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Ce dernier groupe hiéroglyphique étant répété très-souvent dans les thèmes horoscopiques, il s’abrége ainsi sur les papyrus :
comme les deux précédents s’abrégent ainsi sur les monuments :
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où la difficulté que présentait la gravure sur le granit et sur le marbre a forcé les sculpteurs de substituer des lignes brisées aux lignes courbes primitives.
Ces groupes doivent se traduire par néoménie, absence de lune, nuit sans lune , et ténèbres profondes (1). Mais comme les Egyptiens comptaient leurs mois lunaires
(i) Les Egyptiens donnaient au groupe composé de I’aspic sur la lune, le nom de tptn (edsh), eclesh , ce qui signifie mois ou néoménie.
à partir de la nouvelle lune, ces groupes hiéroglyphiques se traduisent le plus souvent par mois.
M. Champollion le jeune, qui ne croyait pas que la connaissance raisonnée des symboles fut indispensable pour comprendre l’écriture sacrée des Egyptiens, prend ce groupe,
ainsi altéré par la gravure,
pour une éprouvette , instrument dont les Egyptiens se servaient pour connaître la dureté des pierres ou d'autres corps et pour percer les matières dures, et qui , par conséquent, exprime le verbe éprouver et par suite le verbe approuver (1). Puis, pour confirmer son dire , cet archéologue donne le dessin primitif de cette éprouvette prétendue,
ayant soin ici comme dans tous les passages à l’appui de renforcer la queue de 1’ aspic, de telle sorte qu’elle se termine carrément,
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ou du moins que la queue soit aussi grosse que la tête. Cette petite supercherie ne pouvait être reconnue à moins qu’on ne remontât comme nous à la figure première de cette abréviation, chose que M. Champollion était loin de présumer. Mais si, pour ne pas renvoyer le lecteur aux monuments , nous consultons le témoignage
(t) Champollion , Grammaire égyptienne , 2e partie, page 156.
des savants qui ont donné des copies d’autant plus exactes des hiéroglyphes qu’ils n’avaient pas la prétention de les expliquer, on reconnaîtra aisément la falsification de la figure donnée par l’auteur de la Grammaire égyptienne. Caylus (1), qui nous la donne telle qu’il l’a copiée sur les monuments, termine la queue de I’aspic en pointe , telle quelle doit se terminer.
Le bon Kircher lui-même, qui du reste n’était pas très-scrupuleux lorsqu’il s’agissait d’altérer les caractères sacrés, ne s’est pas avisé de toucher à celui-ci. Il donne le dessin d’un Canobe dans lequel est plongé un oiseau ( selon toute apparence une hirondelle, symbole de la lune ) et où l’on voit une inscription hiéroglyphique que je traduis par temps ou époque (2) de la néoménie. Cette inscription hiéroglyphique n’est, du reste, que l’explication de l’allégorie que présente le vase sacré dans lequel l 'hirondelle est plongée.
Il faut bien compter sur la crédulité du monde savant pour donner, comme M. Champollion, une pareille explication de ce groupe hiéroglyphique; on dirait que cet archéologue avait assisté à ces prétendues épreuves des matières dures. J’en appelle au bon sens : est-il nécessaire d’avoir un instrument ad hoc pour connaître la dureté d’une pierre? un marteau, un pic, ou un ciseau, ne suffisent-ils pas pour indiquer le plus ou moins d’adhérence des molécules dans le granit ou dans le marbre? et comment un instrument que M. Champollion représente carré
(t) OEclip. Ægypt., tome m , page 458.
(2) Une étoile ou le disque solaire se traduit par jour, an, ou époque .
à son extrémité frappante pouvait-il servir à percer les matières dures? enfin, en admettant que ce fût une éprouvette, pourquoi signifierait-elle approuver plutôt qu éprouver? En s’appuyant sur la mécanique du sens commun, tout le monde comprendra qu’un instrument destiné à frapper et construit comme la prétendue éprouvette de M. Champollion ne pouvait pas offrir la solidité d’un pic ou d’un ciseau, outils plus simples et par conséquent plus naturels. Si nous consultons les monuments, nous ne trouverons jamais cette prétendue éprouvette entre les mains d’un homme ou d’une divinité, ce qui se serait infailliblement présenté si le dire de M. Champollion avait quelque fondement. Du reste, en traduisant les cartouches qui contiennent, non pas des noms propres, mais des dates, je démontrerai largement l’absurdité de l’explication donnée par l’auteur de la Grammaire égyptienne.
