‹ Dictionnaire des hiéroglyphesChapitre 19 sur 20 · IU DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

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pour s’instruire avec fruit, commencer d’abord par bien s’identifier avec ce langage , chose assez difficile pour celui qui n’y était pas habitué dès son enfance.

Si nous admettons que Zerdusht , Zerdoust ou Z oroastre (1) ait existé et soit l’auteur du Sad-der et du Zend-avesta, comment ne pas admettre que le législateur des Perses a puisé sa religion dans les dogmes astrologiques des Egyptiens? Nous y retrouvons Ormuzd et Ahriman , les deux principes qui constituent la divinité toute entière dans le culte primitif ; la création du monde pendant les six temps ou les six gâhans du règne de Dieu ; Yintroduction du mal à partir de la constellation de la balance ; la fin du monde au bout des six temps ou six mille du règne de l’homme; le belier réparateur ; le pain azyme; le baptême ; le culte du feu éternel qui doit régénérer le monde et dont les vierges sacrées conservaient l’emblème , à Memphis , sur l’autel de Phtha ; enfin tous les dogmes et tous les rites de la religion astrologique des Egyptiens.

Mihr ou Mithra (2) n’était point une divinité particulière adorée par les Perses, comme on le croit généralement; c’est le nom qu’ils donnaient au solstice d’été représenté sous la forme d’un homme dans l’âge mûr arec une forte barbe, le solstice d’hiver étant représenté par un enfant , \’ équinoxe du printemps par un jeune homme imberbe, et l’équinoxe d’automne par un vieillard. La fin du monde et le jugement dernier devant arriver lorsque le solstice d’été, représenté par Mithra

Phtha sur l’aulel triangulaire à tête, de belier : le gardai en écriture hiéroglyphique exprime l’idée du feu (le contenant pour le contenu). Si l’on représente un homme s'asseyant sur vn gardai, croyant s'asseoir sur un siège , c’est l’emblème d’un imprudent ou d’un étourdi. Or, Pythagore en disant à ses disciples en langage allégorique : Ne vous asseyez pas sur le gardai , c’est comme s’il avait dit : Agissez avec circonspection et ne faites pas d’imprudences.

(1) 7joroastre, nom inventé par les Grecs pour rendre celui de Zerdusht, comme le prétend Hyde ( Historia religionis veterum Persarum, cap. xxiv), n’aurait-il pas pour racine les mots grecs Zupoç et ÀffTïijo , ce qui signifierait astre pur P

(2) Mirh , chez les Perses , signifiait amour et chaleur ; les Grecs , qui ne pouvaient pas prononcer ce mot, y ajoutèrent un 6 et en firent mithra, comme du nom Mihr-idad, amour de la justice, ils firent Mithridate.

DICTIONNAIRE DE S HIEROGLIEHES

barbu, aura dépassé la constellation du belier, les Perses exprimaient allégoriquement l’époque de la fin du monde en représentant Mithra sur le belier ou sur une tête de belier, comme on le voit dans une main votive en bronze retrouvée dans les fouilles d’Herculanum (1) ; ce Mithra dit avec ses doigts : justice divine (2), car c’est à la fin du monde et après la résurrection générale que Dieu jugera les vivants et les morts. On voit ici que le Mihr ou Mithra des Perses remplit les fonctions de la vierge céleste, symbole du solstice d’été dans les zodiaques égyptiens, lorsqu’elle sert à déterminer les différents états du ciel (3); et cela est si vrai que du temps d’Hérodote, époque où la religion des Perses conservait des rapports plus directs avec la religion des Egyptiens, Mihr ou Mithra était représenté non pas par un homme barbu, mais par une jeune femme , la vierge céleste qu’Hérodote appelle Vénus Uranie (4).

(1) PLANCHE I, fig. 1 et 2.

(2) Toutes les parties de la main avaient une valeur symbolique chez les Egyptiens, grands amateurs de la chiromancie. La main constituait un monde : le pouce, symbole de la force , était consacré au feu et à Y intelligence ; Y index , symbole de la puissance et du commandement, était consacré à Y air et à la vie universelle ; le médius, symbole de Y impudicité , était consacré à la matière-principe , c’està-dire à l’eau de Vabym, etc. Ces trois doigts levés signifiant intelligence , vie universelle , et matière infinie, qui composent I’Etre qui est tout ce qui est, exprimaient donc l’idée de IEOUA (Dieu). V index levé

indiquant Yunitè et par suite I’Étre unique rend aussi l’idée de Dieu. La membrane interdigitale qui se trouve entre le pouce et l’index étant consacrée à la justice , comme l’atteste la balance qu’on y voit ordinairement figurée sur les mains votives , cette membrane développée , en tenant le pouce et l’index écartés ,

rend l’idée de justice. Le Mithra d’Herculanum exprimant avec ses deux mains l’idée de Dieu et de justice, exprime donc l’idée de justice divine.

(3) Voyez Belier, page 119.

(4) Voyez C 'Mo , chap. 130.

