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V. ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

Il existait déjà, bien avant 1789, des écoles assez nombreuses destinées à i'éducatioTi populaire. On les nomnni'd jJcJ ilc-s écoles, parcequ'on n'y apprenait guère qu'a lire, à écrire et à compter.

Elles devaient leur existence surtout à des legs ou à des donalions faites par les ])articuliers ; les communes et les [)aroisscs faisaient aussi des sacrilices pour assurer à leur population le bienfait d'un enseignement élémentaire. Les écoles ètaieiitplacèes alors sous la tutelle de l'église.

En liiï;}, le concile de Trente ])rescrivit rétablissement, auprès de chaque église, d'une petite école, dont le maître, choisi parFèvèque, devaitinsiruire gratuitement les clercs et les écoliers pauvres.

En 1G81 fut l'ondée, par J.-R. de la Salle, la congrégation des //•c'/x'.s' (le lu doctrine citrclicnne, (jui jouèrent si iongtenjps un rôle dans notre enseignement public dont les esprits les plus prévenus ne sauraient nier l'importance.

Kn 1G98 et en 1724, des ordonnances royales se préoccupèrent de la rémunération des maîtres, qui fut iixée à un minimum de 1:J0 livres pour les maîtres, et de 100 livres pour les maîtresses. Mais beaucoup de maîtres se coutentaient du droit d'ecolcKje payé par les familles (de o à 1.5 sols). D'ailleurs chaque province, chaque commune, chaque paroisse même acquittait à sa guise la redevance scolaire.

Ce fut Condorcet qui eut, eu 1792, l'honneur de présenter à l'Assemblée législative un système complet d'euseignement public, ayant l'instruction primaire pour base.

La Conventiou reprit les idées de Condorcet; elle décréta, sur les conclusions de Lakanal, l'organisation d'un easeignemeot national : les communes devaient créer une école gratuite, fournir le local et le logement des maîtres ; la nation prenait à sa charge les traitements : 1,200 ou 1,500 livres pourles maîtres, 1,000 ou 1,200 livres pourles maîtresses. (7). 7 brum. an II et 27 bnim. an Ilï.)

Mais la veille de sa séparation, la Couveotion rapporta ces dispositions (L. 3 brum. an IV). Plus de traitement lixe, pour l'iusiitutenr ; seulement le logis et la rétribution payée par les familles. Un quart des élèves étaient instruits gratuitement pour cause d'indigence.

Par la loi du 1 1 floréal an X, ce quart est réduit au cinquième.

De 1792 à 181.5, bien peu démesures furent prises relativement à l'enseignemeut primaire, et ce service ne ligure dans les comptes du ministère de l'intérieur que pour une somme de 4,250 fr.

Signalons cependant les décrets des 17 mars et 15 novembre 1808 qui, rédigés dans l'esprit centralisateur de l'époque, placent les écoles primaires sous l'autorité de l'Université, et la fondation, eu 1810, à Strasbourg, de la première école normale pour le recrutement des instituteurs.

On doit à l'ordonnance du 29 février 18Ï6 la création d'un comité cantonal chargé de surveiller et d'encourager l'instruction primaire ; mais le traitement des instituteurs n'est guère encore fourni que par la rétribution scolaire. De plus, le nombre des élèves gratuits n'est plus limité au cinquième.

Aux ternies de la môme ordonnance, le Trésor devait fournir annuellement 50,000 fr. destinés à rétablissement d'écoles-modèles et à l'encouragement des maîtres.

De 1818 à 1829 les sacrifices de l'État s'élevèrent à 532,709 fr. 57 c, soit 48.428 fr. 14 c. par année, en moyenne. La loi de finances de 1829 porta ce crédit à la somme de 100,000 fr.

En 1830, les dépenses payées par l'État atteignirent le chilfre de 262,749 fr. 64 c.

Une ordonnance du 14 février 1830 prescrivit à l'Université de verser, au profit de l'enseignement primaire, le vingtième du montant de ses rétributions, soit 69,000 fr. en 1831 et 71,000 fr. en 1832.

On ignore quelle était, à cette époque, la part contributive des communes. On sait cependant qu'il y avait, en 1832, -il écoles normales d'instituteurs et 32,520 écoles primaires publiques. Parmi ces dernières, 10,316 seulemcnlapparlenaienl aux communes.

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