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bornés, suffisants et présomptueux, qu'on rencontre à chaque pas dans le monde, ils témoignent le plus souverain mépris pour tout ce qui s'appelle étnde et connaissances, et, dans d'autres circonstances, affectent certains airs de supériorité vis-à-vis des gens remplis de mérite qu'ils ne connaissent pas et qui néanmoins, et peut-être à cause de cela, auront assez de complaisance pour se taire ; oh ! alors rien ne s'oppose à ce que, par de sages conseils et quelquefois même par une mystification plus ou moins légère, on ne leur fasse sentir le ridicule de leurs prétentions
Cela me rappelle l'histoire assez piquante d'un jeune docteur, arrivé depuis peu de la prov ince à Paris, que j'ai rencontré pérorant dans un salon où se trouvait une de nos illustrations médicales. Ce jeune homme partait beaucoup, se vantait beaucoup, et, pour se donner un air plus important encore, il se disait dans les meilleurs termes avec tous les professeurs de la capitale qui lui témoignaient beaucoup d'estime. — u Tous, monsieur? en éles-vous bien sûr? » iui dit malicieusement une dame qui se trouvait causant familièrement, juste avec un profosseur en médecine qui, écoutait lui, avec sa bonhomie habituelle, les discours mensongers de notre imberbe docteur. — » Oui, madame, de tous sans exception. — En ce cas je suis fort étonnée, reprit-elle, que vous n'ayez pas encore présenté vos civilités à M , aux leçons duquel vous n'avez probablement jamais assisté, el qui ne vous tend pas la main en témoignage d'amitié. » Je ne sais si mon jeune confrère s'est corrigé de la manie de se faire valoir; mais ce qu'il y a de certain, c'est que la leçon fut forte et bonne. J'en fus fâché pour lui, mais, soit dit en passaul, la jeunesse oublie trop facilement dans le momie que : le moi est insipide, comme disait -Montaigne.
ESTIME, Estimable. — Qu'est-ce que l'estime? C'est, nous dit-on, l'hommage intérieur el public que l'on rend à la vertu, rien n'étant estimable comme elle (Fénelon), et l'homme ne pouvant être heureux s'il n'est estimé des autres homraas.
D'après celle définition, l'estime, considéré;' en elle-même, ne serait ni une qualité ni une vertu spéciale à l'âme, et nous n'aurions pas à nous en occuper, si je n'avais voulu dire en passant que nul ne peut goûter le vrai bonheur sur la terre s'il ne jouit au moins de sa propre estime . c'est-à-dire si, s'appréciant à sa juste valeur, il ne croii pas pouvoir prendre rang parmi les hommi généralement estimés et qui doivent la considération dont ils jouissent, plus encore ? leur caractère et à leurs vertus, qu'à leur condition et à leur fortune. Je dis de sa pro pre estime, car il peut arriver qu'avec le désir le plus vif et la persévérance la plu; attentive pour obtenir celle d'autrui, on n'y parvienne jamais, lih bien! n'e-t-ec [as qu'il doit nous suffire alors de l'avoir nié riléc'-'
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Quelques auteurs ont prétendu que l'amour verbe : Qui veut trop prouver ne prouve rien:
de l'estime c'est l'amour de soi-même. Je suis sanscelail s'absliendraildetouteexagéralion,
entièrement de leur avis, mais à la condition exagérer étant un défaut,
qu'ils ne confondront pas, comme la plu- Je sais bien qu'exagérer est le propre de
part d'entre eux l'ont fait, l'amour de soi l'esprit humain : lanl pis, puisque c'est un
avec l'orgueil. Oui, l'amour de l'estime est tort, et que quiconque fait un récit a besoin
pour tout homme verlueux l'amour de soi- d'être scrupuleux ; tout comme s'il juge de
même, et la preuve, c'esl que, d'un avis una- quelque chose , ce doit être avec la plus ri-
nime, il n'csl pas de bien plus réel pour goureuse exactitude. Je sais encore que bien
l'homme que d'exciter l'admiration, l'assen- des gens exagèrent un peu afin d'avoir le
•imenl, les suffrages, les sympathies de ses plaisir de se faire écouter; c'esl encore un
concitoyens et do tous les peuples, parla tort, et, soit dit en pissant, c'est celui qui a
possession et la manifestation ou pratique tant discrédité les voyageurs : aujourd'hui
dos qualités et venus qui rendent les hom- tout le monde s'en défie. Kl cela devait être;
nies véritablement estimables. Or, n'est-ce car si l'un d'eux dit avoir vu un chou grand
pas que celui qui s'aime ambitionne celle comme une maison , l'autre a vu la marmite
admiration, cet assentiment , celte sympa- faite pour le chou, et ainsi des suivants,
thie, elc. , et veut à tout pris l'obtenir? Aussi n'est-ce qu'une longue unanimité de
De même, s'aimc-t-il, celui qui, sesou- témoignages valides qui puisse mettre enfin
ciani fort peu d'être estimé de ses conci- le sceau delà probabilité aux récils exlraor-
loycns , s'en montre dès lors indigne? (Le dinaires.