Il ne faut pas confondre le mithrdisme avec la religion de Zoroastre. Le mithraïsme, qui florissait encore dans les premiers temps de l’ère chrétienne, doit naissance aux bévues de certains mages qui formèrent une secte à part. Le mithrdisme diffère de la religion primitive des Perses comme le christianisme diffère de la religion judaïque, c’est-à-dire par son détachement des choses d’ici-has, pour n’aspirer qu’à la félicité céleste.

Recherchons la cause de cette différence.

Nous avons vu que le Mithra barbu remplissait, dans le culte astrologique des Perses, les mêmes fonctions que la vierge céleste dans les zodiaques égyptiens. Ce symbole du solstice d’été ayant sous ses pieds la tête du belier zodiacal indique l’époque où ce solstice dépassera cette constellation ; et comme c’est précisément alors que le règne de Dieu doit recommencer selon les principes de la haute astrologie, le Mithra barbu sur le belier est donc l’expression symbolique du phénomène céleste qui doit déterminer la fin du monde. Les sectateurs de Zoroastre devaient peu redouter cette catastrophe, puisque aujourd’hui nous en avons encore pour plus de 4000 ans avant que le solstice d’été corresponde à 1’ « des poissons : aussi les Perses durent-ils s’attacher aux biens de cette terre dont la jouissance leur était assurée par l’astrologie.

Mais plus tard il paraîtrait que des mages étant allés en Egypte pour approfondir la science dans la terre classique de l’astrologie, leur attention se porta principalement sur les obélisques où ils savaient que les prédictions sur la fin du monde étaient contenues (1). Comme l’année civile commençait en Egypte à Y équinoxe du printemps , époque à laquelle les mages commençaient leur année sacerdotale , tandis que les prêtres égyptiens ne commençaient cette même année sacerdotale qu’au solstice d’été, nos apprentis astrologues prirent Yépervier couronné des obélisques pour le symbole du soleil équinoxial, et le boeuf, symbole du travail,

(1) Je ne présente ce fait que comme une hypothèse, et de même que le physicien qui, étudiant les effets, cherche à remonter à la cause , je dis : Les choses se sont passées comme si

pour le boeuf du zodiaque ; de cette bévue ils crurent pouvoir inférer que , selon les Egyptiens maîtres passés dans la science des mouvements célestes, la fin du monde devait arriver lorsque Y équinoxe du printemps aurait triomphé du boeuf zodiacal, c’est-à-dire lorsqu’il aurait dépassé cette constellation, en un mot, lorsqu’il correspondrait aux Pléiades. Forts de cette observation, ils retournèrent dans leur patrie pour prédire en langage mystique que c’était le sang du boeuf, et non pas le sang du belier , qui devait régénérer le monde.

Lorsque Y équinoxe du printemps correspondit aux Pléiades, il dut s’opérer un changement moral dans tonte la secte des Mithriaques. La fin du monde paraissant imminente, ils ne durent plus s’attacher aux biens de la terre, toutes leurs pensées durent se tourner vers le ciel. L’abnégation de soi-même, en ce qui touche à cette vie, devenant un principe religieux, les mortifications durent en être les conséquences; de là, le jeûne, le célibat, la pauvreté, l’isolement, et le mépris de la puissance (1), vertus anti-sociales sur lesquelles un législateur raisonnable ne s’est jamais appuyé, mais qui étant considérées par les Mithriaques comme autant de moyens de salut, durent séparer alors complètement leur secte de la religion de Zoroastre, laquelle, dans le Sad-der et dans le Zend-avesta , condamne formellement ces pratiques insensées (2).

La peur ne raisonne pas; et, quoique la fin du monde se fît toujours attendre, les bons Mithriaques , robustes croyants , transmirent cette crainte d’une fin toujours imminente du monde à leurs enfants qui, à leur tour, la transmirent aux leurs; et c’est ainsi qu’une secte absurde, anti-sociale, et méprisée (3), se per-

(1) Vide Tertull. de prœscript. cxl.

(2) Voyez Hyde ( Hislor . veter. Persarum, page 285); Fréret ( Mémoires de l’acad. des inscript . , tome xvi, page 283), et Théolog. cérém. et morale de Zoroastre. Zend-avesta , tome m, page 601.

(3) La persécution et le mépris engendrent le fanatisme. Les juifs, haïs et persécutés par tous les peuples, sont restés fidèles à la loi de leurs pères; mais aujourd’hui , et surtout en France , où les juifs sont citoyens, l’indifférence religieuse gagne les fils d’Israël; et si quelques-uns se soumettent encore à certaines pratiques superstitieuses de leur religion , c’est plutôt par respect humain que par conviction.

pétua jusqu’à la naissance du christianisme , époque à laquelle elle sembla même reprendre une nouvelle vie.

En admettant mon hypothèse, on s’explique pourquoi la célébration des Mithriaques avait lieu à X équinoxe du printemps , tandis que celle des Mirhagans de Perse ne commençait qu’au solstice d'hiver (1). D’ailleurs, les monuments mithriaques qui sont parvenus jusqu’à nous confirment mon opinion.

Pour représenter symboliquement le phénomène céleste qui devait ou qui aurait dû déterminer la fin du monde , les Mithriaques représentèrent l 'équinoxe du printemps, qu’ils appelèrent aussi Mihr ou Mithra, sous la figure d’un jeune homme imberbe égorgeant le boeuf zodiacal (2); et pour bien préciser que leur Mithra était le symbole de X équinoxe du printemps , ils avaient soin de le représenter toujours accompagné de deux acolytes, l’un tenant un flambeau eleve,

(1) Voyez Mémoires de Vacad. des inscript., tome xvi, page 283.

