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Placement et instruction des enfants

Tout nouveau-né admis à l'hospice dépositaire doit être immédiatement confié à une nourrice sédentaire. L'emploi du biberon doit, autant que possible, être écarté. [Cire. 3 août 18G9.) Toutefois les élèves ne doivent séjourner à l'hospice que le temps strictement nécessaire et être confiés de suite à des femmes de la campagne. {Instr. \" avril 18C1 e< 3 aoiît 18G9.)

Le prix de la journée à rembourser pour ce séjour à l'hospice dépobitaire est arrêié tous les cinq ans par le préfet, sur l'avis du conseil général. (L. du h mai 1869, art. 4.)

Une indemnité peut être accordée aux nourrices obligées à un déplacement long et dilTicile. {Cire. 23 aoiU 1849.)

Les enfants doivent rester en nourrice jusqu'à l'âge de G ans. Ils sont ensuite, autant que faire se peut, mis en pension chez des cultivateurs ou des artisans. {D. 10 janv. 1811, art. 8 et 0 ; Instr. Sféor. 1823.)

Cependant les nourrices peuvent conserver jusqu'à 12 ans (aujourd'hui 13 ans) les enfants qui leur ont été confiés, aux conditions ordinairement requises pour cet âge.

Dès ([ue l'enfant a atteint l'âge de G ans, le nourricier est tenu de l'envoyer régulièrement k l'école.

Le maire de la commune du placement, sous la protection duquel se trouve réglementairement placé l'enfant, doit également veiller à ce que les

ENFANTS ASSISTÉS

ENFANTS ASSISTES

enfants assistés suivent les classes. Il les inscrit d'otEce en cas d'omission.

Le bénéflee de la gratuité leur est acquis par la loi du 16 juin 18S1.

Les instituteurs et institutrices sont chargés do toutes les fournitures, comme aussi, à défaut de la commune, du chautî'age des locaux scolaires moyennant une indemnité de 0 fr. 75 c. par mois pour les enfants de 6 à 9 ans, et de 1 fr. pour les enfants de 9 à 13 ans. (Cire. 3 aoilt iS6^ etL. 28 »ior5 ISSC.)

La pension cessant à 13 ans, on doit pourvoir à l'avenir des pupilles.

En vertu des règlements (D. 30 vent, on V, art. 3. 5, I9janv. 1811, art. 17 à 20) les élèves doivent autant que possible être maintenus à la campagne, les commissions hospitalières devant faire des transactions particulières avec ceux qui voudront se charger des enfants. (D. 30 vent, an V, art. 13.)

L'on doit en conséquence s'attacher à placer les élèves dans des familles honnêtes, laborieuses, pouvant leur donner une éducation morale et professionnelle et en même temps leur procurer un bien-être matériel sutTisant.

Les personnes chez lesquelles sont placés les enfants de 13 ans ou qui, les ayant élevés jusqu'à cet âge, les conservent, doivent leur apprendre un métier ou les appliquer à l'agriculture.

Un acte d'engagement est passé en présence de deux témoins, devant le maire de la commune de l'engagiste, et en triple expédition.

11 doit être stipulé dans ces actes soit le paiement d'une somme d'argent, soit la fourniture d'un trousseau ou d'objets mobiliers au profit de l'élève à l'expiration de l'engagement.

Les engagements ne peuvent être faits pour une trop longue durée; cette durée est généralement de quatre années. L'enfant n'est donc lié, dans les conditions actuelles, que jusqu'à l'âge de 17 ans.

A l'expiration de l'engagement on peut en contracter un nouveau.

Les sommes stipulées soit au moment de la rédaction du contrat, soit pendant le cours de l'apprenlissage au profit de l'élève, sont versées à son nom à la caisse d'épargne.

En dehors de ces placements chez les particuliers et industriels, le conseil général de la Seine, reprenant, sur l'initiative de M. le D'' Thulié, une idée déjà préconisée par le maréchal Bugeaud qui considérait la colonisation de l'Algérie par les enfants abandonnés comme le meilleur élément du progrès de notre nouvelle conquête, puis par M. de Tocqueville qui dans une brochure de 1852, traitant des enfants trouvés et orphelins pauvres comme moyen de colonisation de l'Algérie, signalait et énumérait les avantages de ce mode de peuplement, résolut en 18SC de créer en Algérie une école professionnelle d'agriculture et d'horticulture qui fonctionne depuis le 1*'' janvier 1889.

Les diverses tentatives faites en 1839 par l'évèque d'Alger, Dupuch, en 1842 par l'abbé Bruniaiild à BoulTarick et à Ben Aknoun, mal conduites, mal administrées, avaient abouti à un échec complet. Profitant de l'expérience acquise, le conseil général a fondé son établissement sur les bases suivantes :

Les élèves sont recrutés parmi les jeunes garçons de 13 à 17 ans, bons sujets, robustes, doués de goût pour les travaux agricoles, et acceptant, eu toute liberté, leur envoi en Algérie. Us reçoivent dans l'école l'enseignement professionnel et sont en même temps formés à l'apprentissage d'un mé-

tier se rattachant à l'agriculture : forgeron, charron, tonnelier, etc.

Après avoir satisfait à 20 ans au service militaire, qui en Algérie ne dépasse pas une année, il leur est accordé à leur sortie définitive de l'école des avantages qui leur permettent de devenir propriétaires d'un domaine assez étendu sur lequel ils peuvent s'établir et vivre honorablement.

Sur la proposition du Gouvernement, le Parlement a voté le 28 avril 1886 une loi autorisant la concession gratuite au département de la Seine, pour les enfants assistés, de terrains domaniaux comprenant, dans le département d'Alger, les terres de KeddaraetTalakhalifa d'une contenancede 1,223 hectares 67 ares 12 centiares; et, dans le département de Constautine, les terres disponibles de l'Azel-en- Marva d'une superficie de 2,031 hectares 50 ares.

Les conditions de la concession portaient que les terrains devaient être utilisés soit pour l'établissement d'une école professionnelle, soit pour le lotissement entre d'anciens élèves qui s'y établiraient comme colons , chaque lot ne pouvant dépasser 40 hectares.

En 1887 un généreux bienfaiteur, l'abbé Roudil, fit donation, au département de la Seine, de propriétés situées à Ben Chicao, près Médéah, d'une contenance de 1,507 hectares 02 ares 50 centiares, et, par une disposition testamentaire, légua à sa mort (janvier 1888) un nouveau domaine de 142 hectares, sous la condition que l'administration de l'assistance publique donataire installerait et entretiendrait à perpétuité un établissement d'enfants assistés chargés de l'exploitation des terres.

C'est sur ces propriétés, domaine de Ghérabas, que commence à fonctionner la nouvelle école dont les constructions ont été évaluées à 230.561 fr. Les premières plantations faites consistent en vignes.

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