Charges incombant à la ville de Paris en 1814 et
Le jour de l'entrée des alliés dans Paris, le 31 mars 1814, la caisse municipale contenait 100,000 fr. et, dès le lendemain, le gouverneur nommé par les souverains, le général russe Sacken, en exigea 50,000 pour les premiers besoins de sa maison. Comme il fallait assurer cependant la nourriture des 55.000 lioinmes et des 20,000 chevaux qui campaient dans Paris, on lit pour 2 millions de bons de caiss ; à deux mois d'échéance, puis on recourut à un emprunt forcé en prenant pour base
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les cotes foncières, persoimelles et mobilières. Cette coutribiitiou extraordinaire devait produire environ 5 millions ; on les escompta en faisant traite sur les douze percepteurs de Paris. C'était là un emprunt d'apparence révolutionnaire, dû à l'initiative hardie du préfet de la Seine, le comte de Chabrol; mais il permit du moins d'alimenter le comité des subsistances cliargé de répoudre aux réquisitions des généraux alliés. L'occupation de Paris dura cmq mois et pendant ce temps les dépenses furent, en chillres ronds, de 5 millions, se répartissant ainsi :
Frais d'hôtel des officiers 1,000,000 fr.
Isourriture dos chevaux 2,27.ï,0ûO
Grains et farines 8i54,O00
Frais de transport et achat de légumes. 174,000
Eau-de-vie et vin 154, cou
Bois, charbon et autres fournitures. . . 151,000
Maude 700,000
Le Trésor indemnisa la ville de Paris au moyen de bons a longue ecliéance et jusqu'à concurrence de 2 millions seulemeut. La ville, de son cùlé, parvint à rembourser aux citoyens la cotisation municipale de 18 li.
L'invasion de 1815 imposa à Paris de bien plus lourdes charges. La ville eut à dépenser cette fois, non pas 5 millions, mais 45 millions. 11 est vrai que l'occupation dura 117 jours, du 8 juillet au 2 novembre, et que l'elVectif des troupes à nourrir était bien aulremcnt considérable cette fois. Il y avait 1 iO,000 hommes et 50,000 chevaux. En outre, au lieu d'avoir à traiter avec l'empereur Alexandre, le préiet,qui était de nouveau le comte de Chabrol, se trouvait en face du vindicatif Bliicher et de l'iu- Uexible Wellington, le duc de Fer, l' « Iron Duke », comme l'appelait ses compatriotes. Blilrher aurait A'oulu frapper les Parisiens d'une contribution spéciale de 100 millions. Louis XVIli lit écarter cette demande et la capitale s'en tira avec 44,700,000 fr. de frais, sur lesi|uels 17 millions avaient été dépensés pour la nourriture des hommes et 12 millions pour celle des chevaux. Ou se les procura comme en 1814, par une émission de bons, un emprunt forcé de 9 millions et, tiualement, un emprunt régulier de 31 millions voté en 1S17. L'Élat u'iutervint pa-^ cette fois pour dégager la ville et la totalité de ces 44 millions fut supportée par elle jusqu'à la fin.