(2) Voyez PLANCHE I, fig. 3. Dans ce bas-relief mithriaque c’est un taureau, et non pas un bœuf, dont le scorpion, symbole de la mort violente (voyez Scorpion), dévore les parties génitales. Mais je dois faire observer que le bas-relief dont il s’agit ne remonte tout au plus qu’au premier siècle de notre ère, et que c’est précisément aux Mithriaques qu’on doit la transformation du boeuf zodiacal en taureau. Comme c’était le sang du boeuf qui devait régénérer le monde, selon les principes astrologiques des mages dissidents, et que tout être privé des facultés génératrices était considéré comme un etre dégradé, les Mithriaques transformèrent pieusement en taureau le boeuf dont le sang devait laver les péchés du monde. Le sang du boeuf ou du taureau zodiacal devant mettre fin à la vie de tous les êtres terrestres, les anciens, en prenant au pied de la lettre cette allégorie astrologique, crurent que le sang du taureau était un poison violent; et Pline, qui trouve des raisons pour les effets physiques les plus absurdes, nous dit (lib. xi, cap. 28) : Tauronm sanguis celerrimè coït atque durescit ; ideo pestifer

potu maximè.

symbole du jour, et l’autre un flambeau baissé,

symbole des ténèbres . Ces deux acolytes, toujours de même taille, devenaient l’expression d’un équinoxe, époque où la longueur des jours égale celle des nuits (1). D’un autre côté, comme Mithra était représenté sous la figure d’un jeune homme, il ne pouvait plus y avoir d’équivoque sur X équinoxe dont il était le symbole, puisqu’on était convenu de représenter allégoriquement par un enfant le solstice d’hiver, par un adolescent X équinoxe du printemps, par un homme d’un âge mûr le solstice d’été, et enfin par un vieillard X équinoxe d’automne.

Le monde devant être régénéré par le feu, et le feu étant symboliquement représenté par un chien (2), on retrouve sur tous les bas-reliefs mithriaques le chien

s’élançant vers Mithra au moment où ce mythe égorgeant le boeuf zodiacal déter-

mine ainsi la fin du règne de l’homme et le commencement du règne de Dieu.

(1) Voyez Gémeaux.

(2) J’ai dit dans une note de mon Traité du Zodiaque de Dendérah : « Le chien est le symbole de la « chaleur: on donna d’abord le nom de chien à l’étoile (sirius) qui, par son lever, annonçait le dé- « bordement, parce qu’elle faisait l’office du chien qui prévient son maître; mais comme cette étoile ne « se levait que dans le temps de la plus forte chaleur, c’est-à-dire au solstice d’été, le chien qui repré- « sentait cette étoile devint par extension le symbole de la chaleur. Telle est du moins l’explication « qu’on peut donner de cette valeur symbolique du chien, en suivant l’opinion de Plutarque dans son « Traité d’Isis et d’Osiris. Cependant il paraîtrait que ce ne fut pas ce motif; les Egyptiens avaient re- « marqué que le chien a l’estomac si chaud qu’il peut digérer même les os , et que ses excréments pris u intérieurement produisent par leur causticité l’effet d’un aphrodisiaque puissant, égal au moins à la <t cantharide. Les docteurs égyptiens se servaient même de ces excréments pour en faire la base de « leur pierre à cautère ; c’est pour cela que le chien devint le symbole de la chaleur, et par suite du feu « (la cause pour l’effet) ». Cerbère accompagne toujours Sérapis , dieu du feu, et Zoroastre qui avait établi le culte du feu chez les Perses leur avait expressément recommandé d’avoir de la vénération pour les chiens qui en sont le symbole ( voyez Hyde , de veter. Pers. Relig. , cap. 1 ). Hérodote nous apprend ( Clio, chap. 140) que les mages considéraient le meurtre d’un chien comme un crime aussi énorme que l’homicide.

Le serpent ( aspic des Egyptiens et grande couleuvre des Perses), symbole de la mort, des ténèbres , et du mal , ayant pénétré dans le monde au commencement du règne de V homme (1), devait nécessairement en sortir à l’avénement du règne de Dieu; aussi les Mithriaques qui avaient cru que le règne de Dieu allait arriver lorsque X équinoxe du printemps correspondit aux Pléiades, n’ont-ils jamais oublié de représenter sur leurs tableaux allégoriques le serpent mort ou mourant (2).

Je reviendrai, dans le cours de cet ouvrage, sur les autres symboles que nous offrent les bas-reliefs mithriaques, ne voulant pas entrer ici dans des détails qui m’entraîneraient trop loin, et qui pourraient fatiguer le lecteur. Mon intention n’était, d’ailleurs, que de donner une idée générale du sens mystique de ces monuments que j’invoque à l’appui de mon opinion.

