‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 89 sur 251 · NT · texte numérisé non relu

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permis de croire aussi que, s'il élail possible qu'un être animé parvint à la maturité de l'âge dans quelque lieu inhabile el sans aucune communication avec son espèce, il n'aurait pas plus l'idée de la convenance ou de l'inconvenance de ses sentiments et de sa conduite, de la perfection ou de l'impeifwc tion de son esprit, que de la beauté ou de la difformité de son visuge. Il ne pourrait voir et connaître ces diverses qualités, parce que naturellement il n'aurait aucun moyen de les discerner, et qu'il manquerait pour ainsi dire du miroir qui pût les réfléchir à sa vue. Placez celte personne dans la société, et elle. aura le miroir qui lui manquait ; elle le trouver;) dans la physionomie et dans les manières de ceux avec lesquels elle vivra. [A. Smith.) Or, si 1 éducation forme le jugement celte faculté primitive de notre entendement, il faut donc que les physionomies que l'enfant voit soient ouvertes et sans masque; que les manières qu'il étudie soient franches et de bon ton tque les conversations qu'il entend soient instructives, pleines de raison et d'honnêteté; que les ouvrages qu'il parcourt soient clairs, concis, instructifs, moraux et marqués du cachet d'un véritable talent; que les objets d'art qui seront exposés à sa vue approchent de lu perfection s'ils ne l'atteignent, et n'aient rien de voluptueux ou d'immoral; car, sans toutes ces conditions, mieux vaudrait laisser l'homme languir dans son ignorance; celui qui pèche parce qu'il manque d'instruction, étant bien moins coupable que celui qui a un jugement faux ou dépravé. Ou remédie à l'un, jamais à l'autre.

Jusqu'à présent, il a été question de l'entendement considéré en tant qu'il perçoit par les sensations, qu'il raisonne et qu'il juge; reste à expliquer comment il met en jeu les opérations de l'esprit.

Ces opérations sont de irois sorte-, et c'est chose principale en celle matière que de les bien comprendre. C'est pourquoi j'emprunterai à liossuet les distinctions qu'il en a laites.

« Dans une proposition, dit l'illustre prélat, c'est une chose d'entendre les termes; par exemple, entendre que Dieu veut dire la cause première, c'est ce qui s'appelle conception, simple appréhension, et c'est la première opération de l'esprit.

« Assembler ou disjoindre les terme-, c'est en affirmer un de l'autre ou en nier un de l'autre. En disant : Dieu est éternel, l'homme n'est pas éternel ; c'est ce qui s'appelle proposition ou jugement, qui consiste à affirmer ou à nier; et c'est la deuxième opération de l'esprit.

« 0!'e si nous nous servons d'une chose lairc pour en rechercher une obscure, cela s'appelle raisonner, el c'est la troisième opération de l'esprit. »

Ainsi, en nous résumant, nous pouvons dire, avec le grand orateur, que l'entendement n'est autre chose que l'âme en tant qu'elle conçoit, el ses facultés en tant qu'elle les mol en exercice; c'e là-dite l.i mémoire,

en tant qu'elle relient et se souvient; lu volonté, en tant qu'elle veut et qu'elle choisit; l'imagination, en lant qu'elle s'imagine tous les les choses à la manière qui a été dite; la faculté visite, en tant qu'elle voit, cl ainsi des autres.

ENTÊTEMENT (défaul), Entêté. — On dit d'un homme qu'il est entêté, quand il a un si fort attachement à son Oj.inion et à ses sentiments, qu'il devient insensible aux meilleures raisons de ceux qui veulent lui persuader le contraire. La ténacité avec laquelle il les défend constitue l'entêtement.

Celui-ci a plusieurs sources. Le plus souvent il provient de la haute idée que chacun de nous peut se faire de sa capacité; idée qui fait que nous regardons notre opinion comme la meilleure. Néanmoins, il peut provenir aussi d'un manque d'intelligence, tout comme d'un mauvais jugement. De là cette opinion assez généralement adoptée que l'entêtement est le défaul des ignorants, des sols el des orgueilleux.

