Hébreux
Le prêt à intérêt a été de tout temps pratiqué par les Hébreux. Suivant la loi de iioïse, le prêt fait par un Israélite à un autre Israélite ne pouvait être que gratuit, mais fe prélèvement d'un intérêt était permis à l'égard de l'étranger. Le législateur destiébreux admettait donc la légitimité du prêt à intérêt et si l'on ne peut aller jusqu'à dire qu'il en ait reconnu toute l'utilité économique, il faut reconnaître qu'il y a vu un moyen de faciliter les rapports commerciaux de son peuple avec les nations étrangères, et il est hors de doute qu'il a mis dans ses mains un puissant instrument de prospérité.
Les enfants d'Israël furent loin d'observer toujours la défense que Moïse leur avait faite de prélever un intérêt dans les prêts qu'ils se faisaient entre eux, ainsi qu'en témoigne l'insistance des prophètes à leur rappeler cette prescription. Les livres sacrés censurent à diverses reprises les usures énormes auxquelles donnèrent lieu les époques de misère ou de famine.
Malgré ces défenses, les Juifs ont toujours pratiqué et pratH|ucnt encore entre eux le prêt à intérêt. 11 est presque inutile d'ajouter que, de tout temps, les Juifs ont largement usé, à l'égard des gentils, de la licence qu'ils tenaient de la loi. On les voit au moyen âge, et pendant plus de ôOO ans, concentrer dans leurs mains le commerce de l'argent ; de nos jours encore, s'ils n'ont pas conservé le monopole tlu con^nerce des capilaux, ils occujieiit cependaiil une place importante dans la haute i)aii(|ue en Europe et gardent, surtout dans les pays musulmans, le moiiojiole de l'usure.