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Evaluations antérienres basées sur des méthodes diverses

Des évaluations très supérieures à la nôtre ont été proposées, à des époques où la France était certainement moins riche qu'aujourd'hui. Mais leurs

1. C'est la loi du 21 juin 1875 (jui, pour les immeubles ruraux, a porté le multiplicateur de 20 à 25.

3. Lo nii-proprii'tîiiro paie comme s'il recevait la pleine propriété et l'usufruilior jiaio moitié.

RICHESSE

auteurs avaient commis des fautes de raisonnement plus ou moins graves.

M. Elisée Reclus, l'éminent géographe, a supposé que. pour passer du revenu national au capital national, il suffisait de capitaliser au denier vingt les 25 milliards de revenu qu'il attribuait à la population française. M. Reclus arrivait ainsi à 500 milliards, ce qui est un beau chiffre, et M. le docteur Talandier, député de Paris, n'hésitait pas à considérer ces 500 milliards comme une évaluation plausible de l'ensemble des capitaux possédés par les Français'. M. Sciama, ingénieur, allait plus loin et nous attribuait, dans sa munificence, 400 milliards de richesse immobilière et 200 milliards de richesse mobilière, en tout 600 milliards. Les publicistes qui ont formulé ces énormités oubliaient que, si les revenus additionnés des Français peuvent atteindre 25 milliards, plus de la moitié de ce chiffre représente des salaires, fruit du travail individuel, et non des intérêts de capitaux *.

Laissant de côté ces improvisations malhenreuses, nous allons d'abord réunir sous les yeux du lecteur les évaluations des hommes du métier.

J.-B. Say, sous la Restauration, comptait pour la richesse immobilière de la France 60 milliards, et pour sa richesse mobilière 60 milliards aussi, total 120 milliards. C'était bien trop pour l'époque.

M. Maurice Block, en 1873, croyait pouvoir « hasarder», comme mesure approximative des progrès de la richesse en France, les indications que voici ■":

j^ Propriélé Capital

immobilière, mobilier,

milliards. milliards.

On remarquera que, pour éluder l'écueil des doubles emplois, M. Block s'abstenait de totaliser. Voici d'autres évaluations que nous groupons, à titre de curiosité, sans prétendre les discuter une à une :

Richesse Richesse Richesse Auteurs BalfS. iœmobiliere mobilière. totale.

milliards. millia^'ds. milliards.

M. E. de Girardiu' . . 1853 92 33 125

M. Wolowski*. . . . 1861 120 55 175

M. le duc d'Aven'' . . 1872 lOO 95 195

M. le D"^ Vacher*. . . 1878 216 44 260

M. A. Amelin= .... 1878 i3ô 105 240

M. S. Monys 1881 115 101 216

t. Voir le tableau inséré à la fin de son livre : l'Impôt.

2. Voir le Journal officiel du 23 décembre 1S71, séance de l'Assemblée nationale du ii.

3. Voir le Journal des Économiste! de mai 1875. Voir aussi Revenu, salaire, et capital, 1872.

4. Voir le Journal de la Société de ttatistique, année 1878, p. 281.

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