Oui, l'entêtement est le défaul des ignorants, et c'est pour cela qu'on le rencontre communément chez le peuple. Mais n'est-ce pas que chez lui ce défaut est en quelque sorte excusable? Dépourvu d'instruction ou n'ayant reçu qu'une éducation bornée, il croit de bonne foi être dans le vrai, el il lu soutient malgré les meilleures ra sons qu'il ne comprend pas du reste. Et comme ce sont communément les individus qui ont le moins d'idées qui se montrent les plus entêtés, l'ignorant qu.'on ne peut éclairer persiste dans son entêtement.

il n'en sera pas de même de l'homme instruit. Appartenant soilà la classe du peuple, soit à la classe aisée; chez lui l'entêtement est grossièreté ou fatuité, parce qu'il a assez d'intelligence pour apprécier la valeur des raisons données contre son opinion ; et attendu que l'un et l'autre de ces défauts décèlent un mauvais esprit ou un mauvais caractère, le public qui lui en tient compte le désapprouve el le condamne.

L'entêtement est bien plus condamnable encore chez les riches el les gens titrés, en (jui il décèle la soitise ou l'orgueil. Dans ces circonstances, il peut être poussé au point de les faire mépriser el détester, en leur faisant commettre les actes les plus injustes el les plus lyranniques. Enflés de leur propre mérite, fiers de leur position, ils veulent quo loutcède à l'ascendant de leur nom, de leurs ti 1res , de leur fortune ou de leur position; et si on leur résiste, ils i herchent à éluder la force des raisonnements les plus convaincants, par de mauvais subterfuges. Ils croiraient se déshonorer s'ils se relâchaient de leurs sentiments 1 Est il rien de plus puéril et de plus soi?

Quoi qu'il en soil, et de quelque pari que l'entêtement provienne, il ne doit pis être confondu avec V opiniâtreté, qui, elle aussi, Ile dans le trop grand attachement qu'on a à son opinion et à ses sentiments. Us ne diffèrent, il esl vrai, que du plus au

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moins; mais on peut réduire l'entêté en flattant son amour-propre, jamais un opiniâtre. 11 est inflexible et inébranlable dans sa résolution; il défend résolument les idées ou les doctrines les plus absurdes.

Encore moins devra-l-on confondre l'entêtement avec la fermeté , un vice avec une vertu. Ici la différence est tranchée; l'homme entêté n'examine rien, ne voit rien, n'écoule rien, n'entend rien, parce qu'il ne veut rien voir, rien examiner, rien écouter, rien entendre; son opinion fait sa loi : tandis que l'homme ferme voit et juge, souiient, défend et exécute ce qu'il croit conforme à ses devoirs, après en avoir pesé les raisons pour et contre. Le fait suivant, emprunté à l'histoire populaire de Napoléon, publiée par M. Marco Saint-llilaire, fera mieux connaitie ce qui les différencie que de plus grands développements.

Napoléon étant au camp de Iîoulognc, où chacun rendait hommage à sa justice, à sa bonté, à la politesse exquise de ses manières, manqua cependant de générosité, et fut injuste envers un des hommes qui lui avaient rendu les plus grands services ( l'amiral Dubruix), à propos d'un ordre qu'il refusa d'exéi uler.

Le despotisme de l'empereur fut d'autant plus blâmé en cette circonstance, que l'événement justifia bientôt la résistance de l'amiral. Voici ce dont il s'agit :

liouapartc voulait passer la revue de l'armée navale en pleine mer. En conséquence, des ordres furent transmis a l'amiral; mais celui-ci crut ne devoir pas 1rs suivre, parce qu'une tempête se préparait. Napoléon, habitué qu'il était à ce qu'on lui obéit, insiste; Dubruix ose résister, ne voulant pas avoir à se reprocher , dit-il , la mort des braves soldats de Sa Majesté.

Loin de se rendre à des raisons si louables et si légitimes, l'empereur, que la courageuse résistance de l'amiral irrite de plus en plus, renouvelle ses ordres. Dubruix.que rien ne sauraitébranler, parce qu'il fait son devoir, répond avec noblesse : Sire, je n'obéirai pus. N ipoléon tenait en main une cravache; il fait un geste insultant et menaçant; l'amiral, sans se déconcerter, porte la main à la garde de son épée et poursuit avec calme et dignité : Sire, je ne suppose pus que Votre Majesté veuille me déshonorer et se déshonorer elle-même.

