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pour devenir égoïste, il faulne plus avoir ni cœur ni entrailles.
C'est pourquoi il ne faudrait pas prendre pour de l'égoïsme la manie qu'ont la plupart des jeunes gens d'occuper les autres d'eux. Nous savons tous qu'en général la jeunesse est disposée aux plus grands sacrifices pour bien des personnes qui ne lui en tiennent aucun compte, et qui n'éprouvent pnini à beaucoup près des dispositions semblables. Aussi dirons-nous que ce qui pourrait en imposer à son endroit, c'est que le jpune homme a le principal caractère de l'égoïsme, qui est, je le répète, rie beaucoup occuper autrui rie lui-même : il en parle vivement, c'est pour lui un grand plaisir ; et s'il le goûte aussi souvent et aussi longtemps que possible, il le fait sans qu'une pensée d'intérêt personnel, absolu, vienne s'offrir à son esprit. Or, ce n'est point là de l'égoïsme.
L'égoïsme étant un sentiment que tous les égoïslesdissimulent, les moralistes sont rarement appelés à le combattre. D'ailleurs le fussent-ils, qu'ils parviendraient difficilement à les guérir. Pourquoi cela? Parce que ce défaut est un de ceux dont on ne se corrige jamais, passer de l'occupation de soi-même à celle rie tout aulreobjel étant une régénération morale dont il existe bien peu d'exemples (Madame de Staël); et puis parce que la principale cause de l'égoïsme se trouvant dans la sécheresse du cœur, et peut-être même dans une altération organique du cerveau qui trouble et pervertit l'intelligence, i! n'est guère possible de remédier à cette altération ou de dissiper cette sécheresse.
Quoi qu'il en soit, conira" tentare non nocet, il est toujours bon de chercher à s'emparer de l'esprit de l'égoïste, jeune ou vieux, et de le disposer, si faire se peut, à l'amour du prochain, ou mieux encore à l'en pénétrer, ce sentiment, bien développé, dominant toujours les passions mauvaises.
jMais que cela puisse suffire ou non, il n'en faut pas moins s'élever fortement et hautement contre la bassesse et la perversité de l'égoïsme. Qu'il soit donc flétri dans tous les discours et dans tous les écrits par les qualifications les plus accablantes, afin que, si l'âme de l'égoïste n'était pas entièrement corrompue < l dégradée, si un sentiment honnête pouvait y tromer place, nous pussions y revivifier, avec l'amour de l'humanité, le germe de toutes les vertus que Dieu y a jelées, et qu'on ne peut y laisser mourir sans crime.
EMPORTÉ, Emportbmknt (défaut). — L'emportement, avons-nous dit à l'art. Colère (Voy. ce mol), est un mouvement impétueux de colère qu'on ne peut réprimer, causé ordinairement par la vivacité du tempérament, et favorisé par la négligence qu'on a mise à se commander à soi-même.
Ses causes et ses effets physiques et moraux étant les mêmes que ceux d'une violente colère, je u'insisterai pas davantage sur ce sujet.