‹ Dictionnaire des financesChapitre 2257 sur 3112 · I. DÉFINITIONS ET DIVISION · texte numérisé non relu

I. DÉFINITIONS ET DIVISION

Dans le langage courant, le substantif « richesse » éveille la même idée que l'adjectif « riche» et suppose une concentration un p<.'u excepliooneile des biens de ce inonde. Mais quand la science économique parle des « ricliesses « en général et quand la science financière parie de la « richesse publique » ce n'est plus l'opulence seule qui est en cause. La richesse publique d'un pays comprend tout ce qui, sur son territoire, p(jssède une valeur appréciable en argent. La propriété sous toutes ses formes et le capital à tous ses degrés en font partie intégrante. Le denier de la veuve s'y totalise avec le portefeuille du millionnaire ; les chauiuières s'y confondent avec les châteaux.

11 convient même que ceux qui raisonnent sur la richesse publique considèrent, en même temps que l'ensemble des capitaux, l'ensemble des revenus, ajoutant ainsi aux produits des biens meubles et immeubles les produits du travail humain, traitements, salaires, profits individuels de toute sorte... A capital égal, deux familles ou deux peuples pourront se trouver, comme richesse, dans des conditions inégales si l'activité personnelle crée d'un côté des ressources plus abondantes que de l'autre. Dans la |»lupart des cas, cependant, il existe une proportionnalité, au moins relative, entre la richesse-capital et la richesse-revenus.

L'important, étant données les deux interprétations possibles du mot, est qu'il n'y ait jamais d'équivoque.

La richesse publique constitue le milieu dans lequel les finances publiques se meuvent et s'alimentent; la statistique linaucière ne saurait donc se poser de problèmes plus importants que ceux qui tendent à évaluer la richesse des divers États, à en suivre les variations et aussi à eu rechercher la distribution intérieure. « Un travail de cette nature, disait Lavoisier {De la richesse territoriale de la France)^ contiendrait toute la science de l'économie politique ou plutôt cette science cesserait d'en être une; car les résultats en seraient si clairs, si palpables, qu'il ne pourrait plus y avoir diversité d'opinion '. »

Ces questions, longtemps jugées insolubles, ne sont pas encore de celles auxquelles on peut répondre avec précision; mais les solutions approximatives que nous avons appris à élaborer présentent déjà, pour les hommes de science et pour les hommes de gouvernement, un intérêt considérable.

Afin de mettre dans notre exposé le plus d'ordre possible, nous concentrerons d'abord nos recher-

1. Voir aussi Turgot, Réflexion sur la formation et Ut diatrihulion des richesses, cl]ai)itro XC et suivants.

RICHESSE

RICHESSE

ches sur la France et nous parlerons successivement de ses capitaux et de ses revenus. >'ous jetterons ensuite un coup d'oeil comparatif sur les autres nations.

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