Bref, Dubruix fui disgracié, et le conlreamiral Margon l'ut chargé de taire exécuter à l'armée navale le mouvement que l'empereur avail commandé h; matin. A peine le mouvement est-il exécuté par la Hotte et les dispositions sonl-ellesprises, qu'une tempête effrayante, prévue et prédite par l'amiral,

disperse les bâtiments Le lendemain

avantle jour, la mer avait déjà rejeté sur la

plage plus de deux cents cadavres !l

Ainsi, dans la discussion qui s'éleva entre

l'empet < ur et l'amiral, le premier lit preuve

d'un entêtement opiniâtre, lyranniqirel et,

il us son orgueil de despote, il aima mieux

ifler la Hotte plutôt que de se rendre

aux excellentes raisons d'un marin intrépide et expérimenté. Le second, au contraire , donna à l'armée et à la marine l'exemple le plus rare et le plus grand d'une fermeté noble, courageuse, digne, telle, en un mol, qu'on devr.iii la rencontrer dans tous les hommes appelés à commander, à proléger, à défendre ceux que les lois du pays ont placés sous leurs ordres

Qu'en advint-il ? que l'empereur, humilié par tant de grandeur, éprouva d'abord un secret dépit de n'avoir pu vaincre l'admirable et généreuse résistance de Dubruix.et plus tard des regrets amers de voir ses vaisseaux brisés et perdus, ses soldats engloutis et vomis par les flots de la mer; land.s que l'amiral après avoir reçu les félicitations lacitesiic l'élat-m.ijor de l'armée, à qui la présence et la mauvaise humeur de Napoléon ne purent en imposer, emporta dans si di^gr.îc • une double satisfaction : celle d'avoir éié compris et approuvé par les braves officiers témoins de sa résistance héroïque, et celle plus grande encore de s'être immolé au salut de l'escadre dont il quittait le commandement.

Après ce récit et les considérations générales dans lesquelles nous sommes entré précédemment, il est inutile, je crois, d'insister plus longtemps à démontrer les conséquences plus ou moins lâcheuses qui s'attachent à l'entêtement, rien ne pouvant ni le justifier ni le légitimer.

ENTHOUSIASME (sentiment), Estikhsiaste. — Qu'enlend-on par enthousiasme?

Ce mot signifie émotion d'entrailles, ou cette agitation intérieure qui natt de notre admiration passionnée pour (oui ce qui esl grand, beau, sublime, pour tout ce qui parle eloquemment à notre intelligence et à notre cœur. Aussi, que de nuances l'enthousiasme n'oflVe-t-il pas! Approbation , sensibilité, émotion, trouble, saisissement, passion, emportement, démence, foreur, rage: voilà tous les états par lesquels peut passer celle pauvre âme humaine qui se prend d'enthousiasme.

Cetétat d'exaltation d'une âme enthousiaste est généralement nécessaire, indispensable même, soit à tout homme qui veut s'élever au-dessus île lui-même par les productions de son esprit, soit à tout individu qui veut appréciai le, œuvres littéraires et juger des ails el des artistes; «celui qui n'en a pas reste juste, mais froid »(Suard), et c'esi un défaut.

Observons ce qui se passe à la représentation d'une Ira édie touchante, et nous aurons la preuve de ce que j'avauce. Ce géu mètre qui y assis!,' remurque seulement qu'elle est bien conduite. Un jeune homme j côté de lui est ému, et m- remarqua rienj

une femme pleure, wn autre jeune nomma

est il transporté que, pour son malheur, il va faire une tragédie. I! a pris la maladie de l'enthousiasme.

Il i omment le jeune homme ne se; ail-i| pas enthousiaste? Il conçoit tout ce qui est

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élevé : il sent tout co qui est passionné et sublime; une vive chaleur le porie vers tout ce qui est généreux; il ne sait point que cette chaleur s'affaiblira eu lui -même par les propres de l'âge, et il la suppose encore réunie à tous les avantages que donne l'âge plus avancé. Que de jeunes gens embellissent de leurs récits l'homme médiocre, l'homme qui leur est inférieur! Avec quelle bonne foi, quelle ardeur, ils leur donnent des éloges qui prouvent seulement combien d'éloges ils méritent eux-mêmes par les Celions généreuses de leur propre cœur !

