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Qnals, bassins et darses

Quais. Quais d'ëchouage. Quais à flot. — L'organe essentiel d'un port est le quai. On appelle quai l'ensemble formé par l'ouvrage contre lequel les navires accostent et par les terre-pleins auxquels cet ouvrage est adossé.

Dans les ports à marée, on distingue les quais d'èchouage contre lesquels les navires échouent à basse mer ; les quais à grande profondeur le long desquels il reste à basse mer une profondeur d'eau suffisante pour faire flotter les navires; enfin les quais à ilôt distribués autour de bassins dils bassins à flot, isolés de la mer par une écluse.

Les quais d'èchouage, très économiques et d'un accès rapide, conviennent à la petite navigation, mais ne peuvent desservir les grands navires que l'échouage fatigue trop. Les quais à grande profondeur (Anvers, Rouen) conviennent très bien quand la dénivellation de marée n'est pas trop forte ; autrement l'oscillation du navire devient gênante pour les opérations et le quai dispendieux par sa hauteur qui atteint alors de 15 à 20 mètres.

Les quais à flot sont généralement préférés et souvent nécessaires, seulement la présence des écluses augmente à la fois les dépenses de premier établissement et celles de fonctionnement, en même temps qu'elle allonge un peu les opérations d'entrée et de sortie.

Mu7-s de quai. — Les quais sont généralement bordés de murs en maçonnerie. On emploie cependant quelquefois des estacades en bois qui durent moins, mais coûtent aussi beaucoup moins cher. En Amérique, où le bois est abondant, ce système est très développé. Il mérite attention, même en Europe, comme permettant de desservir les besoins du commerce sans immobiliser d'aussi grands capitaux. Le fer n'a guère été employé jusqu'ici que pour l'exécution, sur certains points, de longues jetées-débarcadères pour les services de voyageurs et de messageries, à grande vitesse.

Largeur des quais. — La largeur convenable pour les terre-pleins des quais dépend de la grandeur des navires, c'est-à-dire de ce qu'ils portent au mètre courant et de la nature du trafic, suivant qu'il s'agit de marchandises susceptibles d'être empilées à de grandes hauteurs comme les grains en sacs, ou qui doivent être étalées comme les lilts de vin, ou enfin fpii sont destinées à être transbordées directement soit dans les wagons, soit dans les bateaux de navigation intérieure. Les mêmes différences doivent être prises eu compte quand il s'agit de combiner le nombre et l'emplacement des voies ferrées ainsi que ce qu'on appelle l'outillage, c'ostà-dire les appareils de manutention et les hangars d'abri. Dans les grands ports, \vfi. (piais sont sou-

vent spécialisés et c'est ce qui vaut le mieux. Sous cette réserve on peut dire que les terre-pleins d'un quai de grande navigation non spécialisé, c'est-àdire apte à tous les trafics, ne doivent pas avoir moins de 80 mètres de largeur, y compris les voies charretières et les voies ferrées au nombre de trois au moins. Le chiffre de 100 mètres est souvent admis.

Bassins et darses. — Les quais sont le plus souvent disposés autour d'espaces généralement rectangulaires nommés bassins. Nécessaire pour les quais à flot commandés par une écluse, cette disposition est motivée aussi par le besoin de placer un plus grand développement de quais dans un moindre espace, de façon à ne pas trop s'écarter du centre des agglomérations. Dans les ports sans marées, on remplit ce but en disposant le long du rivage une série de redans bordés de quais sur trois faces et séparés par des espaces nommés darses. La même disposition peut être employée dans les mers à marée pour les ports en eau profonde (Brest).

Avant-ports et rades. — En avant des bassins ou darses on doit trouver un espace, nommé avantport, qui sert à la fois de port d'èchouage, si les bassins sont à flot, et de bassin d'évolution et où, de plus, l'agitation de la mer achève de se briser. 11 y a beaucoup de ports séparés de la mer par un long chenal étroit dans lequel la vague se brise facilement.

Dans les ports qui ouvrent directement sur le rivage, l'agitation de la mer est un danger et si l'on ne se trouve pas dans une rade naturellement abritée, il faut y remédier par des ouvrages maritimes intérieurs (jetées, môles) très dispendieux. Les rades sont d'ailleurs très utiles à la navigation générale comme lieu de refuge et, au point de vue militaire, de rassemblement, et c'est ce qui a conduit à la création de rades artificielles comme Cherbourg en France, Portland, Plymoulh, Holyhead en Angleterre.

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