I. SrrDATION FORESTIÈRE DE LA FRANCE
1 . Coatenance, répartition et valeur de la propriété forestière.
Les forêts occupent en France une superficie de 9,304,249 hectares, d'après les tableaux de répartition des cultures dressés par l'Administration des contributions directes, en vertu de la loi du 9 août 1809. Ce chiffre rapproché de celui de la contenance de la France, 62,857,310 hectares, représente pour les forêts une proportion de 17.7 p. 100 de la surface entière.
Cette proportion, pour la Russie, atteint 40 p. 100; Suède, 34 p. 100; Autriche, 29 p. 100, Allemagne, 26 p. 100; Turquie d'Europe, 22.2 p. 100; Italie, 22 p. 100; SuLsse, 18 p. 100; Grèce, 14 p. |00;
Espagne, Belgique, Hollande, 7 p. 100; Angleterre, 4 p. 100.
La comparaison des surfaces boisées des Etals de l'Europe place sous ce rapport la France au huitième rang, immédiateuienl a|irès la Suisse.
Les deparlements les plus boises de France sont : les Landes, 4 7 p. 100; le Var, 42 p. 100; les Vosges, 3.") ji. 100; Il Gironde, ifi |). 100. Les moins boisés sont : le l'as-de-Calais, ,') [). 100 ; la Vendée, i p. 100 ; la Manche, 3 p. 1.00; la Seine, 2 p. 100.
Dans le patrimoine de l'Etat llgurent un certain nombre de forêts créées sur les dunes de l'Océan pour arrêter l'envahissement des terres par le sable rej(>lé i)ar la mer et poussé par les vents ; ces forêts, d'une contenance d'environ G(i,000 hectares, sont peuplées presque exclusivement de jiin maritime. Dans la contenance des bois domaniaux sont inscrits 90,000 à 100,000 hectares de terrains achetés (laM,-> les périmètres de reboisement situés dans les hautes montagnes qui sont ou seront repeuplés en essences appropriées au climat et à l'altitude. Ces travaux ont pour but de corriger les torrents et de rendre les inondations plus rares et moins violentes.
En dehors des forêts et des terrains cultivés, la France comptait, lors de la confection du cadastre, |)lns de 8 millions d'hectares de landes et de terrains incultes. Cette surface n'est plus que de G, 700, 000 hectares. La mise en valeur a donc porté sur plus de 1,300,000 hectares et est due surtout à des repeuplements en essences forestières. Les travaux les plus importants ont été exécutés dans les départements des Landes, de la Gironde, dans la Sologne et dans la partie de la Champagne entre Troyes et Uethel. Les essences employées sont lo pin maritime et le pin sylvestre. Les résultats obtenus ont été des plus satisfaisants et des plus rémunérateurs, et les conditions hygiéniques de ces régions ont été très heureusement modifiées. Ces repeuplements sont dus presque complètement à Finitiative privée.
Le dernier tableau des propriétés de l'État qui ait été publié fixait à 1,263 millions de francs, fin 1879, la valeur en capital des forêts domaniales, soit à peu près 1,300 fr. par hectare.
Four l'ensemble de la propriété boisée, les évaluations de l'administration des contributions directes sont bien moindres : 642 fr. l'hectare en 18.j0, 745 fr. en 1879. Voici, d'autre part, les moyennes obtenues, lors de l'enquête de 1882 : pour les taillis, 1,569 fr., 1,202 fr., 947 fr., 725 fr., 509 fr. (^^ 2«, 3^ 4" et b" classes); pour les futaies, 2,330, 1,836, 1,433, 1,116 et 762 fr.