‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 93 sur 251 · ESP 4C · texte numérisé non relu

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citent sans jamais é rouv.er de lassitude. (Isuîe, chap. xl, v. 31.)

Du reste, si nous éludions les effets de l'espérance, que voyons- nous? (|tie, comme toutes les affections douces ou gaies, elle imprime à l'organisme une salutaire inlluer.ee. Ainsi la voix a plus de fermeté; la circulalion, active cl bien réglée, ne laisse point le sang s'accumuler dans les organes; la digestion est prompte, toutes les fonctions s'exécalent avec facilité. La vigueur se répand dans les membres; la santé devient florissante. Le visage, épanoui, dilaté, semble vouloir s'épandre; les rides disparaissent, le front s'élève et le sourire embellit la physionomie; le regard limpide et animé annonce la félicité intérieure.

De son côté, l'intelligence devient plu? vive, plus sponlanée; le travail lui est facile, et les idées abondent au cerveau. Quand on espère, l'âme est accessible à tous les sentiments généreux; à toutes L s nobles inspirations. On csi heureux, on veut que lout le monde parlicipeau bonheurque l'on éprouve. La valeur, le courage, la patience et une foule d'autres passions estimables sont entées sur celle-là. L'avenir n'est plus sombre, toutes nos pensées nous élèvent vers les cieux.

Puissent donc tous les hommes se bien persuader que la terre qu'ils habitent n'est qu'un lieu d'exil d'où ils s'échapperont un jour pour, s'ils ont bien mérité de leurs concitoyens et do leur conscience, retourner h°ureux et triomphants dans la mère-patrie !

ESPRIT (mot générique, faculté). —L'esprit n'estautrechosequ'unecerlaine facililéà voir clairement lous les objets, soit ceux qui existent réellement, soi! ceux que l'on p; ut imaginer, et de concevoir tout d'un coup les divers rapports et les différences qui sont entre cesobjels. Ainsi, quand quelqu'un ex primo sa pensée, un esprit vif se la peint à l'instant dans son imagination et en aperçoit d'un coup d'œil la justesse et les défauts. liref, plus l'homme est habile à saisir les rapports el les dissemblances que les objets ont entre eux, plus ii a d'espril.

Quoique l'espr.t humain , à le considérer dans sa subslance, soit le même dans tous les hommes, cependant ses opérations sont si différentes, qu'on la croirait luimême différent, si l'ou ne savait pas que. tenant en quelque sorie à la Divinité, il est dans l'homme ce que Dieu est dans l'univers, c'est-à-dire agissanl différemment, mais toujours le même. Nous les voyons, ces différentes opérations, dans ceux dont il conduit la langue et la main. Les uns, poètes, parlent aisément la langue des dieux; les autres, orateurs, enchaînent les esprits des hommes. Les uns, d'un st\ le coulant, ont le don de la narration; les autres, réfléchissant beaucoup, nous laissent des volumes de réflexions. Les uns, pensant pour tout le monde, donnent à leurs pensées une longue étendue ; les autres, ne pensant que pour leurs semblables, font plutôt des esquisses que des tableaux. El d'où vient cette diversité de génies, sinon des caprices de la na-

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ture dont on ne peut rendre raison? (La pour qu'ils l'utilisent. Nous devons ajouter

Rochefoucauld.) maintenant qu'on s'est demandé si Ions l s

Ainsi, ce qu'on appelle c- pti' est tantôt hommes sont nés avi c II' même esprit, les

une comparaison nouvelle, tantôt une a'io- mêmes dispositions pour les sciences, et -;

sion fine; ici l'abus d'un mût qu'on piésenle tout dépend de leur éducation et des cir

dans un sens, et qu'on laisse entendre dans tances où ils se trouvent? Un philosophe qui

un autre; là, un rapport délicat entre deux avait droit de se croire né a»ec quclqui

idées peu communes : c'est une métaphore périorité, prétendit que les esprits sont

singulière, c'est une recherche de ce qu'un égaux ; cependant on a toujours vu le con-

objet ue présente pas d'abord, mais de ce qui traire. !)c quatre cents enfanis élevés ensem-

esl en effet dans lui ; c'est l'art- ou de réunir ble so is les mêmes maîtres, dans la m<

deux choses éloignées, ou de diviser deux discipline, à peine y en ;:-t-il cinq ou siv

choses qui paraissent se joindre, ou de les qui lassent des progrès bien marques. Le

opposer l'une à l'autre. C'est celui de ne dire plus grand n »mbre sonl des enfants médio-

qu'à moitié sa puisée pourla laisser deviner, cres, et parmi ces médiocres ii y a des nuan-

Le mot esprit, quand il signifie une qua- ces; en un mol les esprits diffèrent plus que

liié de l'âme, est un de ces termes vagues Us usages.