L’aspic, symbole de la mort naturelle lorsqu’on le représente se mordant la queue ,
c’est la mort qui se tue elle-même ; or la mort de la mort c’est I’immortalité : de là vient que ce symbole en est l’expression, et non parce que le serpent en se dépouillant de sa peau semble rajeunir, ce qui faisait croire aux anciens, au dire des Grecs et des Latins, que le serpent était immortel. Les sages de l’Egypte étaient trop bons observateurs de la nature pour admettre une pareille niaiserie; d’autres ont cru que le serpent se mordant la queue était symbole de I’immortalité parce qu’il représente un cercle qui n’a ni commencement ni fin; mJTs alors on eût mis un cercle, ce qui eût été bien plus exact, car la tête de 1’ aspic présente toujours un commencement. Du reste, I’aspic, symbole de I’immortalité , est rarement représenté formant un cercle parfait, peu importe pourvu qu’il se morde la queue. Horus-Apollon (1) voit dans le serpent se mordant la queue ou se dévorant, un emblème de la Nature qui se recrée en se détruisant.
(I) Horus-Apollon, liv. 1 , hiérogl. 5.
L’aspic, symbole de I’immortalitë, enveloppe toujours le nom de I’Etre Suprême, soit qu’on l’écrive en hiéroglyphes
ou avec les caractères de l’écriture sacrée.
Dans le premier exemple tiré d’un abraxas de Montfaucon, I’Être Suprême, IEOUA, qui est tout ce qui est , se trouve désigné en hiéroglyphes par la représentation des quatre éléments réunis qui expriment l’idée de toute chose , et par conséquent celle de I’Être Suprême qui est tout ce qui est. L’eau est ici représentée par une écrevisse (1), le feu par un chien (2), l’air par un oiseau, et la terre par une lionne couchée (3).
Dans le second, l’idée de Dieu grand et fort est représentée par trois ailes d’épervier unies (Y) qui en langue sacrée expriment le nom de I’Être Suprême. Cet abraxas correspond aux tablettes hébraïques où se trouvent trois S dans un cercle.
L’aspic, symbole de I’immortalité , entoure quelquefois le nom écrit en caractères sacrés de certains rois égyptiens qui avaient par leurs vertus mérité d’être considérés comme des dieux sur la terre. Horus-Apollon prétend au contraire que c’était le nom des mauvais rois (4); une pareille erreur n’a pas besoin d’être réfutée. Il faut bien se garder de confondre le basilic figurant un cercle , et qu’on
(1) Voyez Cancer.
(2) Voyez Traité du Zodiaque de Dendérah , ire partie, page 28.
(3) Voyez Sphinx.
(4) Horus- Apollon , liv. 1, hiérogl. 58.
trouve sur le soleil personnifié (le plus souvent homme à tête d'épervier ).
avec Taspic qui se mord la queue. Ce basilic, dont l’image en or surmontait la tête des divinités égyptiennes au dire d’Horus-Apollon (1), et que je n’ai retrouvé que sur les personnifications du soleil, est le symbole de la lumière, et non pas X éternité (2).
L’aspic, se mordant la queue , rendant saint et sacré le nom qu’il enveloppait, devint par extension le symbole de la pureté, de la consécration, et pour tout dire en un mot de I’initiation ; aussi les initiés portaient-ils à l’annulaire de la main droite un anneau en forme d’Aspic.
Les Egyptiens pensaient, je ne sais pourquoi, qu’un nerf vital correspondait du cœur à l’annulaire. Cet anneau rappelait à l’initié ses devoirs et le rendait sacré aux yeux du peuple. Le grand prêtre, après avoir initié et sacré un Pharaon, lui
mettait l’anneau d’initiation au doigt, et cette coutume s’était conservée dans le sacre des rois de France qui, après avoir été oints avec la sainte ampoule, recevaient de l’archevêque de Reims un anneau d’or qu'il lui mettait au quatrième doigt de la main droite, comme signe représentatif de la toute-puissance et de
(1) Horus-Apollon , hiérogl. 1.
(2) Horus-Apollon , qui ( loco cit.) lui donne cette valeur, nous dit que les Egyptiens appelaient ce serpent oùgaîoç, d’autres disent urœus, les Egyptiens l’appelaient ’miN (aurei), racines tin (aur ou or) lumière, et *n (ei) vie ; lumière vitale. La contrée au centre de laquelle était située la ville appelée par les Grecs Daphné, contrée qui se trouve à l’orient du Delta , et où l’on adorait le basilic vivant comme représentant I’Etre Suprême , s’appelait en égyptien ’ntik ( aurai ) , nom qu’on donnait aussi à la ville de Daphné : racines , tin lumière , ’n pays; c’est-à-dire contrée ou pays de la lumière. Nous avons en Bretagne une ville que nous appelons aussi Auray.
l’union intime qui doit régner entre le roi et son peuple, à ce que prétend l’auteur de la Correspondance secrète de la cour de Louis XVI au sujet du sacre de ce roi.
