Structure et formes des emprunts
Pour utiliser le crédit, pour le répandre, pour le faire circuler, il n'est pas de formes qui n'aient été usitées. Quelles que soient cependant la variété des moyens employés pour attirer les capitaux et les diverses dénominations que l'histoire leur ait conservées, tous les emprunts peuvent être ramenés à trois types principaux :
Emprunts en rentes perpétuelles qui constituent la Dette fondée ; emprunts viagers qui constituent la Dette viagère ; emprunts à la circulation ou temporaires qui constituent la Dette fiottante ; auxquels nous ajouterons, en ce qui concerne la France, les capitaux remboursables qui forment actuellement un des grands chapitres de sa Dette publique.
Cette diversité dans la forme des emprunts, on la rencontre partout, et malgré l'intérêt que les États pourraient avoir à unifier leur Dette, les uns et les autres s'ingénient au contraire à trouver des combinaisons nouvelles capables d'attirer dans leurs caisses les capitaux grands et petits. Cette tendance étonne tout d'abord , mais l'étonnement cesse si l'on réfiéchit que les capitaux visés n'ont pas tous le môme caractère ni la môme disponibilité.
C'est ainsi que les capitaux qui peuvent s'engager à long terme trouvent leur emploi dans les rentes perpétuelles et autres valeurs similaires; que les capitaux provisoires, c'est-à-dire ceux qui attendent un placement définitif, s'adressent au contraire, s'ils veulent s'employer au profit de l'État, aux bons du Trésor et de l'Échiquier qui font partie de ce qu'on appelle la dette fiottante.
A côté de ces capitaux il en est d'autres qui, à tort ou à raison, préfèrent s'employer à fonds perdus. Ceux-ci trouvent leur emploi dans les rentes viagères, dans les annuités à terme ou à vie, comprenant à la fois l'intérêt et ramorlissement.
Enlin la [)assion du jeu, l'appât du gain porte certains capitaux à s'employer dans des emjjrunts spéciaux combinés avec des lots et des primes qui constituent une véritable loterie à côté de l'emprunt.