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DÉBORDEMENT

qui sert encore à nos astronomes pour figurer le signe de la balance.

Les étoiles qui déterminent dans le ciel la position de la balance égyptienne sont les garphr de la vierge, Yloan ou l’« de la balance actuelle, et l’T ed ou brillante de la main droite du serpentaire (1).

(1) Le serpent que tient Ophiuchus, et qui lui a valu le nom de serpentaire, est une hydre, symbole de Veau. Dans la sphère égyptienne, Yhydre s’étend depuis les garphr jusqu’au capricorne, et cette hydre , au lieu d’être tenue par un homme (a) , comme dans la sphère grecque , est surmontée d un ibis, symbole de l’eau du débordement (voyez Ibis). Les Maures figuraient dans leur sphère (b) un sei-

(a) Les cabalistes appellent Adam Kadmon le premier homme (Beausobre, tome 2, page 316), et du serpentaire les Grecs ont fait leur Cadmus. Les Egyptiens qui supposaient que Dieu avait cédé 1 empire de la terre à 1 homme, lorsque le solstice d’été correspondit au zéro de la balance, prétendaient que l’homme avait été créé lorsque le solstice dété se trouva correspondre au 15me degré de cette même balance, et que, par conséquent, Yhomme avait lécu dans lepa radis terrestre avec Dieu pendant 1000 ans, car ils supposaient que le nœud équinoxial rétrogradait d un signe on 2000 années.

Pluche, qui attribue l’invention du zodiaque aux Chaldéens, fait de la balance le symbole de V égalité des jours et des nuits , et par suite de l’équinoxe d’automne; puis il reporte son origine aux temps voisins du déluge et avant que l’Egypte fût habitable. La Nauze, en s’appuyant sur la loi de la précession des équinoxes, a reconnu que le zodiaque remonterait tout au plus à 3000 ans, en admettant l’explication que Pluche nous donne des symboles. Dupuis, qui voit, comme Pluche, un emblème naturel de l’égalité des jours et des nuits dans la balance zodiacale, mais qui attribue l’invention du zodiaque aux Egyptiens, fait de cette même balance le symbole de l’équinoxe du printemps, ce qui reporte à 16000 ans l’origine du zodiaque. Les savants veulent à toute force que la balance, qui sert à égaliser les poids pour les comparer entre eux, soit un symbole naturel d’égalité. Chez les Egyptiens, l’idée légalité ne fut jamais rendue par une balance; pour exprimer hiéroglyphiquement cette idée, ils traçaient deux lignes droites égales l’une sous l’autre,

absolument comme nos géomètres (1); et dans les textes hiéroglyphiques des derniers temps c’est par un niveau

que l’idée dé égalité se trouve quelquefois rendue.

peut surmonté d’une cigogne ou d’une grue. Les Grecs donnent ordinairement à Ophiuchus l’épithète d’aigléis, aiglaer, et aiglêtos (a), dont la racine première aig signifie eau en langue sacrée , car l’épithète de resplendissante ne convient nullement à la constellation du serpentaire , tandis qu’elle conviendrait parfaitement à celle d’oRiON. Le serpentaire , ou mieux I’hydre surmontée de l’ibis , est une constellation extra-zodiacale , qui fut ainsi figurée par les inventeurs du zodiaque sous la balance , le scorpion , et le sagittaire, comme symbole du débordement, parce que, lors de l’invention du zodiaque, le solstice d’été correspondant au zéro de la balance, le Nil débordant au solstice d’été , et le débordement durant trois mois , le débordement durait alors pendant un temps égal à celui que mettait le soleil à parcourir les trois constellations : balance , scorpion , et sagittaire.

(1) Voyez Gémeaux.

(a) Arat. v. 76. Hipp. L. 1 , c. 2. Théon, Hesych., etc.

La cabale (1) fait de la balance une constellation qui unit le règne de Dieu à celui de l 'homme, et qui sert à déterminer Yheure natale du monde. Comme les mystères de la cabale ne sont au fond que les mystères astrologiques des Egyptiens, il faut, pour comprendre ce qu’ont voulu dire ici les cabalistes, connaître l’origine et le mécanisme de la haute astrologie d’où dérivent toutes les religions.

Les Egyptiens avaient religieusement conservé les symboles du zodiaque tels qu’ils avaient été placés, il y a 8600 ans, par les premiers astronomes (2). Us connaissaient les étoiles qui déterminaient dans le ciel la position de chaque symbole, et comme ils lisaient parfaitement cette écriture primitive, devenue ensuite mystérieuse, ils s’aperçurent bientôt que le solstice d’été ne correspondait plus aux garphr, et qu’il y avait par conséquent un mouvement rétrograde dans le ciel des fixes ; cherchant ensuite, par l’observation, à déterminer la durée de ce mouvement, ils crurent reconnaître que la révolution complète du ciel des fixes était comprise dans une période de 24000 ans (3). C’est sur la connaissance de cette loi que roule toute l’astrologie égyptienne. Les astrologues prétendirent que la durée ou la vie du monde était comprise dans cette période de 24000 ans, ils divisèrent cette vie en deux règnes, celui de Dieu et celui de I’homme : on enseignait dans les mystères de la haute initiation qu’au premier moment où Dieu commença à créer le monde, le solstice d’été aurait correspondu au zéro du belier, si le soleil et les étoiles avaient alors été créés, et que Dieu employa les six temps (4) de

(1) Æsculapius ægyptius , vetustissimus scriptor, in suâ Myriogenesi scripserat , in posterioribus libræ

partibus twv o-ùyxoao-t» factam, eamque esse natalem mundi. (Scaliger. A ’ot. ad Manil. L. 1 , vers.