Ce même anneau était aussi l’insigne des femmes mariées qui le portaient a l’annulaire de la main gauche, comme elles portent encore aujourd’hui l’anneau de mariage. Il servait à leur rappeler, comme aux initiés, la sainteté de leur état et à les rendre inviolables aux yeux des hommes, car l’adultère était puni de mort en Egypte. La femme qui s’était laissé séduire était noyée dans le Nil, et l’on crevait les yeux à son complice (1). La moindre privauté qu’on se serait permise auprès d’une femme mariée était punie d’un certain nombre de coups de fouet (2). Les filles, en revanche, jouissaient de la plus grande liberté. On conçoit qu’il était de toute nécessité, dans un pays assez débauché d’ailleurs, d’avoir une marque distinctive qui -servît à reconnaître les femmes d’avec les filles, cette marque était l’anneau nuptial.
L’anneau des initiés était d’or, celui des femmes mariées était en argent, et les vierges de Phtha portaient l’anneau d’or, mais , comme les femmes , à l’annulaire de la main gauche.
Cet anneau, symbole de consécration, fut adopté par les peintres et les sculpteurs romains pour désigner les personnages qu’on avait divinisés après leur mort ; mais au lieu de donner à cet anneau la forme d’un aspic qui se mord la queue, ils se contentèrent de graver I’aspic comme cachet sur une bague romaine. C’est ainsi qu’on a retrouvé les statues des empereurs Auguste et Claude déguisés en Jupiter ou en Apollon, ainsi que plusieurs autres personnages dont le nom est inconnu, portant à l’annulaire la bague décorée de I’aspic. Toutes les statues ou
(1) Diodore de Sicile (liv. 1 , sect. 2) prétend que la femme adultère avait le nez coupé, et qu’on donnait mille coups de fouet au séducteur : Et §s tiç -k "kdtjaç p.or/j.\jau.i , rôv ixèv avSpa pàêdoiç xûixç T:'kn^à.<; la pëavetv sxéievov , frjç Si yuvouy.'oç r>jv pïvu xoloëoûuôca. Les supplices ont pu varier selon les temps ou les nomes, mais toujours est-il que l’adultère était sévèrement puni en Egypte.
(2) Il est vrai que le coupable pouvait, après sa condamnation, entrer en marché avec le mari, et moyennant un présent se soustraire à la flagellation, qui n’était pas une plaisanterie, car c’était le mari qui l’administrait lui-même.
statuettes de ce genre sont en bronze : on a remarqué que cet insigne ne se trouve jamais sur les statues des divinités; en effet, le sculpteur voulait indiquer par l’anneau décoré de I’aspic que la statue, quoique représentant un homme, n’en était pas moins sacrée, l’individu représenté ayant été divinisé par un plébiscite ou par un sénatus-consulte. Winckelmann a vu dans cet aspic, sur l’anneau des statuettes d’Herculanum, la représentation du bâton augurai ( lituus J , e ta prétendu que le sculpteur avait voulu désigner par là la qualité d’augure dont étaient généralement revêtus les empereurs romains. Si Winckelmann y avait regardé de plus près, il aurait vu que ce ne pouvait être le lituus qu’on avait voulu désigner, car la forme du lituus est constante, et celles des aspics qui se trouvent sur les différents anneaux n’ont pas de forme arrêtée. Sur la bague d’Auguste on le trouve représenté ainsi :
sur celle de Drusus il a cette forme :
et sur celle de M. Calatorius c’est presque I’aspic des hiéroglyphes.
Enfin, si les sculpteurs avaient voulu désigner par cet anneau la qualité d’augure, il faudrait supposer qu’il y avait aussi des auguresses, car ce même anneau se trouve au doigt de plusieurs statues de femmes dans ces mêmes bronzes d’Herculanum. Bien plus, dans un tableau représentant Thésée, vainqueur du Minotaure, tableau retrouvé dans les fouilles de Résine, le héros athénien est représenté avec une bague à l’annulaire, laquelle est décorée aussi de Vaspic; le peintre voulait-il désigner par là la dignité d’augure romain dont aurait été revêtu le fils d’Egée ?
J’ai dit que I’aspic, symbole de la mort naturelle, se trouve ordinairement
DES HIEROGLYPHES.
entre les mains d’Isis; on le retrouve également entre les mains des différentes divinités égyptiennes; il sert même à les faire reconnaître (1), mais alors cet aspic, quoiqu'il ne se morde pas la queue , est symbole d’iMMORTALiTÉ. L’immortalité étant la qualité spécifique des dieux, lorsqu’on s’avisa de leur donner une forme humaine, on crut devoir les représenter avec I’aspic pour qu’il n’y eût pas d’équivoque; en effet, un être immortel pouvait seul jouer avec le reptile dont la morsure était réputée incurable (2).
L’aspic, symbole de la mort, devenait par extension le symbole du mauvais principe ; aussi les Egyptiens représentaient-ils Typhon avec des jambes terminées en aspic et tenant des aspics dans ses mains (3). Sur la table égyptienne (4) le génie du mal est représenté avec une tête de crocodile ayant le glaive , symbole de la mort, en guise de phallus, symbole de la vie, comme sur le vase égyptien dont j’ai déjà parlé (5) ; mais Typhon est aussi représenté sur cette même table avec trois têtes d’ASPics qui remplacent la tête de crocodile.
