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IV. SECONDE COMPAGNIE PES INDES

Seul débris du système, la Compagnie des Indes lui survécut pendant près de 50 ans, mais réduite à un rôle purement commercial par les arrêts des 22 mars 1723 et juin 1725, elle ne devait pas mieux réussir que les sociétés analogues qui l'avaient précédée. Elle n'en jeta pas moins pendant quelques années beaucoup d'éclat.

Dupleix, un de ses gouverneurs, avait rêvé de reconstituer à son profit l'empire des Mongols dans un moment ou les agents de la Compagnie anglaise des ludos ne songeaient qu'à s'enrichir par la voie des échanges. Profitant de divisions intestines entre les princes indiens, il parvint en peu de temps à soumettre à son pouvoir près du tiers du pays. Sa mésintelligence avec La Bourdonnais, la coupable indifférence du gouvernement de Louis XV et des directeurs de la Compagnie empêchèrent de tirer parti de ces brillants succès. Lally-ToUendal, successeur de Dupleix, perdit pied à pied ces conquêtes: cerné enfin dans Pondiehéry il dut se rendre le IG janvier 17G1. Avec lui disparaissait l'inllucnce française dans les Indes.

Les frais de ces guerres prolongées, joints aux goiits de faste et de dépense des agents de la Compagnie, eurent bientôt absorbé et au delà les bénéfices que pouvait procurer le commerce des Indes; aussi après le trailé de Paris (17G3) qui consacrait la prise de possession de l'Angleterre, le Conseil du roi se pronon(;a pour l'abolition du privilège de la Compagnie. [Arr. 13 août 1769.)

Aussitôt la Compagnie se mit en li(iuidalion: elle céda au roi tous ses droits et toutes ses propriétés à Lorient, à Bourbon et à l'île de France ainsi que tous ses comptoirs de l'indoustan et du Bengale En retour le roi lui donnait une somme de 30 millions en un contrat de 1,200,000 livres de rentes avec assignatiiui sur la ferme des tabacs. En vertu de lettres patentes du 9 février 1770, ce contrat fut aussitôt employé à une loterie de 12 millions eu rentes viagères pour mettre les actionnaires en état d'ac(|uilter une partie de leurs engagements exii;ibles.

TABACS

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Bieutôt on jugea préférable, dans l'intérêt ilr lu Conipagnie, de ses créanciers et de l'État, de l'onlier an roi la liquidation de Tentreprise. (Délib. 7 arril 1770.)

Los actionnaires remirent donc au roi la totalité de leurs biens et s'engagèrent en outre à fournir lô millions. Le roi devait servir \'2'o livres aux actions jusqu'à leur remlioursement à 2,.')ûO livres. La comparaison de l'aclif au passif promettait au Trésor une perspective de bénélices de 30 millions, ce qui paraissait sullisaut pour compenser les dépenses et les incertitudes de la litiuidation.

En 1785, un édit du 14 avril établit, sur la proposition de Calonne, une « nourelle Compagnie des Indes pour une période de 7 années de paix », avec privilège exclusif du commerce et du trafic des côtes orientales d'Afrique, de Madagascar, des Maldives, de la mer Rouge, du Mogol, de Siam, de la Cochinchine, de la Chine et du .lapon, mais il dégageait cette concession de tout droit de souveraineté. Les privilèges de cette compagnie furent vivement attaqués à l'Assemblée nationale par Mirabeau et peu après ils furent supprimés (17'J0). Ainsi diminuée, la seconde Compagnie des Indes n'en continua pas moins à subsister: elle avait encore un grand nombre d'afTaires engagées, des navires et des valeurs de toutes sortes, aussi ses actions étaient-elles cotées à des prix relativement assez élevés.

Bientôt elle subit le sort commun à toutes les compagnies. L'l']lat lit apposer les scellés sur tous les magasins (JG Juillet 17i);i) et remit aux actionnaires en échange de leurs titres des inscriptitms de rente au pair sans tenir compte de la dé|)réciation des cours. (/>. 1;")-'21 aoiit I7'J3, art. 31.)

La liquidation de l'entreprise ne fut guère terminée qu'en 17'J5. Quelques années plus tard il devait encore en être question une dernière fois à la suite du traité du 7 mars ISlô qui instituait la renie de l'Inde. La constitution de cette rente donna lieu en elTet à des réclanuUions de la |)art des anciens actionnaires qui virent irailleurs leurs prétentions repoussées en vertu des lois sur l'arriéré.

J. DUR.VNT DIC S.viNT-ANnut;.

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