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Consulat et Empire

Au 20 brumaire an Vlll il n'existait plus aucun vestige de finances ; nue misérable somme de 167.000 fr. était tout ce qui composait à cette é|)oque le Trésor d'une nation de 30 millions d'hommes (.Mémoires de Gandin, duc d^; Gaëte).

Le premier soin du Consulat fut de clore l'emprunt progressif ouvert par le Directoire et de le remplacer par une contribution extraordinaire de guerre de 2ô centimes par franc du principal des contributions foncière, personnelle, mobilière et somptuaire de l'an YllliA. \8nov. 1709) sur le produit de laquelle un groupe de banquiers consentit à faire une avance de 12 millions. Cette avance n'ayant été réalisée que jusqu'à concurrence de 3 millions, on ouvrit un emprunt-loterie de 40,000 billets de 300 fr. chaque, pour rembourser les 3 millions avancés et remplacer les U millions qui n'avaient pas été versés.

Ce premier emprunt, ou plutôt cette avance de 1 2 millions demandée à des banquiers, fut pour ainsi dire le seul emprunt direct ellèctué pendant le Consulat. Napoléon n'aimait pas les gens de lînances et il répugnait de mettre son crédit à leur merci ; aussi tout son régne est-il caractérisé par l'absence complète d'emprunts. Ce n'est pas que le gouvernement impérial et consulaire n'ait été souvent dans l'obligation de recourir a des opérations (inancières pour se procurer des ressources, mais cf;s opérations furent plutôt des expédients que de réels emprunts.

Pendant cette période, la Caisse d'amortissement, réorganisée sur de nouvelles bases, devint l'Instrument flnancier du régne. C'est à l'aide des ressources que cette caisse procura à l'Emiiire, que celui-ci put faire face aux exigences de ses préparatifs, militaires et c'est grâce au concours de la Banque de France qu'il avait contribué à fonder, que l'Empire put procédera la réorganisation (inanciére de la France et mettre lin au désordre et à l'anarchie qui depuis si longtemps désolaient le pays.

A ravéuemeiit du Consulat la dette consolidée atteignait 40,2l(),00O fr. et a la chute du premier Empire elle était de ()3,:i07,()37 Ir. Dans cette augmentation de 23,0'Ji,(i37 fr , la licjuidalion de l'arriéré ligurait i)our 1 1,2.">1.000 fr. ; la dette des pays réunis a la France [tour ().OS(;,UOO fr , les besoins lies services courantsdes budgets [)our .J,7;jl,G37 fr.

Il est à reman|uer (|ue ces créations de rentes ne donnaient lieu à aucune émission publique ; on consolidait en renies J [». 100 d'anciens bous ou d'anciens papiers émis pendant le Directoire ; on remettait aux créanciers de l'État des rentes en paiement de leurs créances ; on alla même jusqu'à coiills(iuer les biens possédés par les communes en échange desquels on s'engagea à leur donner des rentes. En résumé, on \)eul dire ([ue si des opérations linancières furent faites pendant la dinée du Consulat et de l'Empire, elles ont été plutôt des opérations intérieures de trésorerie que des emjirunts publics.

rendant les Cent Jours et malgré les besoins pressants du Trésor, Napoléon conserva raiitipalhie qu'il avait toujours manifestée pour tout ce qui touchait au crédit. 1! maintint et généralisa les 30 centimes additionnels au i)rincip;il des coulributious directesqueplusieursdépartenii'nlss'étaieut imposes pour payer les dépenses de l'aruiéc du duc d'Angoiilême ; contracta nu prêt de là millions à la Banque de France et reçut (luclques dons patrioti(iues. Ce n'était pas sufTisant. M. Uuvrard, mandé aux Tuileries, fut chargé de négocier une partie tles rentes appartenant à la Caisse d'amortissement. La négociation, faite en Hollande, porta sur h millions de rentes ■) p. 100 qu'Ouvrard prit au cours de .)3 francs. Ce traité qui procura ■)0 millions au Trésor, faisait ressortir, en raison d'une commission de 3 millions allouée à Ouvrard, l'intérêt ;i 10 p. 100.

Aucun autre emprunt ne fut fait pendant les Cent Jours.

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