Sur le plafond du temple de Thèbes ( temple de l’ouest consacré au génie des ténèbres ) on trouve Typhon représenté avec deux têtes d’ASPics,
(t) Voyez Plutarque, Traité d’Isis et d’Osiris, et Horus- Apollon , liv. 1 , chap. 1. (2) Hippocrate, Aphorismes.
(5) Voir page 16.
(4) Montfaucon , tome 2.
(5) Voir page 4.
et dans le temple d’Esné c’est un aspic jambe qui figure le mauvais principe (1).
Sur les monuments antérieurs aux Romains, Typhon est le plus ordinairement représenté en pi thermique.
L’aspic, symbole de la mort, devenait le symbole des ténèbres par opposition au basilic (2),
symbole du soleil, de la lumière , et de la vie.
L aspic et le basilic enlacés représentaient l’idée de la divinité suprême, qui est tout ce qui est selon les Egyptiens, et qui réunit par conséquent en elle les deux principes, le bien et le mal, la vie et la mort, la lumière et les ténèbres : ces deux serpents gravés dans la haute antiquité sur le fronton d’un temple indiquaient que ce temple était consacré à la divinité unique, soit qu’on l’adorât sous le nom mystérieux dTEOUA (Dieu) ou d’IEAOU (la Nature). L’aspic et le basilic unis étant devenus 1 enseigne connue d’un édifice sacré, on les plaça ensuite sur les temples des divinités subalternes, puis enfin on les mit sur les édifices publics, et ces deux serpents peints sur une muraille finirent par équivaloir à cette inscription banale qu’on retrouve si fréquemment sur les édifices solitaires de nos grandes villes : Il est défendu de faire ici des ordures (3).
(1) Le serpent f^ru) qui tenta la première femme est ainsi représenté sur les monuments égyptiens , car ce ne fut qu’après la malédiction de Dieu qu’il perdit les jambes. Sur les monuments chrétiens des premiers siècles ce serpent est ordinairement représenté avec une tête d’homme.
(2) C’est le nsï ( TsFH ) , Tseplie des Egyptiens , que les Arabes appellent Tebham- Nasser.
(3) Perse (satire 1 ) fait allusion à celte deunière valeur symbolique de I’aspic et du basilic entrela-
L’aspic, symbole de la mort, devint aussi le symbole du sommeil , frère de la mort (1). Le caducée de Mercure, où Faspic et le basilic s’entrelacent, avait la double propriété d’endormir ceux qui étaient éveillés et d’ éveiller ceux qui étaient endormis, propriétés dues à Faspic, symbole des ténèbres et du sommeil , et au basilic, symbole de la lumière et de la vigilance.
Lorsqu’on trouve un aspic
sur une tombe,
il indique d’une manière positive que celui auquel elle appartient est mort naturellement, c’est-à-dire de vieillesse.
Un homme à tête d’ASPic, s’avançant, les poings fermés, dans une attitude menaçante, et derrière les figurines duquel se trouve une belière,
cés lorsqu’il conseille aux mauvais poëtes de peindre deux serpents en tête de leurs écrits pour empêcher que la critique ne les salisse.
Per me equidem sint omnia protinus alba,
Nil moror. Euge , omnes , omnes bene miræ eritis res.
Hoc juvat : hic, inquis, veto quisquam faxit oletum.
Pinge duos angues : pueri , sacer est locus , extra Mejite !
(1) L’effet du venin de I’aspic aurait suffi pour en faire le symbole du sommeil , en même temps que celui de la mort. Aussi les poëtes lui donnent-ils toujours l’épithète de somnifera.
était la personnification de la mort que certains dévots poltrons faisaient vœu de porter, après avoir échappé à quelque maladie où les avait précipités leur imprudence, le plus souvent la gourmandise, et cela afin d’avoir sans cesse sous les yeux l’image qui, leur rappelant un danger passé, les rendait très-circonspects pour l’avenir.
Je ne parlerai pas, dans ce premier volume, de la valeur symbolique des autres serpents, me réservant néanmoins d’en donner une idée dans les notes, lorsque la connaissance de cette valeur sera nécessaire pour l’intelligence des passages hiéroglyphiques que je traduirai. Je me borne donc ici à faire observer que I’aspic est le seul serpent auquel on ne donne jamais une tète fantastique dans les textes sacrés, tandis que le basilic est souvent représenté avec une tête de Sérapis,
Y hydre avec une tête d’ibis,
le céraste avec une tête de belier, etc.
Je m’étais fait une loi de ne point parler dans ce premier ouvrage, consacré principalement à Y astrologie, de ce qui peut avoir trait à Y alchimie égyptienne, dans laquelle se trouvent compris les remèdes et recettes pour échapper à la mort, pour conserver une éternelle jeunesse, pour rajeunir au besoin, en un mot, pour être immortel ; cependant je ne peux, dans cette circonstance, résister au désir de faire connaître le fameux secret des psylles.
