Jaugeage
La grandeur des navires s'exprime par le poids qu'ils peuvent porter, l'unité de poids est le tonneau de 1,000 kilos. Un navire de 1,200 tonneaux peut recevoir 1,200,000 kilos de marchandises.
La formule du calcul du tonnage donnée par la loi du 12 nivôse an II était ainsi conçue : le tonnage est égal à la 94« partie du parallélipède dont les trois arêtes sont la longueur, la largeur et la profondeur du navire, ces deux dernières dimensions prises au milieu.
Lors de l'apparition des navires à vapeur, le tonnage s'obtint en déduisant 40 p. 100 de jaugeage du navire supposé à voiles.
Le tonnage ainsi calculé s'appelait jauge légale ou tonnage de douane. Comme les droits de pilotage, de remorquage, de quai, de francisation et autres sont basés sur la jauge légale, les armateurs avaient intérêt à donner aux coques des dimensions telles que pour un tonnage de douane donné leur navire lût le plus grand jiossible.
Les constructeurs avaient résolu le problème eu exagérant les dimensions qui n'entraient pas dans le calcul. En élargissant les formes de l'avant, on pouvait avoir un tonnage légal qui fût au tonnage vrai comme 1 est à 3 1/2.
Une méthode qui donnait lieu à de telles fraudes
MARINE MARCHANDE
appelait une réforme, elle a été réalisée parles décrets des 24 décembre 1872 et 24 mai 187 3 ordonnant l'application du jaugeage Moorson déjà usité en Angleterre.
Ce procédé consiste à diviser le navire en tranches par des sections idéales perpendiculaires à l'axe et à décomposer l'espace compris entre deux sections consécutives en prismes, faciles à mesurer.
Pour les steamers l'espace occupé par les chaudières, l'appareil moteur et les soutes à charbon est évalué par la même méthode et déduit du tonnage total sans que la déduction puisse excéder 50 p. 100 de ce total. La diflérence est la jauge nette.
En pratique, on admet qu'un navire à vapeur fait en moyenne trois voyages tandis qu'un voilier n'en fait qu'un, on considère par suite que la puissance de transport d'un steamer est triple de celle d'un navire à voiles, il faut tenir compte de ce fait lorsqu'on établit la statistique du tonnage des différentes marfues. Voici, d'après le bureau Veritas, l'effectif, au 30 juin 1887, des principales marines marchandes, non compris les navires au-dessous de 50 tonneaux :
Voiliers.
Rang (l'importance
Pavillons.
iiomnre
de navires.
Tonnage.
Anglais.
Américain.
Norwégien.
Allemand.
Italien.
Russe.
Suédois.
Français.
Grec.
Espagnol.
Hollandais.
.\utrichien.
Danois.
Steamers.
Rang
(l'imijortauce
Noml)r»
d'après le
Pavillons.
de
Tonnage net,
tonnage brut.
navires.
Anglais.
Français.
Allemand.
450,3:il
Américain.
ft
Esp;Jgnol.
Italien.
Hollandais.
Russe.
Norwcgien.
Suédois.
.\utricliien.
Danois.
Grec.
En combinant ces deux tableaux et en triplant la jauge nette dvs navires à vapeur potir les rendre comparables aux voiliers, on arrive à la classilication suivante :
Rang il irripurbiii'i'
Pavillons.
Anglais.
Américain.
Allcmiuid.
Français.
Norwégien.
Italien.
Espagnol.
Russe.
Suédois.
Hollandais.
Autrichien.
Danois.
Grec.
Tonnage net.
MARINE MARCHANDE
s. Construction. Frimes.
Pour favoriser le développement de la construction navale, la loi du 29 janvier 18S1 a attribué des primes à la construction des navires de mer.
Pour les navires en fer et en acier la prime est de GO fr. par tonneau de jauge brute ; pour les navires mixtes, c'est-à-dire en bois et en fer, elle est de 40 fr., et elle est de 10 fr. pour les navires en bois de 200 tonneaux au moins.
Une prime de 12 fr. par 100 kilos est allouée pour les machines marines et leurs accessoires.
Toute transformation accroissant la jauge donne lieu à une augmentation de prime calculée d'après le tarif précédent.
Lors des changements de chaudières, les propriétaires de navires reçoivent 8 fr. par 100 kilos de chaudières neuves, de construction française, pesées sans les tubes.
11 est attribué une surprime de 15 p. 100 aux steamers construits sur des plans approuvés par le département de la marine.
D'après l'arrêté ministériel du 31 août 1881, cet avantage n'est accordé qu'aux navires jouissant de la plus haute cote au Lloyd ou au Veritas (V. ciaprès au g Co/e) et seulement tant que cette cote est maintenue. Ils doivent avoir des cloisons étanches, réaliser aux essais une vitesse minimum de 13 1/2 nœuds ', embarquer assez de charbon pour franchir 6,000 milles à la vitesse de 10 noeuds et pouvoir porter des canons de 10'' et 14"=.
Primes à la construction.
1881 869,795 fr.