‹ Dictionnaire des financesChapitre 2748 sur 3112 · Comédie-Française · texte numérisé non relu

Comédie-Française

Ce titre a servi presque sans interruption depuis deux siècles à désigner la troupe des comédiens qui, réunis en société par acte notarié du 5 janvier 1681. ont conservé jusqu'à nos jours l'ensemble de leurs traditions, grâce à la force d'une organisation int(rieure puissante et â l'autonoinie qu'ils ont possédée dans les limites que leur laissèrent d'abord les prérogatives royales, ensuite les règlements des goiitilshomines de la chambre', enfin les décrets du

15 octobre 1812 et du 27 avril 1850.

Lorsque l'arrêt du conseil de 1G29 eut découragé les Confrères, Louis XIII permit aux comédiens de l'Hôtel de Bourgogne de s'intituler « Troupe royale ».

1. Le premier gentilhomme est juge en dernier ressort des déhuts, dos admissiuiis et dus retraites, distributeur suprême des récompenses, des iieiiios et des amendes. (Vivien et Ed. Rlanc, Législation des théiitre.s.)

THKATRES ET CONCEKTS

Ils avaient, ooiiiuie rivaux, les acteurs du thoàtro ilu Marais et ceux do la troupe de Molière, devenus, t'n It'iCJ, les « Couiédious du roi » et ses pensionnaires, car il leur donnait la salle et une annuité de G à 7 mille livres. Molière étant mort, Louis XIV réunit les deux entreprises rivales par un ordre du IS août IGSO. suivi d'une Irltro de cacliet du :i octobre suivant :

• .... Sa Majesté a ordonné ot ordonne qu'à l'auenir lesd. lieux troupes de comédiens fraui^ais seront réunies ponr ne faire qu'vne seule et mesnie troupe... Sad. Majesté veut (lue lad. seule troupe puisse représenter les comédies ilaus Paris... etc. "

L'année suivante, le roi donna une sirtiveution de 12,000 livres qui fut maintenue pendant son règne et celui de Louis XV. Le loyer restait aux frais delà Comédie alors installée rue Mazarine, mais, la troupe ayant, été desservie auprès du roi dont le goût pour les plaisirs commençait à s'éteindre, reçut l'ordre d'avoir à quitter dans trois mois les bâtiments qu'elle occupait. Un a voulu voir dans cette expulsion inattendue rintluence de M"'° de .Mainteuon et de son entourage. Quoi qu'il en soit, ce ne fut qu'après mille démarches pénibles et des retards préjudiciables à leurs intérêts pécuniaires que les acteurs français purent acquérir au prix de 60,000 livres le .lieu de paume de ['Étoile (rue de l'Ancienne-Comédie, n" 14) où ils dépensèrent 19S,'233 livres y compris l'achat du terrain, les « pots-de-vin et déilommagements ». De là l'origine des charges fort lourdes que les désastres politiciues et linanciers de l'époque rendirent plus accablantes de jour en jour. En 1757, le déficit était de 487,000 livres, le Gouvernement dut aviser. Un édit eu quarante articles réforma les abus Qt devint, pour le théâtre, une sorte de constitution administrative et tinancière.

Sauvés ainsi, les sociétaires obtinrent la salle des Tuileries qui, cette fois, ne leur coûtait rien; ils y restèrent douze ans après lesquels ils èmigrèreut dans celle de l'Hôtel de Condé.

Pendant la Hévolutiou, la Comédie reçut le titre de Théâtre de la Nation, mais, à la suite de dissentiments intérieurs, une partie de la troupe alla donner des représentations dans la salle du Palais- Koyal que les acteurs du Théâtre-Français occupent encore à notre époque. Les événements politiques achevèrent la désorganisation déjà comjnencée. « La tête de la Comédie-Française sera guillotinée, avait dit Fouquier-Tinville, et le reste déporté. <> L'histoire des Comédiens jusqu'en 1799 devient d'une complication extrême. Us jouent à l'Odéon, à Louvois, a la Cité, au Marais, àFeydeau; ils vont môme parfois en province. Cependant, le 30 mai 1799, ils se retrouvent en société dans leur salle actuelle, obtiennent en ls02 une subvention de 100,000 fr. par an, sont réorganisés par le décret de 1S03 et par l'acte de société du 17 avril 180-i. Enfin le décret de Moscou ' I .') octobre 1812), modifié et complété par celui du 27 avril 1800, intervient pour inaugurer le régime en vigueur aujourd'hui.

Xapolèon I*'' aimait à se faire suivre dans ses résidences par les Comédiens français dont il se montrait fier devant l'Europe. 11 les manda près de lui a Erfurt (1808, frais: 71,20-4 fr.) et à Dresde 1813, 10."), 300 fr.). 11 payait 144,000 fr. les loges impériales.

Actuellement, l'organisation de la troupe se résume ainsi : les artistes sont en société; ils peuvent s'adjoindre des pensionnaires à traitements fixes;

THÉÂTRES ET CONCEIITS l-]83

les appointements des sociétaires se composent d'une allocation déterminée et d'un prélèvement sur les excellents de recette, proportionnel à leur part sociale. Toutefois, la somme provenant de cette dernière source n'est pas remise entière au sociétaire : il n'en reç'oit inunédiatement que la moitié, le reliquat devant être placé en dépôt dans un établissement de crédit pour être capitalisé au profit de la caisse des pensions, et ne revenir au comédien que le jour de sa mise à la retraite.

Voici, pour ([uatre périodes de dix ans, le montant du droit des pauvres et du droit des auteurs :

, , Ui'cottea Droit Droit

Aunées. ... , j .

journalières, des pauvres, des auteurs.

1851-1860 7,(i02,.171 (iyO,131 780,02;'.

1861-1870 i),tiO!t,l!i6 yi6,8,'")2 l,lt)5,!l71

Soit une moyenne annuelle pour la période do 1871 à 1880 de 1,520,218 fr,

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