Tout le monde a entendu parler des psylles ; ce sont des charlatans qui possèdent un secret héréditaire pour guérir les morsures des serpents et pour manier les reptiles les plus venimeux sans crainte d’en être mordu. Les psylles étaient
connus dès la plus haute antiquité : on les voit encore aujourd’hui en Egypte jouant avec la vipère hajé ; ils la métamorphosent en bâton (1) ou, pour mieux dire, ils la font tomber en catalepsie en lui crachant dans la gueule, puis ils la réveillent ensuite en la prenant par la queue et en la roulant fortement dans les mains. C’est dans les fêtes religieuses que la corporation des psylles se fait particulièrement distinguer : on voit ces énergumènes, presque nus, portant dans leur besace des vipères, les enlacer autour de leur cou, de leur bras, et s’en servir en guise de ceinture. Ils forcent même ces reptiles à les mordre sans craindre l’effet de leur venin, qui cependant sur tout autre individu provoquerait immédiatement des nausées et des vertiges ; pour exciter l’admiration des spectateurs ils vont jusqu’à dévorer tout crus ces mêmes serpents. On remarque que le serpent le plus intrépide fuit le psylle , si celui-ci n’a pas le talent de l’arrêter en imitant le cri d’amour ; mais le serpent, quelque agile qu’il soit, dès que le psylle lui a mis la main dessus, paraît engourdi. On a publié que les psylles ne faisaient leurs tours qu’avec des serpents apprivoisés, c’est une erreur : le premier serpent venu leur est bon. On croit généralement qu’ils ont la précaution d’arracher les dents canines des vipères, ou du moins de crever les vésicules qui contiennent le venin; c’est encore une erreur mise en crédit par des voyageurs qui veulent tout expliquer à la première vue : la vipère hajé dont les psylles se servent de préférence pour faire leurs tours, et qui ne les mord pas à moins qu’ils ne la forcent à mordre, se jette avec fureur sur tout ce qu’on lui présente, et des animaux soumis à l’expérience ont démontré que la vipère, si patiente entre les mains du psylle , est tout aussi dangereuse qu’une autre.
Les psylles forment une secte à part en Egypte; les plus considérés, c’est-àdire ceux qui imitent le mieux le cri d’amour, sont employés par les gens riches
(1) C’étaient probablement des vipères tombées en catalepsie qui servaient de verge à Moïse, à son frère, et aux magiciens du Pharaon, en présence duquel ils faisaient assaut de miracles (Exode, chap. vu, vers. 10); mais la verge d’Aaron dévora toutes les autres.
pour purger leur maison des serpents dangereux qui peuvent s’y introduire, les autres sont réduits à exercer le métier de bateleurs sur la place publique.
On n’a jamais pu obtenir des psylles leur secret-, ils affirment tous avec effronterie que la faculté de jouer avec les serpents venimeux est le privilège naturel de leur race, et ils prétendent que celui qui n’est pas fils d e psylle ne pourra jamais parvenir à manier impunément une vipère. La même raison fut donnée au chevalier Bruce par les habitants du Sennaar, qui sont tous psylles. Plusieurs gens du peuple, nous dit cet intrépide et judicieux voyageur (1), prétendaient qu’ils avaient un charme consistant dans quelques paroles et dans quelque arrangement de lettres ; mais le fait est qu’ils savent tous le secret de garantir une personne des morsures des serpents en la baignant avec des décoctions d’herbes et de racines. J’ai vu plusieurs de ceux qui avaient été baignés et préparés pour une saison , faire à peu près les mêmes choses gue les gens qui étaient naturellement invulnérables. On me donna les drogues nécessaires. Je me préparai plusieurs fois dans le dessein d’en faire l’ expérience , mais au moment de la tenter le cœur me manguait. Je songeais qu’ils disaient toujours que le charme ne réussirait pas sur moi, parce que j’étais chrétien; et comme ils pouvaient profiter de ce prétexte pour me faire mordre, je ne crus pas devoir m’y exposer. Il est à regretter que M. Bruce ne nous ait pas fait connaître les plantes qui servaient à préparer le bain préservatif de la morsure des reptiles, et surtout qu’il n’ait pas expérimenté sur un animal quelconque la vertu de ce bain. Il paraîtrait que l’habitude où sont les Arabes de mâcher, dès leur jeunesse, une certaine racine pour se garantir du danger qui suit ordinairement la morsure des cérastes (2), finit par incorporer chez eux la vertu de cette racine, ce qui justifie jusqu’à un certain point l’allégation des psylles.
Dieu a toujours mis le remède à coté du poison, et près du reptile dangereux se trouve toujours la plante qui neutralise l’effet du venin. C’est une vérité à
(1) Voyage aux sources du Nil, tome v, page 246.