(2) Ces symboles , le cancer excepté ( voyez Cancer ) , ont été conservés jusqu’à nos jours.

(3) Cette révolution complète du ciel des fixes , due au mouvement rétrograde du nœud équinoxial (précession des équinoxes), s’opère en 25812 selon Lalande, en 25920 d’après Delambre, et nos modernes astronomes (Biot, Francœur, et Arago) lui donnent 25867 ou 68 années de durée.

(4) Dans la Genèse de Thout , le mot temps est exprimé par une étoile qui signifie jour, an, ou époque quelconque déterminée. Moïse a traduit Yétoile par ni’ (iom) ioum, mot égyptien qui signifie jour, temps, durée. Les six temps du règne de Dieu ou de la création, que les Perses appellent les six mille de Dieu dans leur Boundesh , comme les astrologues toscans ( vide Suid. in voce Thyrrenia ) , par opposition

son règne à arranger le monde tel qu’il est, pour en céder ensuite le gouvernement à X homme quil avait fait à son image (1), cession qui eut lieu lorsque le solstice d’été correspondit au zéro de la balance. Le règne de X homme doit durer jusqu’à la fin du monde, pendant six temps comme celui de Dieu, c’est-à-dire jusqu’à ce que le solstice d’été corresponde au zéro du belier. Alors le ciel usé se brisera, et Dieu reprendra son empire pour s’occuper, pendant six autres temps, à créer un monde nouveau. Ces mêmes astrologues prétendaient, en outre, que les symboles placés dans le zodiaque y avaient été mis par Dieu lui-même qui avait tiré l’horoscope du premier homme avant de lui céder l’empire de la terre. Aussi appelaient-ils les symboles du zodiaque écriture divine , écriture angélique; et comme ils se piquaient de tirer l’horoscope de la même manière que Dieu, c’était toujours avec des planisphères célestes, qui représentaient l’état du ciel dont Dieu s’était servi pour tirer la bonne aventure d’Adam, qu’ils tiraient celle des imbéciles qui avaient foi dans leurs jongleries. De là vient que, selon les dogmes astrologiques, celui qui est né dans le mois de la balance, doit être considéré comme né sous l’influence du mois de justice, quoique, par le mouvement du ciel des fixes, le solstice d’été ne corresponde plus au zéro de ce signe. On s’explique maintenant pourquoi la balance est le lien qui unit le règne de Dieu à celui de l 'homme, puisque c’est à partir de l’époque où le solstice d’été correspondit

aux six temps du règne de l’homme appelés par eux les six mille du Diable ( Pétiâré ou unuiugy ) , ne sont pas six jours, comme l’ont cru les Septante et la Vulgate, c’est un laps de temps égal à celui qu’a mis le solstice d’été pour parcourir la moitié du zodiaque, à partir du zéro du belier, de telle sorte que chaque jour de la création se trouve être un jour de 2160 ans. Comme les jours de la création sont déterminés par le mouvement rétrograde du ciel des fixes, et que le commencement de ces jours avait lieu à partir du dernier degré ou de la {in d’une constellation que parcourait un solstice ou un équinoxe , voilà pourquoi la Genèse dit : “tro< ov ipa *n*i aiy ’rm et fut le soir et fut le matin ( qui fut ) le j ouipremier ; au lieu de dire : et fut le matin et fut le soir (qui fut) le jour premier, comme elle l’aurait dit nécessairement s’il s’était agi d’un jour ordinaire où le matin précède toujours le soir.

(1) J’ai déjà expliqué dans une note de la page 27, ce que les Egyptiens entendaient en disant que l’homme était fait à l’image de Dieu.

au zéro de la balance, que le règne de Dieu fut terminé, et que celui de Y homme commença. Par extension, la balance égyptienne

devint un signe d’umoN : aussi, dans les anciens manuscrits et même dans les anciens livres imprimés trouve-t-on bonheur écrit ainsi : bon -v heur, la balance égyptienne renversée faisant l’office de trait d'union.