yrand Frédéric.) Non : donc l'amour de l'es- L'exagération est un défaut, à quoi qu'ello
lime, c'est l'amour de soi-même bien en- s'applique. S'agit-il d'un éloge, elle a le tort
tendu, cet amour qui fait que nous nous ren- de nuire également à celui qui le donne et à
lions estimables alin de pouvoir être unis et celui qui le reçoit : à l'un , parce que l'on
dans les meilleurs i apports avec les gens gé- n'exagère jamais qu'aux dépens de la vérité ,
uéralement estimés et honorés, sentiment qui ei si l'on va au delà , on Ibllc, un devient
entre pour beaucoup dans les eiïorts que nous flatteur; à l'autre, parce qu'il ne peut soule-
faisons pour atteindre ce but. nir la comparaison de ce qu'il est réellement
Toutefois, l'amour de l'estime fût-il ren- ?,ve,c rc 'iu'>>n voudrait le faire paraître : et
fermé absolument dans l'amour de soi-même, '' fi,ul le "rc< C(M toujours fâcheux que
qu'où devrait encore le considérer, je le a être au-dessous de sa repulalion. Sou-
repèie, comme le plus grand des biens, la *en.( '' *««» que nous soyons prévenus sur
qualité d'homme vraiment estimable ne sac- a beau'e d unc femme, le talent d un artiste,
quérant sans usurpation qu'alors qu'on les agréments d une habitation , pour que,
«l véritablement probe, honnête, >ertueuv, ;| une première vue, nous les trouvions au-
et une seule faiblesse qui nous entraînerai!, «MOMdel idée avantageuse que noua nous
nous faisant perdre tous nos droits à l'es- v" é'l0n8 1;!,UV el- quand '? femme eU
llmi, réellement belle, 1 artiste un sujet Irès-dis-
rmwnicvT / . i n r -, lingue, l'habitation un séjour délicieux , à
ÉrONNEMENl ( sent, ment) -On a Tait ,.1S forlc r,lisoil sMs nonlJ , t ,,.„.„„ C11
le mot étonnement synonyme d admiration , particulier, un véritable mérite.
parce que ces deux expressions signifient S'agit-il des pensées. I exagéralion an-
egalemenl un mouvement de surprise; avec I10I1C, Ull jt ,au um, jnleiiigence lior-
çelle différence que i admiration est un sen- née „„ caraclère vailli , , ,.„ lou"les cho8ea
t. ment vif cl subit de plais,,-, qui s excite en une grande faiblesse de raison. Parlant, ce
nou» a .a vue d un objet dont la perfeclion liesl n8 s;ms r0llllcmi.lU qu0 Malesherbrs
nous frappe; tandis que lélonnemenl est a affinné que :« Sur douze personnes exa
»u contraire un sentiment de peine qui naît gérée9 j, v a Ull fou Ul/g0,c, àtxhj.
A la vue d un objet dont la difformité est peu ,„„.,•„,>.„ En présence d'une classification
commune. Ainsi, ces deux petites pass s p,,,,,,,,, „„ „ uoug garde .liivns-uous , de
sont oi'posees I uni; a I antre, et u auraient l'exaséralinn I
rien de commun, si loules deux n'excitaient 0ui 0jcu "„,„,, ,.„ ...„,.,.; c,r ceIuj ;ii
la Si rpbisb. ( 1 oy. ce mot.) exagère , en se nuisant à lui même par la
EXAGERATION (défaut). —L'exagération réputation qu'il se fait, nuil beaucoup aussi
est celle opération de l'esprit par laquelle ou i la société. Et.pai exemple, qu'uue per-
augmente la bonne ou la mauvaise qualité souno habituellement exagérée se présenta
•les choses, le pinson moins de beauté et d ns un cercle où elle est parfaitement con-
de moralité d'une personne ou 'l'une action, nue, 6 un He les nommes à prendre les nr-
proporlîoiinelleuient à ce qu'elles sont réel- uns, l'émeute élan! la a la porte qui gronde
lement. menaçante, chacun dira d part soi : le pa-
M. de Maistre l'a surnommée le mensonge ricrais que ce sont les gamins du quartier
■/ l'honn te homme. Cola u'esl pas rigoureu- qui s'amusent a effrayer les passants; <i pas
scinenl vrai; mai. elle en approche telle- un ne bougera. Que, dans un autre nu ni,
inent, qu'on finirait par la confondre el o celle même personne accoure annoncer
familiariser avec lui, s, l'on contractait l'ha qu'un quartier est la proie îles llammes, loua
bilude <le I xagéraiion. Celle-ci annonce les assistants croiront à un simple feu de
donc d. s dispositions vicieuses dans r, im cliemii •! ne se dérangeront pas. Qu'elle
liuj exagère : il ignore peut-être ce pro,- pric^ avec les marques du plus violent d.