(2) Loco cit. page 246.
laquelle on ne fait plus attention aujourd’hui, parce que notre médecine se base plutôt sur des systèmes brillants que sur une sage expérience : plus on étudie les livres, moins on observe la Nature; mais en Egypte, terre féconde, où naissent avec profusion les plantes venimeuses et salutaires, où chaque citoyen, plus que partout ailleurs, s’occupait de l’art de guérir (1), on connaissait généralement les sucs préservatifs de la morsure des serpents.
Le suc du sycomore, figuier d’Egypte (2), était le remède employé pour arrêter
(1) Tÿ 7r).stOT « fépei Çdàtûpoç a.povpu
<ï>«pf/.axa, 7 zol\à y.iv èaOhx pepiypéia , noXià §s 1-jypd.
IriTpoç iïk é'xaazo; Èmaràp.svoç nepi iràuzwv
’Av0/3w7tmv. ( Hom. Odyss. ch. 4. )
(2) J’ai déjà parlé du figuier d'Egypte dans une noie de la page 8, de ce fameux kenysiris que Plutarque a pris pour le lierre , probablement parce que la feuille du sycomore
étant sans dentelure se trouve avoir un grand rapport avec celle de cet arbrisseau. Voilà pourquoi les ceintures de feuilles de figuier dont Adam et Eve couvrirent leur nudité, après leur désobéissance, ressemblent sur les monuments byzantins à une ceinture de lierre. Le sycomore (nnpty) est le plus productif de tous les arbres; son tronc donne du fruit et il en produit trois et quatre fois l’année. C’était du fruit de cet arbre dont se nourrissait le premier homme dans le paradis terrestre, et ce figuier produisant un bon fruit sans culture était appelé l 'arbre de vie, symbole de l'instinct ou de l 'innocence (a). Le pommier, au contraire , ne donnant à l’état sauvage qu’un fruit acide qui a besoin d’être amélioré par la culture , était dit l'arbre de la science et devenait le symbole du bien et du mal. Les prêtres égyptiens prétendaient que l’instinct abandonne l’homme en raison de la science qu’il acquiert , et que si l’homme civilisé ne vit que peu de temps, c’est parce qu’il contrarie à chaque instant la Nature. Si le premier homme s’en était lenu à l’instinct supérieur que lui avait départi la Divinité , disent les commentateurs de la Genèse de Thout , il serait resté immortel, car cet instinct lui aurait toujours fait distinguer, bien mieux encore qu’aux animaux, la nourriture qui lui était salutaire, d’avec celle qui pou-
(a) Plutarque, Traité d’isis et d’Osiris, chap. 15, nous (lit que la feuille de figuier peignait hiéroglyphiquement un roi chez les Egyptiens, ou bien le climat méridional du monde ( Bumxéa. xai to votiov xxi/uct zou xén/xov yptKpovn') : à moins que par ce roi il n’entende Osiris , et par le climat méridional du monde la cataracte du sud, par où s’échappe l'eau de Yabym, j'avoue que je ne comprends pas ce qu'il a -voulu dire, et j’atteste que je n’ai jamais trouvé la feuille de figuier signifiant roi ou sud. Mais je suis parfaitement d’accord avec lui lorsqu’il ajoute : /xiQspfAiviuiTcu ri &piov TroTiT-jUof xi*! xxîwij 7r«vTO)v , Xi i) foxd yît'VDTix® /uopiu t m cfufi v £oix£v«(. En effet , l’ar&re de vie devait avoir des rapports avec Yabym , principe d'humidité, et par suite de vie, et surtout avec le phallus, abréviation hiéroglyphique de l’âne, symbole de la vie.
l’effet du venin des reptiles; il suffisait pour cela de laver immédiatement la plaie avec le lait d’une figue verte, de même que les Arabes aujourd’hui arrêtent l’effet de la piqûre du scorpion en frottant sur-le-champ la blessure avec du jus de citron. Mais lorsque le venin avait produit une partie de son effet, alors on faisait avaler au malade des pilules purgatives, dans la composition desquelles le suc de figuier, concrété au soleil, entrait comme base (1). Je n’oserai pas affirmer que ce
vait lui être nuisible ; mais 1 e premier homme ayant voulu aller au delà de Yinstinct pour se jeter dans la science , il était devenu mortel comme les animaux qui n’ont qu’un instinct très-borné. Adam ayant transmis le mal de la science à sa postérité , de là vient que notre vie est si courte , car plus que notre premier père nous dévorons le fruit empoisonné. Le sycomore, dont le fruit avait servi de première nourriture à l’homme , et qui était un remède souverain contre la morsure des reptiles , méritait donc le nom pompeux d ’ arbre de vie (D’*nn yy). C’était avec du bois de sycomore qu’on fabriquait les cercueils de ceux qu’on regrettait et qu’on voulait voir renaître (a). Le figuier d’Egypte, arbre de vie , était aussi le symbole de la vie humaine; et lorsque l’Evangile (b) nous parle du figuier stérile maudit par Jésus, cette allégorie s’explique par la malédiction divine qui doit frapper, au jour du jugement , tout homme dont la vie ne porte pas de fruits , c’est-à-dire qui n’est pas utile à ses semblables. On attribuait au figuier comme à tous les arbres saints, la propriété de préserver de la foudre (c). Le sycomore était vénéré par les Athéniens qui lui donnaient le nom de figuier sacré (d). L’acacia (ntmy) était appelé aussi par les Egyptiens l’arbre de vie, mais il était le symbole de la vie future : c’est toujours Y acacia qu’on retrouve comme arbre de vie sur les abraxas, et une branche de cet arbre était placée sur le cercueil , dans les cérémonies funèbres, comme symbole de résurrection.