La balance servait à déterminer l'heure natale du monde; les Egyptiens supposaient que le monde avait été créé au commencement de l'année, et l’année chez eux commençant au solstice d'été, comme le solstice d'été dans les sphères ou planisphères astrologiques correspond au zéro de la balance, c’était à la balance qu’ils remontaient toujours pour déterminer l'âge du monde. Supposons qu’on voulût connaître quel est aujourd’hui (15 juillet 1840) l'âge de la terre en suivant la méthode astrologique des Egyptiens, comme nous sommes précisément dans ce fameux an 40 (1), époque où le solstice d'été vient d’abandonner la dernière étoile des gémeaux, en admettant que le nœud équinoxial rétrograde, dans l’ordre inverse des signes, d’un degré en 72 ans (2),

(1) L’an 40 ( 1840) est précisément l’année à laquelle les mauvais payeurs renvoyaient leurs créanciers, parce que les mauvais astrologues avaient prédit que la fin du monde aurait lieu à cetle époque. L’an 40 est célèbre dans les fastes de la cabale et de l’astrologie égyptienne ( voyez Gémeaux ) , reste à savoir s’il sera célèbre dans l’histoire. Lorsque le 4® temps du règne de l'homme sera fini, disent les papyrus , la face du monde changera. Les cabalistes ont entendu par là que le inonde devait être renouvelé, et ont cru pouvoir fixer à cette époque le jugement dernier, tandis qu’en bonne astrologie le inonde ne doit finir que dans 4320 ans (a). Les astrologues égyptiens entendaient par renouvellement de la face du monde , un renouvellement moral. Si nous faisons attention à l’inquiétude générale des esprits qui rêvent un nouvel avenir, à ce volcan moral qui agite la société, et qui semble prêt à faire éruption, on serait presque tenté d’avoir foi dans l’astrologie.

(2) Dans les derniers temps, les astrologues égyptiens déterminèrent la rétrogradation du nœud équinoxial à raison d’un degré par 72 ans; c’est ce que je crois pouvoir inférer d’une stèle bilingue qui se trouve au musée de Vienne.

(a) Dans un ouvrage publié en 1731 et réimprimé en 1828, ayant pour titre : Conjectures sur la fin prochaine du monde , on trouve les passages suivants : — En 1790 : Ira Dei super terram ( la colère de Dieu sera sur la terre ) ; — en 1800 : A paucis cognoscitur (le Christ sera connu de peu de personnes) ; — en 1840 : Pastor non erit ( il n’y aura plus de pasteur).

il y aurait 8640 ans et 24 jours que le règne de l'homme a commencé, et 21600 ans que Dieu fit le vide dans les eaux de l’abym (1).

Le solstice d'été correspondant au zéro de la balance dans les planisphères horoscopiques qui représentent toujours l’étal du ciel immédiatement après la création, le solstice d'hiver dans ces mêmes planisphères correspond au zéro du belier; et comme c’est au solstice d’hiver que le soleil remonte vers le nord, tandis qu’il descend vers le sud à partir du solstice d’été, voilà pourquoi les anciens astrologues, qui avaient toujours égard à l'état du ciel que représentaient leurs planisphères, placèrent l’exaltation du soleil dans le belier et sa dégradation dans la balance (2).

RÉCAPITULATION

La balance

(1) Pour ceux qui désirent connaître les époques du monde, calculées d’après les principes de l’astrologie égyptienne, en admettant que le nœud équinoxial rétrograde d’un degré en 72 ans, voici un tableau dont je peux garantir l’exactitude à MM. les chronologistes. Quant aux quatre âges dans lesquels se subdivise le règne de l’homme, j’ai pris les données fournies par le Zodiaque circulaire de Dendérah , où ces quatre âges sont déterminés par les vierges ( voyez Belier et Ibis ).

Eja vie du inonde est de 25920 ans.

■Règne de Dieu dont la durée fut de 12960 ...

Règne de l’homme dont la durée sera de 12960.

Du premier moment de la création, lorsque Dieu fit le vide dans les eaux de Yabym, jusqu’à la

création de l’homme H88<) ans

De la création de l’homme jusqu’à son régne .... 1080

lre Epoque (âge d’or) 2160

2e Epoque ( âge d’argent ) 1080

3e Epoque ( âge d’airain ) 2304

Epoque (âge de fer) 741g

Total 25920 ans.

Nous sommes à présent ( 1840 ) dans l’an 21600, à partir du premier moment de la création; dans l’an 8640, à partir du règne de l’homme ( les astrologues comptent toujours à partir de cette époque ). Il y a 5096 ans que nous sommes dans l’âge de fer, et la fin du monde n’arrivera , selon les calculs infaillibles de la bonne astrologie, que dans 4520 ans, ce qui doit tranquilliser ceux qui craignent le retour des comètes.

(2) Sol exaltatur in ariete , dejicitur in librà. ( Firmic. L. 2 , c. 3. )

est le symbole de la justice divine; lorsqu’on retrouve ce symbole avec la perche graduée,

on doit le traduire par constellation de la balance. La balance grecque,

surmontée du soleil de justice comme dans le Zodiaque circulaire de Dendérah , ou bien entre les mains de la justice comme dans le Zodiaque d’Esné, indique d’une manière positive que le monument sur lequel elle se trouve n’est pas d’une époque très-reculée, et qu’il remonte tout au plus aux premiers temps de la domination romaine.

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