‹ Dictionnaire des hiéroglyphesChapitre 18 sur 20 · UO DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

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qu’il peut se donner cette petite jouissance , pour laquelle il paraît avoir une affection toute particulière, comme on peut s’en convaincre en observant le boeuf en liberté dans les pâturages.

Sur les médailles d’Antonin, frappées en Egypte, où le boeuf zodiacal se trouve sur le revers, ce boeuf paraît être représenté au moment où, furieux , il creuse l’arène avant de s’élancer (1).

Mais il est une remarque à faire; c’est que le boeuf, lorsqu’il est contrarié ou en colère , porte toujours la queue basse et ne l’agite pas, ce qui est tout le contraire des rétrogriffes , tels que le lion, le tigre, le chat, etc. Ainsi, dès l’instant où l’on représente, comme sur les médailles d’Antonin, le boeuf agitant sa queue , c’est une preuve qu’il n’est pas irrité, et que par conséquent il s'amuse.

Dans un planisphère de la cabale, que nous a conservé Kircher et que Dupuis a copié (2), on trouve une tête de boeuf

à la place du boeuf zodiacal tout entier. Mais comme les cabalistes savaient fort bien qu 'une tête de boeuf était l’abréviation du boeuf, symbole du travail, et non pas du boeuf en liberté dans les campagnes , symbole de la cessation du travail, alors, pour bien déterminer que cette tête de boeuf était l’abréviation du boeuf

(1) Sparsâ ad pugnam proludit arenâ.

( Virg. Georg. lib. m. )

(2) Origine de tous les cultes. Atlas, pl. vi. Voyez aussi les planches correspondant au mot Zodiaque.

bondissant dans les pâturages , ils ont représenté au-dessus Pan, le dieu des bergers, avec sa flûte et sa houlette (1).

Les Zodiaques de Dendérah et d’Esné n’étant pas antérieurs à la domination romaine, on y trouve le boeuf bondissant ; mais sur les monuments astronomiques remontant au règne des Pharaons, l’idée de cessation de travail est symboliquement exprimée par le boetjf couché et ruminant ,

expression plus simple et plus naturelle que celle du boeuf bondissant , pour rendre l’idée de travail en repos ou de cessation de travail. Eudoxe ayant transmis aux Grecs le zodiaque primitif des Egyptiens, et ceux-ci ne comprenant pas le motif qui avait pu déterminer les inventeurs des symboles à représenter le boeuf couché sur son large ventre (2) , de telle sorte que sa croupe obscure laissait même ignorer s’il était boeuf ou vache (3); les Grecs, dis-je, n’osèrent pas changer l’attitude du boeuf zodiacal, tandis que les prêtres de la Haute Egypte, qui avaient conservé la valeur symbolique de ce même boeuf, purent, sous les Romains, varier son attitude en lui faisant toujours exprimer la même idée. Le boeuf couché , ou, pour

(1) Pan primus calamos cerà conjungere plures Instituit : Pan curât oves, oviumquc magistros.

( Virgil. Eglog. ii. )

(2) Aratus , v. 166.

(5) Erathostes apud Germanie.

mieux dire, la partie antérieure du boeuf couché ,

se retrouve encore sur nos sphères célestes.

Au lieu d’un boeuf tout entier, les cabalistes se bornaient généralement à peindre une tête de boeuf dans la seconde division du zodiaque; de là vient l’abréviation dont nos astronomes se servent encore pour indiquer le signe du boeuf.

Les étoiles qui déterminent la position du boeuf dans le zodiaque égyptien sont les Pléiades (1) et la brillante de l’épaule droite d’OtuoN (2).

L’explication détaillée que je viens de donner des différentes positions du boeuf qu’on retrouve sur les zodiaques égyptiens, me paraît suffisante pour démontrer que ce boeuf ne peut pas être un taureau. D’ailleurs, les bourses du boeuf dans les Zodiaques d’Esné et de Dendérah sont si petites qu’on reconnaît facilement le résultat de la torsion des testicules; et puis le taureau ne serait jamais un symbole de l’époque à laquelle les vaches mettent bas, comme le veut Pluche, ni celui de l’époque à laquelle on commence à labourer les terres en Egypte, comme l’a prétendu Dupuis. Dans le premier cas on aurait mis une vache avec son veau , dans le second ce ne pourrait être qu’un boeuf; car le taureau étant un

(1) Sur le Zodiaque rectangulaire d’Ësné on trouve autour du boeuf sept étoiles qui font allusion aux sept Pléudes.

(2) Cette étoile rouge , de première grandeur, est considérée comme l’a d’Orion dont rigel n’est que le /3. La brillante de l’épaule droite d’Orion était surnommée bellatrix , étoile guerrière, à cause de sa couleur, qui est aussi celle delà planète de Mars. C’était précisément cette étoile, et non pas rigel, comme on pourrait l’inférer d’un passage de Plutarque (Traité d’Isis et d’Osiris , cfaap. xi), qui fut consacrée à Orus, le vainqueur de Typhon.

animal indomptable ne laboure pas et ne peut pas être, par conséquent, le symbole du labourage ou de l’époque du labourage. Mais en admettant même que cela pût être, comment expliquer les différentes positions du taureau dans le zodiaque? laboure-t-il couché? laboure-t-il au galop? Par ces motifs je conclus à ce qu’il plaise à MM. les Astronomes d’ordonner qu’on ait à dire désormais : la constellation "du boeüf , et non pas la constellation du taureau.

Origine du Mifliraïsine.

Les Sages de tous les pays qui aspiraient à devenir les législateurs de leur patrie venaient en Egypte étudier les lois et s’instruire dans la religion. Lycurgue , Solon, Pythagore, et Platon, ne firent qu’imiter les anciens législateurs, et c’est ainsi qu’on s’explique les rapports frappants qu’un savant moderne a retrouvés dans les croyances religieuses de tous les peuplés de l’antiquité (1).

Les astrologues égyptiens, qui étaient en même temps les chefs du culte, n’accordaient généralement qu’une quasi-initiation aux étrangers tenaces et courageux qui subissaient les plus rudes épreuves pour pénétrer leurs mystères, et encore était-ce toujours en langage allégorique résultant de l’écriture hiéroglyphique (2) qu’ils expliquaient ces mêmes mystères, de telle sorte que l’initié devait,

(1) Voyez Volney, Ruines , chap. xxi.

(2) Les hiéroglyphes sont en tout semblables aux préceptes de Pythagore , tels que : Ne vous asseyez pas sur le boisseau, etc. , nous dit Plutarque, et cet auteur, n’en déplaise aux Champollioniens, a dit une grande vérité. Il faut connaître la valeur des symboles que Pythagore rappelle, pour comprendre le sens allégorique de ses sentences. Ainsi le modiuc ,

JL

ou ce que les Grecs ont pris pour un boisseau, est un vase en terre cuite que les Egyptiens appelaient gardai, et dans lequel on conservait le feu; c’est en définitive un fourneau. Sérapis, le Vulcain égyptien , est ordinairement représenté avec un gardai sur la tête ; c’était dans ce gardai que les prêtres conservaient le feu matériel dans son temple , comme les vierges sacrées conservaient le feu céleste de

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