(4) La figue entrait généralement dans tous les contre-poisons des anciens. Voici la recette de celui de Mithridate : 2 figues, 2 noix, 20 feuilles de rue, 1 grain de sel, le tout pilé ensemble et pris le matin à jeun.
Antidotus vero multis Mithridatica fatur Consociata modis : sed magnus scrinia regis Cùm raperet victor ( Pompeius) vilem deprendit in illis Syntesim , et vulgata satis medicamina visit
(a) Ou a cru que les anciens Egyptiens employaient le bois de sycomore dans la construction de leurs cercueils parce qu’il est incorruptible, c’est une erreur qui semble justifiée par la conservation des cercueils de momies. Le sycomore, exposé dans un endroit humide, se corrompt comme tout autre bois, et la conservation des cercueils n’était due qu’à leur position dans un hypogée à l’abri de l’air et très-sec. Les expériences du chevalier Bruce (voyez Voyage aux sources du Nil, tome 5, page 7) oht démontré cette erreur; c’était parce que le sycomore était le symbole de la vie qu’on le choisissait de préférence pour en faire des cercueils.
(b) Matthieu , chap. xxi, vers. 18 et suiv. ; S. Marc , chap. xi , vers. 12 et suiv-
(c) Plutarque, Propos de table, liv- 4, 2e quest.
(d) Plutarque , loco cit. , liv. 7, 4e quest.
soit en se frottant avec du lait de figues que les psylles de nos jours parviennent à se mettre à l’abri de la morsure des serpents ; mais les psylles du temps des Pharaons n’avaient pas d’autre secret. Le figuier n’est pas le seul arbre qui jouisse de cette propriété, le frêne la partage si même il ne la possède pas à un degré supérieur. Je ferai remarquer que le serpent ne se trouve jamais sur le figuier, et que, recouvert de feuilles de figuier ou de figues, il tombe dans l’engourdissement comme lorsqu’il est entre les mains des psylles (1). Yoilà pourquoi le paysan qui porta I’aspic à Cléopâtre avait recouvert ce reptile dangereux avec des figues et des feuilles de figuier , car tout autre fruit ou toutes autres feuilles n’auraient offert aucune sécurité au porteur, et cet aspic engourdi ne se détermina à piquer Cléopâtre qu’après avoir été irrité par elle avec un fuseau d’or.
Je ne donne le suc de figuier comme remède contre la morsure des serpents que sur la foi des papyrus où cette recette se trouve avec d’autres qui ont la propriété de rajeunir et même de rendre immortel; n’ayant pas été à même de faire
Bis denurn rutæ folium , salis et breve granum,
Jugulandesque duas totidem cum corpore ficus.
Hœc oriente die pauco conspersa lyœo Sumebat , metuens dederat quœ pocula mater.
( Fragment de Serenus Samonicus , rapporté dans l’Histoire de la médecine de Le Clerc. )
Je pense que les pilules des bramines, antidote souverain contre la morsure des serpents, et dont le colonel Fullarton, qui s’en était procuré par l’entremise du missionnaire Swartz, a reconnu l’efficacité au siège de Carrore, doivent être à peu près comme les pilules égyptiennes; cependant l’effet n’est pas le même : celles-ci devaient être laxatives, tandis que celles des bramines produisent l’effet d’un narcotique et jettent le malade dans le délire.
(1) Le figuier avait , selon l’attestation des anciens , non-seulement la propriété d’engourdir les serpents, mais encore les taureaux les plus furieux qui, du moment où ils étaient attachés de court à un figuier , devenaient doux et patients comme des bœufs domptés; de là le proverbe égyptien : C’est le taureau attaché au figuier , pour dire C’est un homme violent que dompte la nécessité. Toute viande coriace, suspendue au figuier, s’attendrit en peu de temps, et un quart d’heure suffit pour faire qu’un vieux coq, fraîchement tué, soit aussi tendre qu’un poulet. Nos paysans, pour accélérer la vertu du figuier , ont même soin de faire boire du vinaigre à la volaille qu’ils se proposent de manger de suite.