Une observation encore pour en finir avec Mithra : on trouve sur les bas-reliefs qui représentent ce mythe, tantôt sept pyrées , tantôt sept étoiles , tantôt sept flammes, toujours placés entre le soleil et la lune. Ces pyrées, ces étoiles, ou ces flammes, ne font pas allusion aux sept planètes [ 3), comme l’a cru le savant Dupuis, mais bien aux sept Pléiades qui se trouvent correspondre , dans le zodiaque primitif, au zéro du boeuf zodiacal. On conçoit facilement quel rôle important les Pléiades ont dû jouer dans les mystères des Mithriaques , puisque c’est à partir de l’époque où X équinoxe du printemps correspondit à ce groupe d’étoiles , qu’ils commencèrent à craindre la fin du monde.

(1) C’est-à-dire lorsque le solstice d’été correspondit au zéro de la balance. Aussi les Perses disaient-ils que le mal ou Ahrîman avait paru dans le monde à partir de la balance.

(2) C’est ce qui explique la raideur du serpent qu’on trouve toujours sur les bas-reliefs mithriaques. Le serpent , symbole de la mort , étant représenté mort , c'est la mort de la mort ou Y immortalité.

(3) Les planètes des anciens étaient le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, et Saturne ; mais comme sur tous les monuments mithriaques on y retrouve le soleil et la lune personnifiés , on n’aurait dû mettre que cinq étoiles s’il s’était agi des planètes et non des Pléiades , car autrement c’eût été un double emploi pour la lune et le soleil ; et il est à remarquer qu’on n’a jamais employé une étoile, pour figurer la lune , sur aucun monument , à plus forte raison un pyrée ou une flamme , les anciens n’ayant jamais admis que la lune fût un feu', puisqu’ils la considéraient comme une terre.

Origine du Christianisme.

Les juifs, avides d’argent et avares de leur peine, furent toujours des brocanteurs (1). Peu jaloux de fertiliser le sol ingrat de la Palestine, ils affluèrent en Egypte sous le règne des Lagides , ils peuplèrent Alexandrie , et bientôt cette nation mercantile obtint, à prix d’argent, les privilèges réservés aux compagnons d’Alexandre (2).

Les Ptolémées, protecteurs des sciences, attiraient dans leur capitale les savants de toutes les nations, qui importèrent avec eux leur entêtement, leurs croyances, et leurs systèmes. Alexandrie devint alors le théâtre des disputes religieuses, et, pour soutenir son opinion, chaque parti en appela aux monuments de l’antique Egypte, où l’écriture symbolique conservait le secret des mystères.

Les juifs, en contact avec les païens, finirent par adopter en partie les opinions des philosophes grecs (3); ils se mêlèrent dans les disputes, des sectes se formèrent, et l’unité d’Israël fut rompue. Ce fut alors que les juifs traduisirent leurs livres sacrés et qu’ils les commentèrent ; les uns voulaient, comme les Caraïtes, qu’on s’en tînt au texte de la loi, mais la plupart voulurent, à l’exemple des Egyptiens, se jeter dans les interprétations allégoriques, et Aristobule en vint même jusqu’à faire un commentaire sur les lois de Moïse en faveur de Ptolémée Philometor.

A cette même époque, des astrologues alexandrins reconnurent, par l’étude des

(1) L Evangile nous représente le temple de Jérusalem comme une bourse de commerce ; on y trouvait des marchands et des changeurs de monnaie. Jésus les chassa à coups de fouet et renversa leurs tables (Matlh. cap. xxi, vers. 12). Je suis allé quelquefois dans leur synagogue et j’y ai retrouvé tout le brouhaha de la bourse. Il avait peut-êlre raison ce Chinois qui soutenait que les montagnes peuvent changer de place, mais que l’esprit d’un peuple ne change jamais.

(2) Voyez Josèphe contre Appion , liv. n, chap. 2.

(5) On retrouve les idées de Platon chez les plus anciens rabbins et même les propres expressions du philosophe; aussi, sous les princes Hasmonéens, il intervint un décret qui défendît aux juifs la lecture des livres grecs (voyez Bibliothèq. critiq. de Sainjore , chap. 34).

monuments, que, selon la haute astrologie, ce n’était pas le sang du boeuf qui devait régénérer le monde , comme l’avaient cru les Mithriaques , mais bien le sang du belier, au zéro duquel correspond Ylesou (1) dans les zodiaques astrologiques qui représentent le premier état du ciel. Ils se rendirent compte alors de l’erreur où étaient tombés leurs confrères de Perse , dont les prédictions étaient démenties depuis 2000 ans, et à leur tour nos Alexandrins voulurent déterminer astrologiquement l’époque de la grande catastrophe. Ils étaient dans la bonne voie; mais,

prenant la vierge, qui marquait le commencement de Vannée (2), pour le symbole de Y équinoxe du printemps (3), tandis qu’elle était, pour les prêtres égyptiens, le