Comme on le voit, l'enthousiasme, avec loules ses nuances diverses, ne peut avoir que deux degrés: l'enthousiasme raisonnable et l'enthousiasme exagéré ou délirant; César versant des larmes en voyant la statue d'Alexandre nous donne la mesure du premier; Didon mourant sur un bûcher par amour pour Enée nous montre la folie du second. Aussi dirons-nous, avec les auteurs, que l'enthousiasme ne doit jamais dépasser certaines limites, et joindre, chose excessivement rare, la raison à l'expérience.

Malheureusement, l'expérience ne s'acquiert guère qu'avee l'âge, et à mesure que nous avançons en âge, l'imagination se refroidit et se glace. Aussi il en résulte que l'enthousiasme manque toujours par l'une ou l'autre de ces deux conditions, c'est-àdire qu'il est raisonné el froid dans l'âge mur, bouillant el peu réfléchi dans la jeunesse. Ce jugement confirme ma proposition.

Remarquons toutefois qu'il est une classe d'hommes privilégiés en qui l'enthousiasme bien entendu est de tous les âges. Je veux parler non-seulement des grands poètes, des grands orateurs, qui, toujours animés d'un feu sacré, sont susceptibles, à toutes les époques de leur vie d'homme, d'avoir ces élans du génie qui les élèveni aux plus sublimes conceptions et impriment à leurs œuvres le sceau de l'immortalité, ce qui a fait croire autrefois qu'ils étaient inspirés des dieux (cela n'a pas été dit seulement des artistes [ Voltaire]), mais encore de certains hommes fort instruits etcapablesd'apprécierce qu'il y a de vraiment remarquable dans les productions littéraires d'autrui. J'ai connu un très-habile chef d'institution, qui ne récitait jamais sans une véritable émotion le dernier vers de la description delà mollesse parfîoileau:

Soupire, étend les bras, ferme l'œil et s'endort.

Assurément chez cet homme l'enthousiasme était raisonné quoique vif.

Avouonsquec'est une exception : car, généralement, l'enthousiasme est si peu raisonné, que les hommes qui en sont transportés voient au delà de la vérité ; ils exagèrent, et c'est en quoi ils sont dangereux : ils mettent de la chaleur à tout, même aux choses les plus indifférentes; ils jugent des autres par eux-mêmes, et croient que pour émouvoir les âmes il faut les déchirer. Ils agissent en conséquence de ce principe ; aussi leur arrive-t-il quelquefois de séduire ; mais ils ne persuadent presque jamais. Ils

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devraient savoir, cependant, que la chaleur et l'enthousiasme qu'on met ordinairement aux choses qu'on veut persuader aux autres, produisent souvent un effet contraire. La vérité n'a besoin, pour persuader les têtes bien faites, que de leur être présentée d'une façon claire et précise.

En signalant les défauts de l'enthousiasme, nous ne prétendons pas qu'il faille le comprimer ou l'étouffer : nous voulons seulement que certains d'entre les hommes le modèrent et le limitent. Et quant aux anis-tes et aux savants, nous les laisserons paisiblement suivre les heureuses inspirations d'une imagination créatrice et poétique, l'âme, dans les moments d'exaltation, produisant ces chefs-d'œuvre inimitables qui conduisent l'homme au temple de l'immortalité.

S'il veut y entrer et qu'il en soit capable, par la hardiesse et la beauté des conceptions de son esprit, interdire à son âme ses sublimes élans , c'est étouffer le génie prêt à éclore, c'est faire un acte de vandalisme révoltant; car, ôtez l'enthousiasme, héroïsme cl art, tout s'évanouit.

Au contraire, si vous savez provoquer l'enthousiasme du savant, de l'artiste, du soldat et de tous les citoyens, vous verrez surgir de tous côtés de grands poêles, de grands orateurs, de grands peintres, des héros, des défenseurs de la patrie.

ENVIE (passion). — L'envie est une passion de l'âme qui voit avec une aversion maligne la prééminence de ceux qui ont des droits véritables à être plarés au-dessus des autres (.4. Smith) ; aussi l'a t-on désignée dans l'Ecriture sous le nom de mauvais œil.

