Artillerie des gardes nationales mobilisées
La garde nationale de province ne fournit pas seulement des hommes. Elle contribua encore à la défense par la création d'un grand nombre de batteries destinées à remplacer l'artillerie détruite dans nos premiers désastres et à compenser même, s'il se pouvait, la supériorité numérique de l'artillerie allemande.
Les arsenaux étaient vides, le ministère de la guerre avait peine à trouver les officiers, les ouvriers, les matériaux, et même les modèles nécessaires pour la constitution d'une artillerie nouvelle. On résolut donc de faire appel, pour la construction, à l'industrie privée et, pour les ressources à créer, de s'adresser aux finances locales, comme on avait fait pour l'organisation de la garde nationale mobilisée.
Un décret du 3 novembre 1870 décida en conséquence que chaque département devrait mettre sur pied, dans le délai de deux mois, une batterie de campagne par cent mille âmes do po|)ulation. La première devait être prête à marcher dans trente jours.
Les batteries montées, équipées et pourvues de tout leur personnel et leur matériel, y compris les officiers, devaient être fournies aux frais des départements et à la diligence des préfets. L'État se réservait d'en disposer; en ce cas, il remboursait
1. Pour l'application de celte disposition, voir Cire. 30 sept. 1S73 du min de IHniér. eoncerlée avec le min. des fin. Voir également Cire. dir. gén. de l'enregislr. 4 OCl. 1873.