Avant la Révolution
La pairie était une institution féodale. Elle se ratlachait essentiellement au régime des grands fiefs et des arriére-fiefs et se reproduisait à tous les degrés de la hiérarchie.
Sous Philippe-Auguste, les pairs du royaume constituant la haute pairie étaient au nombre de douze; six pairs séculiers : le duc de Normandie,
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le duc do Bourgogne, le duc de Guyenne, le comte de Flandre, le comte de Champ;igne et le comte de Toulouse ; six pairs ecclésiastiques : l'archevêque de lUims et les tvèques de Laon, de Laiigres, de Beauvais, de Cliàlons-sur-Marne et de Ko\ on.
La haute pairie, telle qu'elle était constituée sous Philippe-Aui;uste. lut uiodiliée par ses successeurs. De nouveaux pairs jouissant des mêmes privilèges que les anciens furent créés : au xiu' siècle on leur adjoignit les grands olliciers de la couronne ; plus tard les rois en nommèrent par ordonnance : ainsi. Krançois l" décida que les enfants de France, puis les princes du sang, auraient la qualité de pairs. Il en choisit même en dehors du sang royal. Dès ce moment, la pairie ne constitua [dus un pouvoir ayant l'importance politique que lui avait reconnue le régime féodal ; elle devint une prérogative.
Dans les derniers temps de la monarchie, le titre de pair devint même purement honorilique. Le seul privilège elVectif attaché à la pairie était le droit (|ue ses membres avaient de siéger au Parlement et de n'être juges que par cette haute cour, en cas d'accusation criminelle.
Quelle que fut son origine, qu'elle appartint de droit aux grands feudataires de la Couronne ou qu'elle fût de création royale, la pairie était héréditaire, se transmettant de mâle en mâle par ordre de primogénilure. Il y eut cependant des pairies féminines, notamment celle du comté de Soissons érigée par Louis XII en faveur de Claude de France, sa lille, et celle du comté de Pentliièvre érigée par Charles IX en faveur d'un Luxembourg et de ses héritiers des deux sexes.
La pairie fut supprimée à la Révolution par la loi des 3-11 septembre 1791. Lors de sa suppression, elle ne comptait que 49 membres répartis en cinq classes : 1° les princes du sang pairs-nés ; 2° les princes légitimes ; 3° les six pairs ecclésiastiques ; ■i° les pairs laïques dont les patentes avaient été régulièrement vériflées ; 5° les pairs laïques dont les patentes n'avaient pas été vérifiées et qu'on appelait pairs à l'égard du roi.