Frai. Tolérance à la circulation
Tour élre admises dans la circulation, les pièces autres que le billon doivent être au titre, poids, tolérance et diamètre indiqués au tableau, pages 596 et 597. Il n'existe cependant aucune disposition concernant les pièces nationales dont le poids aurait été réduit au-dessous des tolérances légales par le frai, c'est-à-dire l'usure résultant du fait de la circulation.
Sont aussi exclues de la circulation, les pièces d'or de l'Union latine dont le poids aurait été par le frai diminué de '/j p. 100 au-dessous des tolérances légales ou dont les empreintes ne seraient plus visibles. Quant aux pièces d'argent, ciiaque État doit les reprendre dès que le frai leur a fait perdre 1 p. 100 au-dessous de la tolérance pour les pièces de 5 fr. et 5 p. 100 pour les pièces divisionnaires.
Depuis Vespasien jusqu'au xviii* siècle, le frai annuel moyen aurait été de 2.77 p. 1000. M. Jacob en 1826 estimait qu'il y avait entre le frai de l'or et celui de l'argent une différence du simple au quadruple. En 18G8, MM. Dumas et de Colmont estimaient qu'il devait être G fois moindre pour l'or que pour l'argent et pouvait être évalué annuellement a 0,00018 pour les pièces d'or de 20 fr., à la moitié de cette perte pour celles de 10 fr. et au 5% pour celles de 5 fr. or. Lord Liverpool a trouvé le même chiffre de 0,00018 pour l'or et 0,00045 pour l'argent. Le frai était beaucoup plus considérable au-
MONNAIES
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trefois qu'aujourd'hui et il va diminuant chaque jour, par suite de l'emploi dans les paiements des billels de banque. 11 s'élevait pour l'ai'gent au xviu^ siècle jusqu'à 0,0026 et J.-B. Say évalue à 0,0035 l'usure des pièces de 24, 12 et 6 sols de 1726 à 1794. En Angleterre il est plus fort qu'en France.
M. Stanley Jevons allirmait en 18G9 que 31 p. 100 des souverains étaient au-dessous de la limite du poids. Des expériences faites en 1SS8, ont établi que le frai est indépendant de la surface des pièces et est proportionnel au poids.
Le frai provenant du fait de tous doit être une cbarge publique, ce qui d'ailleurs est reconnu depuis longtemps. Ainsi, en 1829, l'État a payé 3,730,407 fr. pour la refonte de 410,816,626 fr., et en 1845, 13.81 p. 100 du montant de la refonte d'alors. C'est pour faire face à ces exigences du frai que les Chambres françaises ont inscrit une dépense de 150,000 fr. aux "budgets de 1889 et 1890 et que M. Goschen a proposé une refonte de l'or en Angleterre. 11 y a en efl'et grand intérêt à ne pas laisser se développer les effets de la loi formulée par Gresham qui veut qu'avec une circulation de monnaies usées, toutes celles de bon aloi aillent à l'étranger. (F. Frai des monnaies. I