II. STATISTIQUE
L'alimentation est le premier besoin de l'homme, c'est celui qui grève le plus lourdement nos budgets individuels.
« La nourriture, dit M. Cheysson, absorbe 73 p. 100 du revenu pour une famille à l'étroit, 57 p. 100 pour une famille à l'aise. »
La production et la distribution des substances alimentaires constitue dans tous les pays le principal élément de l'activité économique, tn France, sur les produits bruts de l'agriculture, évalués par M. de Foville à 13 milliards 1/2, les denrées alimentaires figurent pour un total appro.\imatif de 11 milliards 1/2.
Le commerce des objets d'alimentation n'est pas moins important; en 1891, les importations ont été de l,Gd2 millions, les exportations de SOS millions, soit, au total, 2,460 millions ou 28 p. 100 de l'ensemble de notre commerce extérieur.
La prépondérance des denrées alimentaires se retrouve dans les recettes d'octroi : à Paris, sur 144 millions perçus, 94 millions ou plus de 65 p. 100 proviennent des boissons ou des comestibles.
Le budget de l'État, comme celui des villes, prélève une large part sur les dépenses consacrées à la nourriture ; presque tous les articles d'alimentation sont taxés. A la frontière ils acquittent un droit dit prolecteur, dans le pays ils paient des taxes de consommation, de détail, de circulation et autres, sans préjudice des droits d'octroi.
Pour se rendre compte du rôle des substances alimentaires, il suffira de parcourir la partie statistique de ce travail dans laquelle on a condensé, autant qu'il était possible de le faire, tout ce qui a trait à la production et au commerce des objets ser\-ant à l'alimentation.
L'abondance ou la faiblesse de la récolte a donc une imijortance de premier ordre dans notre économie sociale ; elle influe à la fois sur le bien-être individuel des citoyens et sur la situation ûnauciére du pays.