(1) Iesou, en langue sacrée, signihe divine force du ciel ou solstice d’hiver, parce que c’est au solstice d’hiver que le soleil reprend sa force pour remonter vers le nord. Les savants dérivent le nom de Jésus .RP* (ishu) Iesu (a) et celui de Josué ytpin* ( musho ) Jueso de nyny* (ishuon) ou yity* (ishuo) pour ytpin (musho), mot auquel on fait signifier ô mpioç auzeplct, fondé sur ce passage de saint Matthieu : «ùro? ■yùp a wasi tov lào-j «ûroO ùk'o tüv ùp.apTi5>v «ùtûv (Evang. i. 21) ; mais alors Samson signifierait aussi Sauveur, puisqu’il est dit qu’il reçut ce nom parce que «Oro? cr.pÇtzcu ow< r«i tov iopccriï ex %etp'oç $ù>torîp. ( Jud. xin. 5). Dans les zodiaques astrologiques qui représentent toujours le premier état du ciel , Ylesou ou le solstice d’hiver correspond au zéro du belier. Cet Iesou , symboliquement représenté par un enfant

tétant son doigt (6) , était placé au-dessous de l’intervalle qui sépare le belier des poissons , et comme c’était à Ylesou primitif que devait venir la vierge, symbole du solstice d’été, pour déterminer le règne de Dieu, et cela par le mouvement du ciel des fixes ( précessions des équinoxes) , cet Iesou était appelé Ylesou sacré ou oint, surnom que les Grecs ont traduit par xptarb;, de là Jésus-Christ, car le xpiarô? des Grecs ne correspond nullement au rwn (msIiie), Messie des juifs, comme on l’a prétendu.

(2) Horus-Apollon (Hiérogl. ni) nous apprend qu’une jeune femme était le symbole de 1 année, ou, pour mieux dire , du commencement de l’année , chez les Egyptiens.

(5) Les Alexandrins commençaient leur année à Y équinoxe du printemps , et le mot équinoxe étant féminin en grec (i<r>jf«pi«) , on conçoit facilement comment la vierge des zodiaques put être piise pour le symbole de Y équinoxe du printemps par les juifs d’Alexandrie.

(a) C’est ainsi que le nom de Jésus se trouve écrit dans le Talmud.

(b) Le solstice d'hiver étant représenté par un enfant, \’ équinoxe du printemps 1 était par un jeune homme, le solstice d’été par un homme fait , et l’ équinoxe d’automne par un vieillard t, Cependant les astrologues égyptiens se servaient le plus souvent de la vierge ou d’un homme à tête de chacal (voyez Chacal) pour indiquer le solstice d été sur leur zodiaque.

symbole du solstice d’été ( 1), ils crurent pouvoir annoncer que la fin du monde était imminente lorsque X équinoxe du printemps correspondit à l’« des poissons ou à la changeante de la baleine.

Dans le langage mystique, cette fin du monde dut être proclamée en disant : Le sang du belier vient d'être répandu; l’union de la vierge et du belier vient d’être consommée; la vierge vient d’enfanter le belier; la vierge vient d’enfanter Iesou (2); la vierge vient d’écraser la tête du serpent (3); le règne de Dieu est arrivé , etc., etc.

Ces prédictions qui faisaient hausser les épaules aux initiés égyptiens furent avidement accueillies par les malheureux que ne berçait plus Tespérance ; et comme Alexandrie était peuplée de juifs, l’astrologie, fécondée par le judaïsme, enfanta la religion chrétienne.

Quelque hardie que paraisse cette opinion, elle est confirmée par l’écriture sacerdotale que nous conservent les monuments dont l’origine est évidemment antérieure au christianisme, puisqu’on y retrouve les noms de Jésus , de Jean , et de Marie, considérés comme mythes astrologiques. Ne pouvant ici m’appuyer sur

(1) L’année sacerdotale ne commençait en Egypte qu’au solstice d’été , et la vierge, première constellation que le solstice d’été entama à partir du règne de l’homme , devint, pour les Egyptiens, le symbole de ce même solstice (voyez Belier, Iris, et Vierge).

(2) La vierge , symbole de Y équinoxe du printemps selon les Alexandrins , se trouvant alors , pour indiquer l’état du ciel , entre le belier et les toissons , et par conséquent au-dessus de Y Iesou primitif, Y Iesou paraissait être un enfant dont la vierge venait d’accoucher. Aussi la vierge fut-elle appelée alors mère du divin Iesou, sans que cette maternité lui enlevât sa qualité de vierge.

(3) Le génie de la mort et des ténèbres était symboliquement représenté par un aspic chez les Egyptiens ( voyez Aspic) , c’est la fameuse couleuvre des Perses qui parut dans le monde à partir de la constellation de la balance pour y régner avec l’homme jusqu’à l’avénement de Dieu, c’est-à-dire, selon l’astrologie égyptienne, jusqu’à ce que le solstice d’été corresponde au zéro du belier. La vierge étant le symbole de Y équinoxe du printemps , selon les Alexandrins, lorsque cette même vierge, par le mouvement du ciel des fixes, eut dépassé le belier, leurs astrologues crurent que le règne des ténèbres était fini; et comme c’était elle qui déterminait alors l’époque où commençait le règne de la lumière, on figura la mort des ténèbres en représentant Y aspic écrasé par la vierge. Les Indiens , dans leurs tableaux mystiques, représentent aussi la vierge écrasant le mauvais principe ; mais représenté par un guerrier noir ou bleu avec favoris et moustaches , tenant un sabre ensanglanté dans les mains.

le témoignage de l’écriture sacrée, je vais néanmoins, à défaut de preuves matérielles que je pourrai présenter plus tard (1), essayer de prouver que Jésus n’a jamais existé soit comme Dieu, soit comme homme.

