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Fortnnes privées et richesse nationale

Cette expression, capital national, demande, elle aussi, à être nettement définie. Ceux qui l'emploient ont en vue, les uns le montant des fortunes privées, les autres la fortune même de la nation considérée dans son ensemble. Les deux interprétations ne sont pas identiques. Ainsi, quand on totalise les fortunes privées des 38 millions d'habitants qui peuplent la France, il n'est que Juste d'y comprendre les rentes sur l'État, qui constituent pour l'ayant droit un actif, dans toute l'acception du mot. Mais pour l'État, les rentes émises sont un passif, et par conséquent, lorsque c'est la fortune collective de la nation que l'on cherche à chiffrer, il ne faut pas plus parler des fonds d'État possédés par les nationaux que des créances, hypothécaires ou autres, existant de Français à Français : tout cela se neutralise. Que si une partie de la dette a passé à l'étranger, il faut réduire d'autant l'actif nalional. Et ce que nous venons de dire des fonds d'État est également vrai des emprunts départementaux, communaux, etc. La situation est encore à peu près la même pour les titres des sociétés anonymes, chemins de fer et autres ; pour les billets de banque, etc. l'ar contre, lorsqu'on ne compte plus ces diverses catégories de valeurs mobilières, il faut naturellement faire état des biens collectifs qui en forment le gage : domaine de l'État, domaines départemental et communal ; encaisse et portefeuille des banques, etc. C'est ce qui fait qu'eu somme la fortune nationale arrive à ne pas différer très sensiblement, au moins en France, du montant total des fortunes individuelles.

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