I.NV
son égale, e( même d'une femme d'une classe supérieure à la sienne; elle ne le sera pas d'une princesse ou d'une étrangère dont la beauté fait bruit.
L'envie tue le plus petit, dit Job. C'est qu'en I effet toute supériorité déplaît. Les hommes disgraciés de la nature, contrefaits, privés des avantages physiques, de la force ou de la grâce, sont portés à celte passion. La faiblesse des facultés de l'âme la fait naitre aussi bien souvent chez les vieillards el les enfants. Les subalternes, les domestiques, sont généralement envieux.
Ceux qui ont fait une grande dépense de soins, d'esprit ou de fortune pour arriver à un but, sont envieux de ceux qui l'ont atteint sans peine ; et la plupart qui, par la grande réputation qu'ils se sont faite, ou la haute posiliou qu'ils occupent, sembleraient n'avoir rien à envier à autrui, ceux-là, dis-je, sont tourmentés par la célébrité que certains hommes ont acquise. C'est ainsi que Voltaire se montra envieux du Roue dont on parlait tant; que Napoléon, ce colosse de gloire, élait importuné «le la réputation de (îeolîroy, critique mordant cl spirituel, le Fréron de l'époque. Le grave Koileau disa t à Fréret : « Jeune homme, il faut penser à la gloire; je l'ai toujours eue en vue, el n ai jamais entendu louer quelqu'un, fùl-re u» cordonnier, que je n'en aie ressent! un p u de jalousie. » (Mémoires de Duclos.)
L'envie est une passion si impérieuse, qu'elle ne saurai! s,, cacher. Elle accuse el juge sans preuves; elle grossit les défauts; elle a des qualifications énormes pour les grandes fautes. Pon langage est rempli de Bel, d'exagération etd'injure. Elle s'acharne an i opiniâtreté el avec fureur contre le n éclatant. Elle est aveugle, emportée, bruta
(] auvenargurs.)
Malgré que l'envie exhale son venin, l'homme qu elle tyrannise est le plus infortuné des hommes, La félicité d'autrui alimente à chaque instant sa souffrance.il suffirait d'une seule personne heureuse pour b"> rendre éternellement misérable. Toute vertus, toutes les gloires sont l'objet di haines, <pii tombent comme la fou. lie sur toul oe qui s'élève.
I, 'envie est si méprisée dès qu'elle sa montre, que, pour | -ou moi- s,, produire au gra d jour, elle prend le mas pi ■ de la vertu.
I. 'amour du bien public, de la probité, de l'honnêteté, de la morale, sonl Ips pi étexl s qu'elle met en avant. Mors elle devient audacieuse, emportée, cberohe des moltfa iinpgri a tOOle belle action; elle soulle de sis Calomnies les hommes les plu- lecomm.iid a les, détourne bon d'eux le parfum .suave dei élogei ; elle y Slltislitoe l'odeur enipes-
tée de la critique ; > Ile est sans respect pour
les i ho es les plui saintes ; elle jrl.e sa lame
à la lare du génie; elle appelle a son ie< oms les | lus ignoble passions.