En effet :

Dire que Dieu s’est fait homme n’est-ce pas dire : Dieu n’est pas immuable ; Dieu s’est dégradé; Dieu a menti (2)? Si la stupidité humaine pouvait émouvoir la colère divine, une pareille assertion serait un blasphème.

Et cependant, si Jésus a existé, Jésus était plus qu’un homme ; car, s’il ne fut pas rare, dans l’antiquité, de voir dresser des autels à des rois et à des empereurs vivants, tous ces autels se sont écroulés après leur apothéose; la flatterie peut bien déifier un monarque, mais la postérité ne s’inclina jamais devant un cadavre, elle renverse l’autel de l’idole pourrie, et ne lui laisse que le sépulcre (3). Si un Alexandre n’a pu, malgré toute sa gloire, soutenir longtemps le rôle de divinité , comment un juif obscur, sorti de Nazareth , serait-il encore adoré après dix-huit siècles? ce serait un miracle sur lequel la religion chrétienne pourrait raisonnablement s’appuyer (4).

(1) Dans mon Etude de la langue sacrée.

(2) « Si Dieu se métamorphosait, il prendrait une forme plus parfaite ou moins parfaite; or il est a ridicule de dire qu’il se change en mieux , car il y aurait quelque chose de plus parfait que lui , ce « qui est absurde : il est impie d’admettre qu’il se change en quelque chose de moins parfait , car Dieu « ne peut se dégrader; d’ailleurs, il paraîtrait sous une autre forme que la sienne, il mentirait , parce « qu’il paraîtrait ce qu’il ne serait pas. Il faut donc conclure de là qu’il demeure dans sa forme simple « qui est la beauté et la perfection ».

(Platon. Républiq. liv. 2. Trad. de Dacier).

(3) Koci vüv Sxrnep à.yùyipoi SptxnzTKi twv tepwv x«t twv Bwptwv àn «<r<7« trOivreç ovS èv àXk » rà pvn fiecTcc xctt rovç T CKfOVÇ éyjovaw.

( Plutarq. Traité d’Isis et d’Osiris, chap. n).

(4) Quant aux autres miracles sur lesquels s’appuie la religion chrétienne , tels que la résurrection des morts, la délivrance des possédés, et la guérison des paralytiques, ils ne prouvent, selon moi , que la friponnerie des faiseurs et la simplicité de ceux qui les acceptent sans examen. Si Dieu est immuable , si Dieu est tout-puissant , a-t-il donc besoin de renverser l’ordre qu’il a établi pour manifester sa volonté aux hommes?

Les Evangiles, les Actes, et les Epîtres des Apôtres, sont les seuls garants de l’existence de Jésus. Sans discuter ici l’authenticité de ces livres (1), sans m’éton-

(1) « Le savant Dodvvel convient que les livres qui composent le Nouveau Testament n’ont paru en « public qu’au moins cent ans après le Christ (a). Si la chose est certaine, comment pouvoir s’assurer si « ces livres existaient avant ce temps? Par suite ces livres ne furent qu’entre les mains des gens d’église « jusqu’aux troisième et quatrième siècles, c’est-à-dire à la merci de quelques hommes dont l’intérêt a et l’esprit de parti réglèrent toujours la conduite, ou qui n’eurent ni la probité ni les lumières requises « pour découvrir la vérité et pour la transmettre dans sa pureté originelle. Ainsi chaque docteur fut à « portée de faire des livres saints ce que bon lui semblait; et lorsque, sous Constantin, les chrétiens « se virent soutenus par l’empereur, leurs chefs furent les maîtres d’adopter ou de faire adopter comme « authentiques, les livres les plus conformes à leurs propres intérêts, et de rejeter comme apocryphes « ceux qui ne s’accordaient point avec la secte dominante. — Mais, au fond, quand même nous serions «sûrs de l'authenticité des livres que l’Eglise adopte aujourd’hui, nous n’aurions pourtant d’autres « garants de l’autorité des écritures que les écritures elles-mêmes : or est-il une histoire qui ait le « droit de se prouver par elle-même ? peut-on s’en rapporter à des témoins qui ne donnent d’autres « preuves de ce qu’ils avancent que leur propre parole? Cependant les premiers chrétiens se sont rendus « fameux par leurs mensonges , leurs fictions, et leurs fraudes qu’on nomme pieuses quand elles tendent « à l’avantage de la religion. Ces pieux faussaires n’ont-ils pas attribué des ouvrages à Jésus-Christ lui- « même et aux apôtres, ses successeurs? n’avons-nous pas de leur façon des vers sibyllins qui ne sont « évidemment que des prophéties toutes chrétiennes faites après coup , et souvent copiées mot pour mot « dans l’Ancien et le Nouveau Testament? s’il eût plu aux Pères de Nicée de regarder ces prophéties « comme divinement inspirées, qui les eût empêchés de les insérer dans le canon des écritures? et pour « lors les chrétiens ne manqueraient pas de les regarder comme des preuves indubitables de leur reli- « gion. — Si les chrétiens, au commencement du christianisme , ajoutèrent foi à des ouvrages pleins de « rêveries, tels que le Pasteur d’Hermas, YEvangile de l'enfance , la Lettre de Jésus-Christ à Abgare , « quelle confiance pouvons-nous avoir dans les livres qui nous restent d’eux? pouvons-nous même nous « flatter d’avoir les livres tels qu’ils ont été originairement écrits? comment distinguer aujourd’hui le « vrai du faux dans des ouvrages dans lesquels nous voyons l’enthousiasme , la fourberie, et la crédulité,

