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États du roi Jean, de Charles V et de Charles VI

La guerre de Cent ans avait ruiné le trésor royal, les sacrifices arrachés aux Ktals provinciaux ne suffisaient plus, (juand le roi .lean réunit en décembre 13.")5 les États généraux à Paris. Le pouvoir était faible, les besoins immenses; les dé|)utés tirèrent parti de cette situation et iin[)0.sèrenl leur volonlé. En échange de .') millions de livres à lever sur la vente des marchandises, ils obtinrent une ordonnance célèbre, datée du 2S décembre lo:')."), qui réforma les abus, releva le taux des monnaies, améliora la justice,, étai)lit la percei)lion directe de l'impôt par les Etats et un contrôle au sommet de la iiiérarchie fmanciére. Deux autres sessions, tenues en mars et en mai, conlirmèrent le contrat intervenu entre le roi et les députés tout on substituant à l'impôt indirect une taxe sur le revenu. Malheureusement la défaite de Poitiers transforma le mécontentement en colère : les Étals se réunirent pour châtier » les méchants conseillers » du roi. En mars 1357, une nouvelle ordonnance développa les principes contenus dans la première : le roi était prisonnier des Anglais, le dauphin hésitant, les députés pleins d'audace; le prévôt des marchands, Etienne Marcel, se saisit du gouvernement; président du tiers, il s'était montré sage dans les premières sessions; à partir de 1357, il se sert des États pour dominer et conduire un mouvement sans issue; il voulait faire à Paris ce qu'avaient tenté les riches comnnincs de Flandres. Emporté par les passions qu'il avait déchaînées, il périt; le dauphin, qui s'était échappé de Paris, tint à Comi)iègnc (mai 1358) des États dans lesquels furent proclamées de sages réformes, parvint à la fois à dompter la Jacquerie et à rétablir son autorité dans Paris. Le souvenir des violences qui avaient accompagné et suivi les États généraux contribua à les discréditer dans l'esprit des hommes du xiv^ siècle.

En même temps se produisit un fait que nous verrons se renouveler à toutes les époques. Dans la période de calme qui suivit les événements de 1355 et de 1357, Charles Y s'appliqua à réaliser la plupart des réformes qu'avaient souha'itées les États généraux; la justice fut améliorée, les monnaies plus stables, la perception de l'impôt plus régulière; adoptées par la royauté, les doléances populaires entraient dans les lois.

Ctiarles V rassembla quatre fois les députés, mais les sessions fort courtes eurent toujours un objet limité : la défense du royaume contre les incursions des grandes compagnies (juillet 13G7), la déclaration de guerre à l'Angleterre (mai 13Gy), la pénurie du trésor (Rouen, août 1369), et enlin le vote de 12 deniers pour livre sur la vente des marchandises, impôt qui rappelait et continuait celui qui avait été levé pour la rançon du roi .lean (Paris, décembre 1369); tel fut le résultat des délibérations des députés sous un règne qui avait vu renaître la prospérité.

Le régne de Charles VI ne fut qu'une longue anarchie. Pourtant au milieu des querelles des Armagnacs et des Bourguignons, les États généraux se réunirent à Paris en 1413. L'Université prit la direction de l'assemblée : on entendit de puissants orateurs et bientôt sortit de leurs délibérations une ordonnance pleine de sagesse qui réorganisait h; parlement et la chambre des comptes, leur confiait le contrôle de la justice et de la comptabilité, ne

ETATS GÉNÉRAUX

ETATS GÉNÉRAUX

remaniait pas les impôts, mais assurait, en les régularisant, la perception des revenus. Cet acte, bientôt annulé par la faction des Armagnacs, demeure le témoignage des vœux éciairés de la bourgeoisie au commencement du xv^ siècle.

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