(Voyez Plutarque, Questions de table , liv. 6, 10e quest. )
d’expérience à cet égard, je n’ose affirmer son efficacité; mais voici contre le venin des reptiles les plus dangereux un remède dont je peux répondre :
Prenez 125 grammes d’huile d’olive fine, un litre de vin blanc, mettez-y une forte pincée de son de froment, un peu de sel, et une poignée de liber de frêne; faites bouillir, passez dans un linge, et cette liqueur qu’on peut conserver aussi longtemps qu’on voudra est un remède souverain contre le venin de toute espèce de reptiles.
Lorsqu’on vient d’être piqué et qu’on a le remède sous la main, il suffit, après avoir lavé la plaie avec de l’eau tiède, d’y appliquer une compresse imbibée dans la potion et d’en boire un demi-verre. Mais si le venin a eu le temps de faire une partie de son effet, si le vertige et les nausées se déclarent, alors on en boit un verre d'heure en heure. Enfin, si le malade est enflé, il suffit de suivre le même traitement, mais il faut alors avoir soin de placer sur les parties enflées des cataplasmes de plantes émollientes qu’on fait bouillir préalablement dans le remède, et pourvu qu’il reste au malade un souffle de vie, on peut être assuré de le sauver. Il arrive souvent que des personnes mordues par des vipères et n’ayant été guéries qu’avec des palliatifs éprouvent un malaise général, une inquiétudefébrile, et même quelquefois des nausées, lorsque arrive l’époque où elles ont été piquées. En se servant de la recette indiquée, elles sont sûres de se guérir radicalement, mais je dois prévenir que ce remède, qui ne produit aucun effet sur les personnes qui n’ont pas été mordues, les remettra d’abord dans l’état où elles étaient lorsque le venin agissait avec le plus de force sur elles avant qu’on ait employé les palliatifs.
Les parties constituantes du spécifique que je viens de donner, et que je dois à un pauvre instituteur primaire (1),’ possèdent en particulier la propriété de neu-
(1) M. Bei geon , instituteur primaire à Sablon ( Gironde), a guéri gratis, pendant vingt ans, avec cette recette, tous les paysans qui se sont adressés à lui, et bien souvent lorsqu’ils étaient abandonnés par nos Esculapes campagnards, qui cependant ne les abandonnent qu’à l’agonie. Je dois à l’amitié dont il m’honore le remède que je publie.
traliser le venin des reptiles. Le lieutenant Willam Paterson nous affirme (1) qu’un fermier du cap de Bonne Espérance, qui avait été mordu au pied par un kouseband (serpent jarretière), s’était guéri en trempant son pied dans de l’eau froide où l’on avait mis beaucoup de sel. Le docteur Sjde (2) avait éprouvé que l’huile était le meilleur remède contre les piqûres des scorpions, et il n’en employait pas d’autre. Je trouve dans un Dictionnaire de botanique (3) que pour les morsures et piqûres de serpents on doit avaler du jus de frêne et en appliquer le marc sur la plaie ; et le lieutenant Smith ayant eu son domestique mordu par un covra-manilla , petit serpent très-dangereux del’Indostan, il le guérit en lui faisant boire du vin de Madère chaud et en le tenant, pendant vingt-quatre heures, dans un état complet d’ivresse.
RÉCAPITULATION
L’aspic
est le symbole de la mort naturelle, c’est-à-dire d’une mort douce résultant d’une extrême vieillesse ; il peut être aussi le symbole de toute mort occasionée par une maladie de langueur, mais jamais d’une mort violente.
L’aspic entre les mains d’Isis devient par extension le symbole de la justice divine.
L’aspic se mordant la queue ou se suicidant est le symbole de I’immortalité qui est la mort de la mort.
(1) Quatre Voyages dans le pays des Hottentots et la Cafrerie en 1777, 78, et 79 , par le lieutenant W. Paterson. Appendix (poisons tirés du règne animal ).
(2) Ibid.
(5) Dictionnaire botanique et pharmaceutique. Rouen, 1790.
L’aspic, quoiqu’il ne soit pas représenté se mordant la queue, est encore le symbole de I’immortalité lorsqu’on le trouve entre les mains d’une divinité personnifiée, autre qu’Isis ou Typhon.
L’aspic devient par extension le symbole du sommeil lorsqu’il est enlacé avec le basilic, symbole de la vigilance.
Toute représentation à tête (f aspic est le symbole de Typhon lorsqu’on le considère comme génie de la mort naturelle ou des ténèbres, mais jamais lorsqu’on le considère comme génie du vent pestilentiel, du désert, de la mer, ou de la mort violente. Le Typhon à tête d’ASPic était un génie révéré, quoique redouté, auquel on élevait des temples. On lui offrait des sacrifices pour le rendre favorable ; tout le monde désirait avoir affaire à lui, car, puisqu’il faut mourir, une mort douce est préférable à toute autre. Ce génie n’avait pour ennemi en Egypte que les chercheurs de panacée, qui s’étaient mis en tête de le détrôner.