« percer à tout moment? — Si un corps d’hommes puissants et en possession de commander à la

« crédulité des peuples y trouvait son intérêt, il parviendrait à faire croire au bout de quelques siècles « que les aventures de Don Quichotte sont très-vraies, et que les prophéties de Nostradamus ont été « inspirées par la Divinité même. A force de gloses, de commentaires, d’allégories, on trouve et l’on « prouve tout ce que l’on veut; quelque frappante que soit une imposture , elle peut, à l’aide du temps , « de la ruse, et de la force, passer à la fin pour une vérité, dont il n’est plus permis de douter. Des « fourbes opiniâtres, et soutenus par l’autorité publique, peuvent faire croire tout ce qu’ils veulent à

(a) Voici ses propres paroles: Latitabant enim usque ad rescentiora ilia, seu Trajani, seu etiatn fortasse Adriani, tempora in privatarum ecclesiarum , seu etiam hominum , scriniis scripta ilia canonica , ne ad ecclesice catholicoe notitiam pervenirent. (V. H. Dodwel , Dissert, in Irenceum, cap. xxxvm, p. 66).

lier du silence de£ auteurs contemporains (1), j’admettrais que Jésus a existé, si son existence comme homme n’avait pas été contestée dès l’origine même du christianisme. En effet, nous voyons qu’on fait convenir à un prétendu S. Jean, surnommé l évangéliste , disciple bien-aimé de Jésus (2), que de son temps il existait des séducteurs qui ne confessaient point que Jésus-Christ fût venu dans la chair ,

« l’ignorance toujours crédule ; surtout en lui persuadant qu’il y a du mérite à ne point s’apercevoir des « inconséquences, des contradictions, des absurdités palpables, et du danger à raisonner ».

(Boullanger, Exam. critiq. de S. Paul , chap. 5).

(1) « Inutilement encore invoquerait-on le témoignage des historiens qui en parlent ou' que l’on fait « parler (a), tel que Josèphe. Outre que cet historien écrivait près de cent ans après le temps où l’on « fait vivre Christ, tous les savants conviennent aujourd’hui que le passage où il est question de Christ « a été interpolé par une pieuse fraude, et qu’il n’est pas de Josèphe. Quant à Tacite, lequel, près de « cent vingt ans après la mort de Christ, nous parle du chef de la secte orientale des chrétiens, qui « s’était établie à Rome avec les Isîaques , avec les mystères de la déesse de Phrygie, etc., il dit ce qu’en « disaient les chrétiens, sans s’être donné la peine de faire des recherches et un examen critique d’une « chose qui ne l’intéressait guère et qui ne pouvait entrer dans le plan de son histoire. Il semble n’avoir K eu en vue que de donner l’étymologie de la dénomination des chrétiens , sectateurs d’un certain « Christ, dit-il, qu’on débitait avoir été mis à mort sous Ponce-Pilate. Tacite, par là, ne prouve pas plus « l’existence historique de Christ qu’il n’eût prouvé celle d’Osiris , si , ayant à parler de ce dieu égyp- « tien, il eût dit qu’on assurait qu’il avait régné en Egypte, et qu’il y avait été tué par Typhon son « frère. Il est arrivé à Tacite à peu près ce qui arriverait à un historien français qui , par occasion , « aurait à parler d’une secte indienne, laquelle depuis plus de cent ans se serait établie en France , « d’abord très-obscurément, et qui, cent ans après, commencerait à être plus connue et persécutée, « s’il nous disait qu’ils s’appellent Bramines, du nom d’un certain Brama qui a, dit- on, vécu dans « l’Inde. Nous garantirait-il pour cela l’existence de Brama? Il faudrait que Tacite eût fait des re- « cherches les plus exactes sur la vérité de l’existence de Christ , sur sa mort sous Ponce-Pilate; ce que « n’a jamais eu l’intention de faire Tacite , la question étant trop peu importante pour lui ».

(Dupuis, Relig. chrétien., chap. m).

(2) L’Ioan d’hiver comme I’Ioan d’été ne sont que deux mythes. S. Jean l'évangéliste , qu’on fête le 27 décembre, était, au dire de l’Evangile, le disciple qui reposait sur le sein de Jésus pendant la cène. On conçoit effectivement qu’ils doivent se confondre , puisqu’ils sont , l’un et l’autre , le symbole du solstice d'hiver dans les zodiaques astrologiques représentant le premier état du ciel.