auxquels tous ceux qui 1< s prononcent atta- Dans tous les cas, l'esprit étant une des

client presque toujours des sens différents : facultés de notre entendement, mon inten-

ii exprime autre chose que jugement, génie, lion n'est pas, en écrivant cet article, d'en-

çoûl, talent, pénétration, étendue, grâce, soigner comment on parvient à le dévelop-

Gnesse; et il doit tenir de tous ces mérites : per. Tout individu qui a reçu quelque ins-

on pourrait le déGnir, raison ingénieuse. truclion le sait et peut le dire à ceux qui

C'est un mot générique qui a toujours be- l'ignorent ou voudraient l'ignorer. C'est

soin d'un autre mot qui le détermine; et pourquoi je me bornerai à poser les quel-

quai.d on dit : Voilà un ouvrage plein des- ques principes auxquels nous devons nous

prit, un homme qui a de l'esprit, on a grande conformer pour ne pas perdre les avantages

raison de demander du quel. L'esprit sublime que l'esprit procure, el cela surtout dans un

de Corneille n'est ni l'esprit exact de Loi- siècle où bien lies gens ^ ont prêts à tout

ieau, ni l'esprit naïf de La Fontaine; cl l'es- sacrifier pour acquéiir la réputation d'hom-

pril de La Bruyère, qui est l'art de peindre mes d'esprit.

singulièrement, n'est point celai de Maie- Premièrement, avoir de l'esprit cl le faire

branche, qui est de l'imagination avec de la valoir à propos sont deux conditions indis-

profondeur. pensables pour mériter celle réputation : car

Quand on dit d'un homme qu'il a un esprit on peut déplaire avec beaucoup d'esprit,

judicieux, on entend moins qu'il possède ce alors qu'on ne s'applique à le Lire paraître

qu'en appelledel'esprit qu'une raison épurée, qu'aux dépens des autres. Il va sans dire

L'esprit, dans l'acception ordinaire de ce que dans ces circonstances le plaisir que

mot, lient beaucoup du bel-esprit ; cepen- chacun éprouve \ï montrer sa supériorité

liant il ne signifie pas précisément la même n'étant obtenu qu'en b'es ant l'amour-pro-

chose, car jamais ce terme, homme d'esprit, pre d'aulrui, et quelquefois aux dépens de sa

ne peut être pris en mauvaise part, cl bel es- 1 é| Dtation, il en résulte que c'est un défaut

prit est quelquefois prononcé ironiquement, que de vouloir, à ce prix, faire briller son

Sauf cet le dernière circonstance, c'est prin- esprit, ci paiement dans la clarté, le coloris de l'ex- A plus fo te raison s ra-ce un défini, si I lésion cl dans l'art d'exposer ses idées, l'on n'a pas assez d'esprit pour justifier les que consiste le bel esprit , auquel on ne prêt niions qu'on affiche. Alors l'em pressedonne le nom de beau que parce qu'il plait ment mis à en montrer est le plus sûr moyen ci doit réellement plaire le plus génératc- de n'en peint avoir et de «^ :'i i « r la société ment. Eu d'autres termes, c'e t à l'art «le la plus brillante. { Voltaiie. ) C'est pour bien dire qoo doit être spécialement attaché cela que les véritables gens d'esprit delc titre de bel esprit. vicnnenl la plus sotte compagnie du monde ;

Il ne faudra l | as conclure, d'après cette ce qui fais il dire a d'Aguesseau : « Le bon

idée, que le bel e-pnt n'est que l'art de dire espnt n'a pas d'ennemi pi i sûr que le bel

élégamment des riens; attendu que, s'il en esprit. «L'un concilia les hommes, l'autre

•■lait ainsi, un envi âge vide de sens ne serait les du ise,

qu'une continuité de ou harmonieux, qui Ci Id m' un motif pour que les pei

n'obtiendrait aucune estime, et que le pu- nos qui ont de l'esprit (émoiguenl beaucoup

Mie ne décore du litre de bel esprit que ceux de bonté à ceu* qui en fini mous ou qui en

dont les on v rages sonl pleins d'idées fines, seraient privés. Sans celle rondilion, nu lieu

grandes, ialéretianles, H n'est donc aucune de l'estime el de la considération après 1 —

id,e qui ne soit du ressort du bi i e8| rit, i quelles ils courent, ils n'obtiendront jfi

l'on en excepte cille qui, supposant Irop que la désaffection, la Ii .me OU le o.

d'études préliminaires, ue pcuvvul loui nous éloignant invinciblement d s per-

a la portée mon. le. sonnes qui nous oppriment ou cherchent à

L'esprit humain, avons nous dit ailleurs nous opprimer par la ■ de leur

(art. I.ni iM.K.ius i , est l'entendement en esprit ; a plus forte raison, si elles visent à

t.. ni qu'il invente ou qu'il . C e»l un nous le faire sentir. Ce n'est pas i

don iiue Dieu a fait a tous les cires animes Second Di d'espril doive!

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