait très-chaud, le vicomte de Turenne, en petite veste blanche et en bonnet, était à la fenêtre de son antichambre. Un de ses gens survint, et, trompé par l'habillement, il le prend pour un aide de cuisine avec lequel ce domestique était familier. Il s'approche doucement par derrière, et d'une main qui n'était pas légère, lui applique un grand coup sur les fesses. L'homme frappé se retourne à l'instant. Le valet voit en frémissant le visage de son m litre. Il se jette à genoux tout éperdu. « Monseigneur, j'ai cru que c'était Georges. .. — Kl quand c'eût été Georges, s'écrie Turenne en se frottant le derrière, il ne fallait pas frapper si fort I »
DUPLICITÉ (vice). — La duplicité consiste à se monirersous les apparences d'un homme d'honneur, alors qu'on sait fort bien qu'on n'en a pas les qualités.
La duplicité serait donc un calcul de l'homme double qui s'est dit à lui-même : soyons toujours assez adroit pour nous montrer honnête homme, mais ne faisons jamais la sottise de l'être. Partant, la duplicité serait un vire odieux qu'il faut éviter pour soi et chercher à découvrir dans les autres.
Pour y parvenir, il est indispensable de se rappeler que la duplicité est une sorte do Déguisement ou de Dissimdl4tion ( Votj. ces mois), et procéder, en conséquence, de la même façon qu'on agitait en cherchant à reconnaître si l'individu dissimule; c'est-àdire, qu'il faudra avoirégard au ton, au geste, an jeu de la physionomie et à l'expression plus ou moins naturelle que met dans son langage et ses actions celui qu'on soupçonne de duplicité, ou toute autre personne en qui nous n'aurions pas une entière conlianre.
Cette précaution est d'autant plus nécessaire, que tout particulier qui croit avoir un intérêt quelconque a en imposer par une apparence de probité et de candeur, d'honuêteléet de verlu, se compose ordinairement
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de telle sorte, que son véritable caractère et sa manière réelle de sentir échappent souvent aux regards les plus méfiants, les plus exercés et les plus investigateurs. Demandez au plus défiant des hommes s'il peut se vanter de n'avoir jamais été la victime de la duplicité d'aulrui, il vous répondra que non.
La duplicité comme le déguisement, comme la dissimulation dont elle est la trèsdigne et très-infâme sœur, constitue, avonsnous dit, un vice odieux. On conçoit dès lors qu'il faille, aussitôt qu'il se montre à nu ou qu'on le surprend, l'anéantir ou le détruire.
On n'y parviendra qu'à la condition de ranimer en soi quand on est atteint de ce vice, ou de développer en ceux qui y seraient disposés, les inappréciables sentiments connus sous les noms de franchise, sincérité, probité, honnêteté, etc., etc., et tous autres sentiments vertueux complètement opposés, par leur nature, au vice que l'on veut combattre.
Ici, comme dans la dissimulation ou le dé guisemenl, ce n'est pas chose toujours facile, l'homme double étant plus ou moins adroit, plus ou moins fin, ayant plus ou moins la pratique ou l'habitude de la duplicité. Or, si l'on ignore qu'il est vicieux à ce point, comment songer aie corriger? En agissant directement et ouvertement sur les masses, en répétant tout haut et avec chaleur combien sont criminels, aux yeux de la philosophie et de la religion, tous ces gens qui se jouent de la bonne foi et de la crédulité d'aulrui, et les dangers qu'ils courent quant à leur moralité, si on les juge coupables de duplicité. Ceux qui n'y seront pas disposés et qui connaissent ces dangers persévéreront dans le bien et marcheront sans crainte dans cette voie ; ceux au contraire, qui y auraient desdisposilions,ou qui déjà s'y seraient exercés, ceux-là, dis-je, pourront trouver dans nos paroles et nos conseils un avertissement salutaire.
DUR, Dureté (vice). — On dit généralement de quelqu'un qu'il est dur, lorsqu'on reconnaît qu'il n'a plus dans son âme ni compassion, ni bienveillance, ni amour de l'humanité; qu'il n'est ému ni par les misères du malheureux, ni par les pleurs de l'indigence; qu'il reste sourd aux cris de la douleur. Etre ainsi fait, c'est de la dureté et presque de la cruauté, dont elle ne diffère que par le plus ou le moins d'inhumanité; le plus rendant cruel, et le moins, dur.
On a prétendu que la dureté, participant tout à la fois de l'absence de tout sentiment de bonté, de pitié, et de la présence des sentiments opposés, il en résultait nécessairement que ce vice rend les hommes toujours malheureux, l'état de leur cœur ne comportant aucune sensibilité surabondante qu'ils puissent accorder aux peines d'aulrui. Nous sommes loin de dire le contraire ; mais, dans notre pensée, rendre les hommes malheureux doit s'appliquer à l'humanité, qui a tant à se