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Densité

Il convient d'examiner maintenant une des parties les plus importantes de la démogra[)bie au point de vue économique, nous voulons parler de la densité de la population, sujet sur lequel M. Levasseur et plusieurs auteurs ont fait des études particulièrement approfondies.

« Les hommes, dit .M. Levasseur ', ne se groupent pas au liasard sur le sol. Ils se fixent et se multiplient d'ordinaire là où ils trouvent un milieu propice. Ce sont tantôt les qualités du sol, sa constitution géologique, sa configuration, le régime des eaux, le climat et tantôt des circonstances politiques ou économiques qui le rendent propice. La nature et riionune sont ainsi les grandes causes de la distribution de la population, comme de la production des richesses. La nature ne change guère et il y a des conditions sociales qui persistent pendant des siècles. Aussi n'est-il pas étonnant que la Flandre, l'Alsace, la Normandie, la liretagne, la vallée du l'o, les environs de Londres, qui ont depuis plusieurs siècles été signalés comme étant très peuplés, tan-

]. /." l'opuldlion fravraisc. l'.-iris, 1889-1890.

dis que la campagne de Rome était déserte relativement, soient encore aujourd'hui au nombre des régions où la population est très dense. »

La densité de la population est le rapport entre l'étendue d'un pays et le nombre d'habitants qui la couvrent. La cause principale de la densité est la richesse industrielle et commerciale.

Ramenée au territoire actuel de 52,885,490 hectares, la France avait en 1801 une densité de 50 habitants par kilomètre carré. Elle compte aujourd'hui 72.5 habitants pour la même unité de superiicie. Chaque kilomètre carré a donc en moyenne gagné 21 habitants. .Mais à chacune de ces deux époques le chifTre qui exprime la densité générale n'est que la résultante, la moyenne de la densité des 87 départements. Dans chaque département les arrondissements, les cantons, les communes sont atîectés de densités dilTérentes. Plus l'unité administrative choisie pour base du calcul de ces densités est petite, plus il est facile de se rendre un compte exact de la répartition véritable de la population.

Les arrondissements qui ont la plus grande densité sont : Paris, 30,058 habitants par kilomètre carré; Saint-Denis, f ,6f4; Sceaux, 1,446; Lille, 780; Marseille, 632 ; Lyon, 468 ; Valenciennes, 336. Ceux dans lesquels la densité est la plus faible sont : Barcelonnette, 13.4 habitants pur kilomètre carré ; l'uget-Théniers, 13.8 ; Castellane, 13.9 ; Briançon, 17.2; Digue, 18.5; Sisteron, 19.2; Embrun, 19.7.

Un fait économique à relever, c'est que, en général, les arrondissements qui avaient la densité la plus faible en 1801 , ont perdu encore des habitants, de façon à avoir une densité plus faible encore en 1886. Il y a exception pour les arrondissements de la Corse, dont la densité a presque doublé. Les arrondissements qui avaient, par contre, une forte densité en 1801, l'ont souvent vue doubler, tripler et quadrupler eu 1886. La population appelle la population.

Au commencement du siècle la population se portait principalement vers la frontière du Nord et tout le long de la mer de la Manche jusqu'à Brest. Aujourd'hui cette densité a fléchi sur certains points du rivage normand, mais la population est devenue très dense tout le long des côtes de l'Océan, depuis Brest jusqu'à la Gironde. Les rivages de la Méditerranée ont vu également doubler leur population spécifique. L'agglomération dont Lyon était le centre en 1801, a gagné tous les départements environnants et a rayonné dans tout le bassin du Rhône, de la Saône et dans la Basse-Auvergne. Le cours de la Loire, enfin, est aujourd'hui marqué par des populations deux fois plus compactes qu'au commencement du siècle.

Si l'on fait abstraction des villes, on constate que la densité de la population rurale n'éprouve pas d'aussi brus(iues cliangenients, d'une région à l'autre, que si l'on considère la densité de la population totale. La plupart des départements se groupent, à cet égard, autour de la densité moyenne qui est de 50 habitants par kilomètre carré. Les départements du Midi se distinguent en général par leur faible densité rurale ; c'est précisément dans ces régions (|ue la population urijaine domine. Le déi)artement des Bouches-du-lihône, pour ne citer qu'un exemple, a une densité générale de 118 habitants par kilomètre carré ; taudis que les campagnes n'y comptent pas 36 habitants pour la môme superficie.

L'etudi- de la densité de la population est intime

POPULATION

POPULATION

meut liée à l'étiule de la gt'-ologie, de ragrioidture et de rt^conomie générale (lu pays dont ou s'occupe. La carte, dressée par l'auteur du présent article, de la densité des comuuiues de France uioutrc ([u'il suffît d'un cours d'eau, d'un chemin de i'er. du croisement de deux routes, souvent même d'une couche de terrain contenant des sources, ou des richesses minérales, pour créer une zono d'agglonuTalion. Il sutlil au contraire d'une lande, d'une foret, d'un marécage insalubre, ou d'une plaine de grande culture pour écarter la population. Aussi îa physionomie d'un pays, au point de vue de la dislrihution des liabilants. est-elle la conséiiuence de sa nature même : en Bretagne, eu Vendée, la population vit éparpillée comme dans le Limousin.

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