II. HISTORIQUE
C'est la crainte île l'usure, c'est le désir de mettre un ternie au Iléau des prêts iisiiniiivs, qui a amené la création des premiers monts-de- pieté. L'iiisloire, à toutes les épociues, enregislre les mesures de rigueur par lesquelles les gouverueuients se sont etl'orces d'arrêter les exaclions usuraires. Mais il ne sutlisait pas de défendre l'usure; on ne fait lias disparaître ainsi les dures nécessités qui poussent a reiuprunt, de même qu'on ne peut espérer supprimer les mendiants en prohibant la mendicité. Au moyen âge, après avoir coiislaté l'inutilité des mesures de répression contre les usuriers, (lue la légende a llétris sous les noms de Caoursius et de Lombards et (lui étaient particulièreiiieul nombreux en France, dans la Haute- Allemagne et le nord de l'Italie, les pouvoirs publics et les associations charitables entrèrent tlaus la véritable voie pratique eu réunissant des capitaux aiï'ectés à la destination charitable d'un prêt sur gages, soit à titre gratuit, soit à intérêt modi- (lue.Le premier établissement de prêt sur nanlisseiiieut, se rapprochant beaucoup de la lorme actuelle des monts-de-piété, aurait été créé à Freisingen, en Bavière, vers 1198. En 1350, les habitants de la petite ville de Salins, en Franche-Comté, s'associent et se cotisent en vue de se soustraire aux exactions des usuriers : le capital souscrit était de 20,000 llorins et servit à foncier une banque où chacun put emprunter à un taux modéré. Eu 13G1, un évêque de Londres fait iiu legs de 1,000 marcs d'argent pour la création d'une banque de prêt sur nantissement.
Ces essais échouèrent, et ce ne fut que cent ans plus tard, en 14G2, que l'on vit s'élever à l'érouse, en Italie, nu établissement île ce genre, fondé par un moine rècollel, Barnabe de Terin, avec le produit d'une quête. La banque de bienfaisance ainsi créée fut appelée « monte di pielu », c'est-à-dire banque de la piété, pour exprimer à la fois l'objet de son institution et le sentiment charitable qui avait présidé à sa naissance. Le nom en est resté aux établissements de iirêts sur nantissements.
Trotégces par les papes et par l'Église, ces institutions s'étendirent au xyii*^ siècle dans la Provence et dans la région sud-est de la France, où nous retrouvons aujourd'hui encore les monts-de-piétè fondés à cette époque avec le produit de dons et de legs charitables.
Au même ordre d'idées se rattache la fondation de l'œuvre de prêt gratuit constituée à Lille en 1G07 par la libéralité de liarlholoraé Masurel, con- .sacrée par lettres patentes du 16 novembre 1G09 et encore existante. C'est aussi sur le produit de dons pieux que fut créé en 1GS4 le mont-de-piété d'Angers, le seul des établissements de ce genre qui possède encore des immeubles ruraux importants. Les monls-de-pièté qui se retrouvent dans la Flandre française, et (jui furent créés par le gouvernement des l'ays-Bas espagnols peu d'années après la fondation Masurel, présentaient à un double point de vue un caractère spécial : d'un côté, ces établissements avaient été constitués à titre d'établissements privilégiés, investis du droit exclusif de prêter sur gages; d'un autre côté, le promoteur de la fondation, Wenceslas Cobergher, fit des monts-de-piété de véritables établissements financiers, empruntant à charge de constitution de rentes les fonds nécessaires au service des prêts et ne
MONTS-DE-PIETE
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devant tendre à assurer la gratuité de ces prêts qu'en faveur des engagisles pauvres.
m. liGisLATioir.