I. DÉFINITIONS ET ACCEPTIONS
Certains économistes, et tous ceux qui prétcudent que le •pouvoir de la monnaie est purement convenlionnel, définissent celle-ci : « Un signe quelconque qui représente et mesure de par la loi, la valeur de toutes les marchandises. » C'est la définition de l'aulct d'Ulpien dans les Pandectes, de Montesquieu dans VEsprit des lois. C'est celle de M. Cernuschi, de nos jours. Mais la plupart considérant que ce pouvoir ne peut appartenir qu'à une valeur réelle, née de qualités inhérentes à la chose et du besoin qu'on en a, disent que c'est : « Une « marchandise (|ui sert aux échanges des produits, « une marchandise dont on peut proportionner la « quantité qu'on en donne à la valeur de ce qu'on « veut avoir et qui est constamment adoptée par " tout le monde. » C'est la définition d'Aristote, d'Adam Smith et de J.-IJ. Say.
Vulgairement ou qualifie monnaies (au pluriel) tout ce qui sert à régler uiu3 opération d'achat ou de vente, et monnaie (au siugulier) tout ce qui permet d'efi'ecluer un petit paiement ou d'en fraclioi:tioiuier un gros.
Kombreuses sont les autres accei)tions de ce mot et les locutions qui s'y rattachent. Ainsi, au point de vue de leur manière d'être, on distingue les monnaies réelles, les monnaies y/c^/'/'M et les monnaies fiduciaires. Les premières, qui ont une existence et une valeur intrinsèques, sont les (\speces métalliques, le numéraire. Les secondes, qui servent
MON.N'AIES
toujours à rappeler dans roclielle des valeurs des degrés d'une importance et d'une lixite particulières, mais qui, en fait, ne sont plus guère en usage, sont dites ou do coinpfe ou de Ixnujue ou de cliangv, suivant qu'elles servent à établir des rapports et à passer des écritures connue les volula d'.Vugsbourg, la livre tournois, la pistole des maquignons, ou à déterminer le degré de pureté du métal monuayé. comme le marc banco de Hambourg, ou à comparer le prix du change, comme le rixdale de Danemark et la livre tie gros d'Amsterdam. Quant aux troisièmes, appelées aussi représentatives ou de siijiH'. et qui n'ont d'autre valeur ([ue celle du gage qu'elles représentent, ce sont : tantôt des valeurs 1res réelles : ell'ets de commerce, chèques, virements (monnaie de papier), bons de caisse des gouverneurs aux colonies gagés par des dépôts chez les trésoriers, monnaies obsidionales créées cl employées d'une façon provisoire seulement, eu deliors des conditions légales, pour l'aire face aux besoins accidentels et pressants d'un pays belligérant on d'une ville assiégée, et la plupart des billets de banque; tantôt des valeurs nulles ou à peu près, coumie tous les effets et assignats prolestés {pa/jiermonnnic), les admissions au passif chirographaire d'un failli {monnaie de faillite), les créances véreuses («(rt/<««»' rfp /w.voc//r), voire mémo les belles promesses {monnaie de cordelivr) et les grimaces {monnaie de singe).
Les monnaies métalliques sont dites faibles ou lortes.en raison de leur tilre, c'est-à-dire, de la quantité de métal lin (lu'elles contiennent. Ont été appelées monnaies de billon primitivement, celles qui contenaient plus d'alliage que de lin ; de barons. celles qui avaient un titre très douteux, comme les pièces fabriquées par les barons \ fourrées ou brac- / cales, les pièces qui n'ont qu'une enveloppe de métal fin ; amenuisées, celles qu'on remettait en circulation pour la même valeur après les avoir réduites de poids ; augmentées, celles dont ou augmentait le n(md)re à la livre sans addition de mètui liu ; décriées, celles qui, dépréciées par l'usure ou toute autre cause, n'ont plus cours forcé régulier.
Au point de vue de ses (jualités d'ensemble, de son fractionnement et de son pouvoir libératoire, la monnaie est dite aussi étalon, divisionnaire, d'appoint ou encore de billon : étalon, quand ou lui accorde un pouvoir libératoire absolu et les plus grandes facilités de mounayage; divisionnaire, quand sa valeur irdrinsèque ne correspond pas tout a fait a la valeur qu'elle représente et que, pour cette raison, on est obligé de limiier son émission et sa faculté libératoire; d' appoint ou de billon, quaud, pour lui permettre de régler de très faibles échanges, on la constitue forcément en un métal et en pièces dont la valeur qu'elles représentent est en grande disproportion avec leur valeur réelle.
Ajoutons qu'on qualifie certaines monnaies, en raison de leurs fondateurs ou de leur origine, du nom de Dariques, l'hilippes, Louis, l'arisis, TournoiS, constitulionnelles, consulaires, etc. ; ou, d'après le typegravé : cislophores, victoriats. fiuadrigals, sols, aguels, etc. ; d'après le mode de fabrication : nuuuui serrati ; d'après le poids : drachme, as, marc, livre ; d'après la valeur : denier.
Les pièces rnlives étaient celles qui servaient le don de joyeux avènement, les pièces autonomes, celles qui ne portaient aucune trace de lieu de labricatiou.
Un ■dppt.-ldil monétaires, ceux ([iii fabriquaient au-
DICT. DKS riN. — II.
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trefois les espèces, et on nomme Mo/uiaie également l'hôtel, aujourd'hui nuiiiue, où se fabriiiiienteii France les monnaies et médailles, monnaierie l'endroit spécial de cet hôtel où se donnait autrefois l'empreinte, et numisinaliiine, la science i{ui a [)Our objet l'étude et la description des monnaies et médailles.