Conséquences du système
Bailly, dans son Histoire futancière de la France, se demande s'il ne fallait pas une secousse violente pour sortir de la situation quasi-désespérée dans laquelle Louis XIV avait laissé le Trésor. Nous ne partageons pas cet avis. Il n'était pas besoin de secousse violente pour liquider le passé, une économie sévère y eut sutli.
Sourd aux enseignemeuls de l'expérience, le régent vivait au jour le jour et c'est seulement parce que Law lui promettait de satisfaire à ses prodigalités et à celles de la cour qu'il se rallia au système, mais au lieu d'en régler et d'en modérer l'application et de mettre \n\ frein à l'agiotagi;, il c(nitrihua lui-même puissamment à développer la lièvre de spéculation qui avait saisi la nation tout entière.
Kii remettaid ainsi entre les mains de Law, sans contrepoids et sans contrôle, toute la fortune de la i'ranc»', le reg(;id, par son iniprévoyanee, contribua
SYSTÈME DE LA^Y
à la ruine du système et à celle de ses trop coaflants adeptes.
Toutefois on ne peut s'empêcher de reconnaître que les résultats immédiats du système furent matériellement avantageux pour le Trésor, qui put ainsi recouvrer nombre de droits aliénés depuis longtemps et profiter des circonstances pour réduire de plus de 350 millions le capital de ses engagements tels qu'ils existaient eu 1715 et pour en diminuer les arrérages de 40 millions environ, tout en réalisant l'unification de sa dette. En outre, et malgré la durée éphémère de son fonctionnement, le système eut pour conséquence d'aider le commerce et de développer considérablement toutes les industries de luxe.
Par contre, les maux qu'engendra le système furent incalculables. En dehors des ruines particulières qu'il occasionna, il eut cette conséquence fâcheuse d'entraîner dans sa chute jusqu'à l'apparence du crédit public et de rendre de longtemps impossible la création d'une banque nationale. Incontestablement enfin, il fut un des ferments qui contribuèreut le plus à la démoralisation des classes élevées de la société ; il devint indirectement une des causes les plus actives de la Révolutiou.