II. OPÉBATIONg AU COMPTANT
Les opérations au comptant, ventes ou achats, se font généralement en dehors de toute idée de spéculation, ce sont des transactions ordinaires sous la forme la plus simple.
Un ordre au comptant peut être donné de trois manières :
1° Au cours moyen ;
2" A un cours déterminé ;
3° Au mieux.
Le cours moyen est la demi-somme du plus haut et du plus bas cours de la journée. 11 est sage en général de demander le cours moyen qui n'expose pas à acheter au plus haut ou à vendre au plus has ; d'ailleurs les agents de change l'appliquent souvent d'office. Les ordres à un cours déterminé permettent de savoir d'avance ce que l'on fait, mais ils ont l'inconvénient de ne pas toujours être exécutables.
Les opérations au mieux sont celles dans lesquelles on laisse à l'agent toute latitude, c'est la forme adoptée pour les valeurs qui n'ont qu'un marché restreint.
Le calcul du capital à débourser ou à recevoir n'offre aucune difficulté ; on trouvera à cet égard tous les renseignements au mot Dette publique, pour les fonds d'État français ou étrangers; pour les titres non libérés 11 faut avoir soin de déduire du cours coté la partie qui reste à appeler. Aux achats on ajoute le courtage et le timbre, on le retranche des ventes. Le timbre est de 0 fr. 80 c. pour toute opération jusqu'à 10,000 fr. et de 2 fr. au-dessus de 10,000 fr.
La spéculation intervient parfois dans les opérations au comptant.
L'une des formes est l'arbitrage, c'est-à-dire l'échange d'une valeur contre une autre valeur.
On se propose, dans un arbitrage, soit d'améliorer son portefeuille eu remplaçant une valeur douteuse par une valeur plus sûre, soit d'augmenter son revenu, soit de remplacer un titre dont la hausse parait épuisée par un autre qui offre des chances plus grandes de plus-value.
Tour connaître le résultat exact d'un arbitrage, il faut niveler les cours, c'est-à-dire retrancher du prix des valeurs achetées et vendues la i)ortion acquise en coupon. Le coupon joue un grand rôle dans les opérations au comptant et il donne lieu à
une sorte d'arbitrage qu'il est bou de connaître. L'expérience démontre que les valeurs de premier ordre baissent eu général du montant du coupon aussitôt qu'il a été détache, mais (|u'elles regagnent rapidement les cours qui procèdent le detaciiement. Aussi beaucoup de capitalistes, i>our augmenter leur revenu, aciiètent quelque temps avant le coupon, le touchent et revendent lorsqu'elles ont retrouvé leur prix d'achat, pour recommencer avec une autre valeur. Celte opération, judicieusomeut conduite, peut donner quelques bénélices.
Parmi les speculatious au comptant, ou doit encore citer la moyenne.
La moyenne consiste, lorsque l'on a acheté des valeurs qui ont baissé depuis l'aciiuisition, à faire un nouvel achat de manière à^ibaisser le piix moyen de chaque titre. Il faut beaucoup d'habileté pour établir une moyenne avantageuse, cette méthode lionne en général des déboires.
m. OPÉBÀTIONS A TEBME.
Pendant longtemps les opérations à terme furent traitées avec défaveur par la législation ; il sullisait souvent aux débiteurs d'invoquer l'exception de jeu pour ne pas i)ayer leurs pertes, k la suite des scandales auxquels a donné lieu la chute de l'Union générale, en 1682, une loi promulguée le 29 mars ISSô a établi que nul ne pourrait se prévaloir de l'exception de jeu pour se soustraire aux conséquences de ses opérations, quand même elles devraient se résoudre par le paiement d'une simple différence. [Y. Marchés à terme.)
Pour faire des opérations à terme, les intermédiaires, agents de change ovc coulissiers, exigent de leurs clients une couverture, c'est-à-dire le dépôt d'une garantie en titres ou en argent au moins égale au montant de la perte possible. Un marciic à terme ne peut porter que sur 25 titres ou multiple de 25 titres, s'il s'agit d'actions ou d'obligations, ou sur 500 fois l'unité de rente, si la valeur est cotée en revenu.
Les marchés à terme se résolvent en liquidation, le jour de la liquidation les comptes sont réglés entre acheteurs et vendeurs. Certaines valeurs comme les rentes, les actions de la Banque de France, etc., ne sont soumises qu'à une seule liquidation, le premier jour du mois ; d'autres sont liquidées par quinzaine, les 16 et 1" du mois. On distingue dans les marchés à terme : 1° Les opérations fermes ; 1° Les opérations à prime.
Toutes les opérations fermes peuvent se ramener au type suivant.
Primus achète, payables au jour de la liquidation ou, comme on dit en termes de métier, en liquidation, 25 actiuns. Si les litres ont monté, il les revend à la liquidation et gagne la différence entre le prix d'achat et le prix de vente ; s'ils ont baissé, il la perd. Le vendeur fait l'opération inverse; il gagne s'il achète ses litres moins cher qu'il ne les a vendus, il perd dans le cas contraire. Le marché à terme se règle par une simple différence, il se résume en un pari : l'acheteur parie que les titres monteront, le vendeur, qu'ils baisseront du jour de la vente à celui de la liquidation.
Le cours adopté pour le règlement des différences
est le cours moyen de la première heure coté le
jour de la liquidation, c'est ce qu'on appelle le
cours de compensation.
Les acheteurs sont eu gain si le cours de com-
pensalion est supérieur à leur prix d'achat, les vendeurs si le cours de compensation est inférieur à celui de la vente. Les différences sont immédiatement soldées en espèces.