Blés
Après les États-Unis, la France est le principal producteur de blé du monde entier. .Notre récolte a atteint :
1882 122,13a, 000 hectolitres.
DICT.DKS PI.N. — II
1887 112,45t>,000llOCtoiitrcs.
i8»y i08,;i:;o,ooo —
1890 lit), 9H:, 000 —
Cette production pourrait être facilement augmentée, car notre rendement à l'hectare est très faible. D'après l'enquête agricole de 1882 le nombre d'hectolitres récoltés à l'hectare se classe de la manière suivante :
Ansloturro lloflando .
Norvège. .
Daueinark.
Bolgi(iue 21,50
Suède Franco
Ce qui nous met au 7° rang en tlurope et nous oblige trop souvent, d'exportateurs que nous pourrions être, à devenir importateurs pour des quantités assez considérables.
Dans la dernière période décennale, l'excédent net de l'importation des blés sur l'exportation a été, y compris les gruaux et farines :
Hectolitres.
Hectolitres.
Eu 1882 . .
Eu 1887 . .
En 1883 . .
En 1888 . .
En 1884 . .
En 1.S89 . .
En i8o5 . .
En 1890 . .
Eu isstj . .
Eu 1891 . .
La valeur de ces denrées, déduction faite du prix de celles exportées, a été :
En 1882 . .
En 1887 . .
En 1883 . .
En 1888 . .
En 1884 . .
En 1889 . .
En 1890 . .
En 188G . .
En 1891 . .
C'est une moyenne de plus de 251 millions que nous avons payée chaque année à l'étranger.
La consommation du pain est considérable en France. M. Cheysson l'estime à 15 p. 100 de la dépense totale consacrée à la nourriture ; la ration moyenne journalière est évaluée par M. de Foville à 530 grammes pour la période 1870-18S0; elle n'était que de 324 grammes de 1821 à lS30.
Cette progression dénote incontestablement un accroissement de bien-être ; toutefois, à mesure que l'aisance se répand, la nourriture devient plus variée et la consommation du pain diminuerait, si elle ne tendait à remplacer de plus en plus les farines de maïs et de sarrasin qui, pendant si longtemps, ont constitué l'alimentation principale dans certaines régions.
Le prix du pain a toujours été une des principales préoccupations des gouvernements ; on a cherché à en établir la fixité par un système fort compliqué d'importation anglaise appelé échelle mobile et, plus tard, par l'établissement d'une caisse spéciale destinée à établir des compensations entre les hauts et les bas prix des farines ( V. Caisse de la Boulangerie, Échelle mobile). Puis on en est venu au commerce libre des céréales, mais les améliorations apportées dans l'industrie des transports ayant provoque la concurrence des blés étrangers, on a abandonné cette pratique et les blés étrangers ont été frappés, par la loi du 28 mars 1885, d'un droit dit protecteur à l'entrée de 3 fr. par quinlal, qui a été porté à 5 fr. par la loi du
29 mars 1887 sous la condition qu'il pourrait être diminué ou même supprimé temporairement lorsque la situation de la récolte ferait craindre pour l'alimentation publique. 11 a été ramené à 3 fr. pour la campagne 189t-1892.
Voici, pour la période décennale de 1882 à 1891, les prix moyens du blé et du pain :
Blé lei 100 kilogr. 1'
Pain, le kilogr.
qualilé. 2^ qaaiilt. 3' qualité.
1882 27f69 Of39 O^U 0f30
18St 23 10 0 34 0 29 0 26
Ce tableau montre que le droit dont le blé a été frappé n'a pas été, comme on l'a dit, sans influence sur le prix du pain, qui, malgré une récolte abondante, a été plus cher en 1887 qu'en 18S6.