L'envie n'a ni but ni terme {Macl. de Staël), c'est-à-dire qu'elle dure toujours plus que le bonheur de ceux qu'on envie (La Rochefoucauld),el ne promet par conséquent aucune jouissance, pas même de celles qui amènent le malheur à leur suite.

El comment ce senliment'de haine mêlée de désirs qu'on appelle envie, ce sentiment qui naît dans le cœur de l'homme par suite du chagrin qu'il éprouve de voir posséder par autrui un bien qu'il désire obtenir, ne serail-il pas un tourment pour lui, puisqu'il est un tourment pour tous ceux que l'envie dévore ? Comment celle fille de l'impuissance et du désir, de l'amour-propre et de la vanité ne porterait-elle pas à des excès les personnes qu'elle aigrit? Donc il n'est pas étonnant que Voltaire se soit écrié : « Après les excès où j'ai vu l'envie s'emporter, après les impostures atroces que je lui ai vu répandre, après les manœuvres que je lui ai vu faire, je ne suis plus surpris de rien à mou âge. »

Ahl c'est que de toutes les passions l'envie est la plus détestable. Loin de s'attendrir, comme la compassion, sur l'infortune des hommes, l'envie s'en réjouit el trouve sa joie dans leurs peines.

11 n'est poiut de passion qui ne se propose

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quelque plaisir pour objet. Le malheur d'au- Irui est le seul que se propose l'envie.

Le mérite s'indigne de la prospérité du méchant et du stupide; l'envie, de celle du bon et du spirituel.

L'amour et la colère allumés dans une âme y brûlent une heure, un jour, une année; l'envie la ronge jusqu'au tombeau.

Sous la bannière de l'envie marchent la haine, la calomnie, la trahison et la cabale; heureux encore quand la rivalité ne pousse point au crime 1 ce qui est arrivé quelqueqnefois.

Et par exemple, le peintre André de Coslagno, Florentin, envieux du succès de Dominique de Venise, attendit un soir son confiant ami, et le blessa mortellement par trahison. L'inforluné Dominique était si loin de soupçonner l'auteur de sa blessure, qu'il se fit transporter chez son ami André, et il expira dans ses bras. La vérité ne fut connue que par l'aveu de l'assassin à son lit de mort.

Le poète Murlola, également envieux de Mdriui, l'attend au coin d'une rue de Turin, cl lui lire un coup de pistolet qui, heureuseuienl, le manqua, etc., etc.

Partout l'envie traîne à sa suite la maigreur i!e la famine, les venins de la peste et la rage de la guerre.

L'envié ne louche point aux petites choses, aux choses médiocres; elle ne s'attache qu'à celles qui sont élevées. Intacta invi 'lia media sunt, ad silmmum ftr'e tendit. (Tit. Liv.)

Bref, ignolle assemblage d'orgueil et de bassesse, d'ambition et d'ég uïsmo , l'envie est l'ennemie jurée de. toutes les vertus. Elle amie tous les penchants vicieux , et s'en nourrît; elle déteste tout ce qui est bien, et y attache sa rouille; ce qui l'a fait nommer par l'Écriture la carie des os, expression figurée, qui ne donne encore qu'une bien faible idée de cette lèpre morale.

L'envie n'est point une passion primitive qui ait sa source dans la nature : la preuve, c'est que les animaux ne l'éprouvent pas. On ne voit pas le cerf timide porter envie à la force du lien; l'oiseau trouver son plumage et son chant inférieurs à ceux d'un autre. Celle passion est toute sociale, elle est :<, e du jour où la pensée de l'homme a compris la supériorité d'autrui et s'en csl aflligée.

Cette considération nous porte à établit que l'envie vient de l'infériorité, jamais de l'insuffisance absolue. Il faut qu'un commencement de rivalité paisse s'établir; aussi on * ne porte pas envie aux hommes d'un autre temps, d'un autre pays. Le pauvre, ci vieux

de la I il ue du parvenu son \ oi-in, ou de la

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d'un grand seigneur. Le militaire verra Bans peine les succès de l'homme de lettres, et icliii-ri ne s'ia point double dans sou sommeil par les lauriers que moissonne I nm- Cn employé IWa mv eux de son ■ lui de bureau, el ne te Berâ i olirl d'où m ei-ii e. l ne Jolie femme l • sera d'uti i autre femme

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