La télégraphie jusqu'à Chappe
Si haut que nous remontions dans l'histoire du monde, nous trouvons trace de l'emploi de systèmes télégraphiques.
Eschyle, dans sa tragédie d'Agamemnon, nous fait connaître comment Glytemnestre apprit la prise de Troie à l'aide de feux allumés de distance en distance.
Malgré les perfectionnements apportés successivement par des esprits ingénieux, notamment par Polybe (204-122 av. J-C), à ce moyen de correspondance, la transmission des nouvelles fut toujours limitée à l'envoi d'ordres militaires ou de phrases convenues à l'avance.
La colonne Trajane, construite en 112 et dont les bas-reliefs représentent l'expédition de Trajan contre les Daces, nous a laissé le dessin de la tour à signaux des Romains.
Durant le moyen âge, des inventeurs proposèrent une série de télégraphes plus ou moins chimériques IPorta (1Ô40-1G16), père Kircher (1602-1680), l'rancois Kesler, second marquis de Worcester (1650)].
Robert Hooke (1035-1703) proposa une méthode témoignant d'un observateur habile et d'un esprit infiénieux. Le système du philosophe anglais consistait à représenter les lettres par des corps opaques dont on observait la forme dans l'espace.
C'est à un piiysicicn franrais, Guillaume Amontons (1003-1705) que revient l'honneur d'avoir appliqué le premier les instruments d'optique à l'observation des signaux aériens, entrant ainsi dan» la voie que Chappe devait parcourir avec tant de succès.