Vente des tabacs de luxe
La vente des tabacs dits de luxe a été pendant longtemps réservée aux entrepôts de vente directe dont le nombre a toujours été restreint. Le public ne pouvait se procurer ces produits de qualité supérieure qu'en les faisant venir à ses frais de Tun de ces établissements.
11 n'en est plus ainsi aujourd'hui. Non seulement tous les débitants sans exception, même ceux des villes où il existe un bureau de vente directe, ont, en vertu d'un décret du 29 octobre 1S88, la faculté de vendre des cigares, des scaferlatis et des cigarettes de luxe, mais encore les simples consommateurs habitant soit la campagne, soit une localité où ces espèces ne sont pas offertes en vente peuvent recevoir toutes les variétés de tabacs de luxe qu'ils désirent.
11 leur suffit pour cela d'adresser à l'entreposeur de leur circonscription une demande conforme à un modèle donné et de verser immédiatement, à titre de dépôt, une somme équivalant au cinquième de la valeur de leur commande, atin de garantir le Trésor du remboursement des frais de transport de ces matières au cas ou ils renonceraient à en prendre livraison. Leurs commandes leur sont remises franco lorsqu'elles atteignent 25 fr.
Grâce à ces facilités, ainsi qu'aux soins apportés au choix et à la conservation des espèces nombreuses de tabacs de luxe mis à la disposition du public, la vente de ces produits a pris un développement marqué.
En cinq années, de 1887 à 1891 inclus, les ventes se sont élevées de 59,637 kilogr., pour 3,826,899 fr., à 80.694 kilogr. représentant une valeur de 4,973,994 fr., c'est-à-dire qu'elles ont prospéré de 35 p. 100 en ce qui concerne les quantités et de 30 p. 100 quant aux produits.