(a) Il est constant, dit Fauste ( apud, Augustin. L. 23 et 33), que les Evangiles n’ont point été écrits par J. C. ni par les apôtres, mais, longtemps après eux, par des hommes inconnus « qui, jugeant bien qu’on ne les croirait pas, « parce qu’ils racontaient des choses qu’ils ne savaient pas, mirent à la tête de leurs livres les noms de quelques apô- <t très, les autres les noms de quelques hommes apostoliques, assurant que ce qu’ils avaient écrit, ils l’avaient écrit « sur leur témoignage ».

c’est-à-dire ait existé comme homme (l). Y a-t-il aujourd’hui quelqu’un qui nie l’existence de Napoléon? et que dirait-on d’un général de l’empire qui exhorterait un de ses amis à ne pas croire les imposteurs qui prétendent que ce grand homme n’a jamais existé (2)?

Le christianisme et le mithraïsme , entés sur la religion égyptienne et ayant l’un et l’autre pour origine une erreur astrologique, durent avoir nécessairement, dans leur esprit, leurs rites, et leurs symboles, des rapports frappants qui n’échappèrent point aux païens. Aussi les premiers chrétiens furent-üs accusés par eux de n’être, comme les Mithriaques, qu’une secte d’adorateurs du soleil sous le nom de Christ (3). Les Pères de l’Eglise qui ont eu l’avisement de nous faire voir la ressemblance qui existait entre les deux cultes, soit pour les traditions sur la naissance de Jésus et de Mithra , soit pour les consécrations mystiques; ces Pères, dis-je , n’ont pu disculper la religion chrétienne , accusée d’être une doublure de celle de Mithra, qu’en admettant l’intervention du Diable. En conséquence, ils prétendirent que le Démon, prévoyant ce qui devait arriver, et voulant ôter au mystère de la rédemption l’attrait de la nouveauté , s’était hâté de précéder Dieu pour figurer sous le nom de Mithra cet ineffable mystère (4).

La tradition fait naître Jésus 4000 ans après la création du monde : à la naissance de Jésus, le monde était âgé de 4868 ans selon Josèphe, de 4964 ans selon la Yulgate, de 5564 ans selon les Septante, de 5656 ans selon le texte hébreu, et enfin de 6352 selon les Samaritains. Sur quoi se fonde la tradition pour

(1) Quoniam multi seductores exierunt in mundum , qui non confitentur Jesurn Christum venisse in carnem : hic est seductor et antichristus.

( Epist . B. Joan. Apost. secunda , vers. 7).

(2) L’homme sans éducation est un animal d’un esprit paresseux et par conséquent crédule, il ne se fatiguera point à chicaner l’existence d’un mythe, il préfère croire. J’ai connu un bourgeois campagnard qui croyait fermement à l’existence de Mayeux et de Robert-Macaire.

(3) Alii plané humaniùs et verisimiliùs soient credunt Deum nostrum. (Tertull. Apologet.)

(4) Vide Tertull. Apologet. et de coronâ. — Justin. Apologet. lib. 2, et Dialog. cum Tryph.

rajeunir la terre d’un millier d’années à la naissance de Jésus? le voici : X équinoxe du printemps correspondant au zéro du cancer dans les zodiaques astrologiques qui représentent le premier état du ciel, et la naissance de Mithra ayant eu lieu lorsque ce même équinoxe correspondit au zéro du boeuf, les Mithriaques prétendirent que leur rédempteur était né 4000 ans après la création, car ils admettaient, comme les Egyptiens, 2000 ans pour que le nœud équinoxial rétrogradât d’un signe (1); et les chrétiens ignorants se sont approprié sans façon le calcul astrologique des Mithriaques lorsqu’ils ont voulu déterminer l’âge du monde à la naissance de leur Christ.

L’alliance du christianisme et du mithraïsme se retrouve même sur les monuments du onzième siècle. Le temple étant, comme je l’ai déjà dit (2), la représentation matérielle du ciel où Dieu règne éternellement , Ventrée du temple figure alors Ventrée du ciel.

Lorsque X équinoxe du printemps se trouva entre le boeuf et le belier, c’est-àdire lorsqu’il correspondit aux Pléiades, ou, en langage mystique, lorsque le sang du boeuf fut répandu, les Mithriaques crurent que le règne de Dieu commençait et que la porte du ciel allait s’ouvrir pour les élus ; les Mithriaques durent donc ,

conséquents avec leur astrologie, placer la porte principale du temple, symbole de X entrée du ciel, entre la représentation du boeuf et celle du belier, ou bien

(!) Les Egyptiens donnaient 24000 ans à leur grande période, ce qui fait 66ans,66 pour un degré ou 666 ans pour un décan en négligeant la fraction : 666 est un nombre apocalyptique. Les Chaldéens qui crurent que le nœud équinoxial ne rétrogradait d’un degré que tous les 100 ans, donnaient à leur grande période 36000 années de durée et 18000 ans au règne de l'homme. Ces 18000 ans constituent précisément la grande année d’Héraclile. Toutes les grandes périodes ne sont dues qu’à la connaissance de la précession des équinoxes reconnue dès la plus haute antiquité, et certains savants supposaient encore dans le !7me siècle, en se fondant sur la tradition, que la révolution de notre pôle autour du pôle de l’écliptique ne s’opérait qu’en 36000 ans. (Voyez Discours et Tables de la déclinaison du soleil, par G. Denys, prêtre, hydrographe ordinaire du Roi; à Dieppe 1671 , page 48).

(2) Voyez page !22.

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