IV. REPORT ET DÉPORT
Les engagements, achats ou ventes, se dénouent en li(|uidation, mais acheteurs on vendeurs ont la faculté de continuer une opération commencée sans vendre leurs litres, il leur sullit de se faire reporter, c'est-à-dire d'emprunter les fonds nécessaires pour prendre livraison de leurs titres ou, comme on dit, les lever.
Celui qui vent se faire reporter, après avoir reçu ou payé la dillérence entre son cours d'achat et 'le cours de compensation emprunte, par l'intermédiaire d'un agent de change ou d'un coulissier, la somme nécessaire pour lever les titres, le taux du prêt est cote comme les valeurs elles-mêmes. A la garantie de la somme enqjruutée, sont affectés les titres levés et la couverture.
Le report affecte la forme d'un achat et d'une vente sinmitanés, le capitaliste est censé acheter au comptant les litres reportés et les revendre à terme, aussi on définit parfois le report : la différence entre le comptant et le terme, mais au fond ce n'est qu'un prêt sur nantissement. Les coupons appartiennent toujours à celui qui se fait reporter.
Les reports constituent un placement à court terme d'une sécurité sufiisante ; le Trésor a quelquefois employé ses disponibilités à reporter des rentes, mais ces opérations ont été critiquées.
Les explications qui précèdent supposent que le terme est plus cher que le comptant, mais la situation peut se retourner et le comptant valoir plus cher que le terme : dans ce cas on dit qu'il y a déport. Le déport est indiqué à la cote officielle dans la colonne des reports, mais le taux est suivi de la lettre B qui signifie boni.
Dans le cas du déport, les propriétaires de titres vendent au comptant et rachètent à terme, ils encaissent la différence.
Le déport se produit lorsqu'il y a un gros découvert et que les acheteurs exigent la livraison réelle des titres, les vendeurs à découvert sont obligés de se les procurer et paient parfois de grosses sommes pour les ohtenir.
Dans les opérations à terme, la situation d'acheteur est généralement préférahle à celle de vendeur, car l'acheteur possède contre le vendeur un moyen d'action qui n'est pas réciproque. Tout acheteur à terme peut se faire iuimédiateraent livrer les titres achetés en liquidation, c'est ce qu'on appelle Vescompte. L'escompte a pour but, en obligeant un vendeur à découvert à acheter des titres, de produire un mouvement de hausse. Cette faculté laissée à l'acheteur peut être très onéreuse au vendeur, elle est quelquefois léonine.