I. HISTORIQUE
Les mythes et les livres les plus anciens font mention de l'or. C'est ainsi qu'il est fait mention dans la Genèse d'un ileuve allant au pays d'Havila où le premier homme devait trouver de l'or et qu'il est question dans l'expédition des Argoriautes de la conquête d'une toison d'or.
Dans tous les cas, par suite de son éclat et de son poids particuliers, et de son existence fréquente à l'état natif, il est très vraisemblable qu'il a dû s'offrir à l'attention des hommes avant et mieux que l'argent qu'il a fallu le plus généralement dégager de l'état de combinaison.
Tout d'abord l'or, soleil des alchimistes, éblouit : il sert de parure. Les premiers essais d'industrie locale révélant sa fusibilité et sa malléabilité, on le fond, on le frappe uniquement pour perfectionner cette parure ; on l'accumule pour accroître son luxe et sa richesse sous forme de vases et d'ustensiles divers : tels étaient en 222G les pendants d'oreilles de 2 sicles, les bracelets et vases offerts par Éliézer à Rebecca.
Objet de luxe, l'or devenait par cela même sujet de troc ; puis en s'accumulant il en devint le principal moyen. C'est sous cette forme d'objets de luxe ou de lingots que Noé le premier l'aurait, diton, employé. Plus tard David, pour payer l'aire d'Oman le Jébusite, lui donna GOO sicles pesant d'or. Et longtemps chez les Grecs et les Égyptiens jusqu'aux l'tolémées le siclc, la mine et le talent ne furent que des poids d'or. Au fur et à mesure (|u"on connaît mieux les aptitudes et qualités maitresses de l'or : valeur intrinsèque, facilité d'accu-
1. Celte f[uestion des oppositions a clé traitée avec loule l'importance qu'elle comporte dans le Traité du Trésor public de Pallaik et IJuméhii> et diins ['Instruction aux Payeurs du ii décembre 1879. Ce dernier document, édité par l'Imprimerie nationale, émane du ministère des linaiices.
OR
mulation, de conservation et de transport, facilité d'alliage, de divisibilité et difficulté d'altération, cet instrument d'échange se perfectionne.
Si les espèces monétaires or sous la forme actuelle n'apparaissent que tard, en Lydie avec les chryséides, en Asie avec les dariques, en Grèce avec les pliilippes, à Rome avec l'aureus, le scrupulus et le solidus, cela tient moins au défaut de connaissances de l'époque qu'à ce fait que l'or, par suite de la disproportion de sa vuleur avec celle des produits quotidiennement échangés, ne comportait pas un fractionnement aussi commode que celui de l'argent, ce qui a permis à M. Cochut de dire fort justement que l'or, ce souverain du monde, comme tous les despotes, a un côté faible : l'excès de son pouvoir.
Il est surtout très répandu dés la plus haute antiquité comme dans la suite des temps sous forme d'objets de luxe ayant souvent un caractère artistique. Abraham avait beaucoup d'or et le livre de Job parle déjà de l'affinage de l'or. L'arche d'alliance éta'it couverte d'or très pur travaillé par des orfèvres déjà habiles, Béséléel et Ooliab, et provenant de bijoux, vases, meubles chaldèens et égyptiens.
Si parfois l'or est moins usité que l'argent, comme au temps de Josué, c'est que sa présence à la surface du sol devenant de plus en plus rare et les procédés actuels d'extraction n'étant pas connus, il y avait arrêt momentané dans la production. Il réapparaît en abondance au temps de Salomon dont la vaisselle et le temple étaient d'or. Après la Lydie, la Grèce elle-même, qui en paraissait dépourvue, eut les fécondes mines du mont Fangée.
Le luxe romain, byzantin et sacerdotal a fait le plus grand emploi de ce métal. Le nombre et le prix des objets d'or augmentent encore sous les rois normands avec des maîtres tels qu'Otho et Baldwin, à la Renaissance avec Benvenuto Cellini, sous Louis XIV avec Germain.
De nos jours les perfectionnements du plaqué et du doublé et l'invention des procédés galvanoplastiques out considérablement étendu l'emploi industriel de l'or. Il est maintenant partout dans la décoration et l'ameublement ; et la seule nomenclature des objets d'orfèvrerie soumis au contrôle de la garantie occupe toute une série de pages dans le dictionnaire de Trescaze.
Après n'être entré dans la plupart des systèmes monétaires que sous la forme de très grosses pièces, jouant un peu le rôle des billets de banque de nos jours, il a lini par y prendre avec l'augmentation du prix des choses les plus usuelles, une place aussi large qu'utile sous forme de pièces telles que les agnels et louis d'or, la livre sterling (26 fr. lô c), la pièce de 20 marks ou guillaume (24 fr. 50 c), les 20 couronnes de Suède (27 fr. 80 c). les impériales russes (20 fr. 60 c), notre pièce de 20 fr. et ses similaires. Il s'y trouve aussi en pièces de 5 et 10 fr. ou analogues dont la suppression ou le peu d'emploi est largement compensé par l'accroissement d'usage des pièces précédentes. ( V. Monnaies, n» 8.)