Centralisation du contrôle
Cette centralisation du contrôle extérieur s'opèrant par la suppression successive des diverses inspections générales au profit d'un corps unique d'inspection était corrélative à un mouvement analogue de centralisation du contrôle intérieur exercé, au profit de l'autorité miuistérielle et de l'unité d'action, sur les directions générales elles-mêmes.
Le service de la comptabilité publique, chargé de la concentration des résultats financiers des difl'érentes branches de l'administration, avait paru d'abord désigné pour accomplir cette œuvre. « Le baron Louis, a écrit le marquis d'xVudiftVet dans son introduction au Système financiei' en France, m'avait remis à la fois la direction de la comptabilité publique et celle derinspecliou générale des finances, en étendant leurs descriptions, leurs vérifications et leur surveillance centrale et mobile à tous les agents et à tous les services financiers, afin de réunir dans le même foyer tous les rayons de la lumière qui devait éclairer le ministre sur chacune des parties et sur l'ensemble de Sa grande administration. » La direction de la comptabilité publique, ayant une action et un contrôle sur toutes les comptabilités qui intéressent l'administration des deniers publics, mais dénuée de toute attribution en ce qui concerne les services administratifs, n'avait aucun moyen pour uiiliser les éléments d'information que lui permettait de réunir la connaissance des travaux de l'inspection générale des finances. Aussi, lorsque fut créée, en 1S28, sous le ministère du comte Roy, l'institution du secrétariat général, intermédiaire obligatoire entre le ministre et les régies financières, investi d'un pouvoir étendu de contrôle sur les actes et sur les propositions des directeurs généraux, ce nouveau service devint-il le véritable instrument de la cohésion administrative et de l'unité dans le ministère, en recevant, comme complément naturel de ses attributions, la délégation du contrôle a exercer sur les agents et sur les services extérieurs au m )yen de l'inspection générale des finances. En vertu de l'ordonnance du 0 février 1828 et de l'arrêté du 21 nuirs suivant, c'est au Secrétariat général que se centralisèrent tous les travaux de rins|)ection et c'est à lui (ju'il appartint de leur faire donner la suite convenable. Les deux contrôles, intéri(;ur et extérieur, central et mobile, se fortifiant mutuellement, la tendance des directions générales à s'isoler et à former autant de ministères dans le ministère put être considérée comme délinitivcmont vaincue et la puissante organisation de l'administration financière fut constituée pour unt; Idiigue période.