GD CH
Nil Nil
. plein bord du Nil.
"ïr
phallus
. génération.
étoile
. alors.
L’eau du débordement engendre le plein bord du Nil à cette époque.
(1) Notre lettre B dérive aussi de ce phallus :
réduit au simple trait, il donne cette figure
qui n’est autre que le $ ( bêta ) grec.
Les Egyptiens appelaient cette lettre n*3 (BIT) , et le 3 étant chez eux articulé comme notre V, nous devons prononcer ce mot VIT, nom du phallus en langue sacrée. Les amateurs de la massore le prononcent BETH (a).
(a) C’est ainsi que dans nos écoles le nom de cette même lettre, en grec /SSï*, est prononcé BÊTA, tandis que les Grecs anciens et les Grecs modernes prononçaient et prononcent VITA, racine VIT.
PRÉFACE
La lettre B de l’écriture sacrée, dérivant du phallus, exprime l’idée de génération, et par extension l’idée d’ existence, résultat de la génération; de là vient que cette lettre est employée pour exprimer l’idée du verbe être dans l’écriture hiératique.
Sur les monuments, au lieu du caractère sacré, on emploie le plus souvent cette figure
ZI
pour rendre l’idée du verbe être dans les groupes hiéroglyphiques, figure qui n’est autre que la lettre B de l’écriture profane ou démotique : cette lettre exprime aussi l’idée de génération , car elle dérive du ctéis et du phallus unis par un lien,
la génération étant le résultat de l’union des deux sexes.
Pour se convaincre que la première figure dérive de la seconde, on n’a qu’à prendre les lettres orientales, et surtout les lettres hébraïques qui ne sont autres que les lettres vulgaires des Egyptiens.
Voici la lettre B de l’hébreu des médailles (1) :
altérée ainsi dans l’inscription phénicienne de Malte (2) ;
plus altérée encore dans l’alphabet samaritain ;
(1) Voyez Court de Gebelin , Monde primitif, planche tv.
(2) Ibidem.
rivj PRÉFACE,
ainsi rendue sur les inscriptions de Paimyre (1) ;
ainsi figurée dans les caractères d’Esdras dont se servent encore les rabbins,
et enfin réduite à cette forme dans l’hébreu carré (2).
Pour ce qui est des caractères hébraïques, qu’on fait remonter au temps de Moïse, le B est absolument celui de l’écriture démotique (3).
Si l’on pouvait avoir quelque doute sur le lien qui unit le ctéis et le phallus, il serait levé par la lettre B appartenante aux caractères alphabétiques qu’on prétend avoir été transmis par les anges (4),
laquelle dérive du phallus et du ctéis ainsi unis.
Si l’origine de la lettre B ne suffisait pas pour démontrer que, considérée seule, cette lettre exprime l’idée de génération et par suite d’ existence, je pourrais encore invoquer le témoignage des cabalistes qui, ayant conservé quelques idées tradition-
(1) Voyez Court de Gebelin, Monde primitif, planche xvn.
(2) Loco citato , planche xv. Les Etrusques se servaient indifféremment de ce caractère et du caractère grec.
(3) Kircher, OEdip. Ægypt., tome iii, page 434.
(4) Kircher, ibidem.
PRÉFACE. xlvij
nelles de la langue sacrée, font du B égyptien, ou, si l’on veut, hébraïque, le signe de la vie dans leurs tables mystiques (1).
Sur les papyrus des momies c’est très-souvent la croix ou to non ansé ( lettre correspondante à notre T ) qui sert à exprimer l’idée d’ existence ou de vie. Cette lettre, d’un usage très-fréquent dans les textes hiéroglyphiques de la première époque, remplace souvent le B de l’écriture sacrée et se confond avec le B de l’écriture démotique, son origine étant la même (2).
Pour donner dès à présent à mes lecteurs une idée précise de la langue et de l’écriture primitive conservées dans les sanctuaires de la haute initiation , je vais raisonner deux racines de cette langue sacrée qui feront comprendre le rapport direct qui existe entre l’écriture symbolique et l’écriture alphabétique.
Les voyelles, qui seules expriment une voix ou un son, peignent, considérées seules dans l’écriture sacrée, des idées positives, comme homme, femme, soleil, etc.
Les consonnes, qui ne peuvent être exprimées qu’avec le concours d’une voyelle, et qui ne sont pour mieux dire que des signes modifiant des voix, ne peignent, considérées seules dans cette même écriture, que des idées relatives, comme génération, grandeur, force, etc.
La voix A en langue primitive ou sacrée signifie homme (3).
Pour rendre l’idée d’A (homme), dans l’enfance de l’écriture on peignit un homme, soit en face, soit en profil, avec ou sans barbe; c’est l’écriture naturelle.
Mais comme la voix A signifie homme en général , homme fait, homme dans la force de l’âge, et que la peinture d’un homme avec barbe peut se confondre avec la représentation d’un vieillard, comme celle d’un homme imberbe peut se confondre
(1) Voyez Kircher, OEdip. Ægypt. , tome n, partie lre, page 553.
(2) Voyez Croix.
(3) La voix A est le nom onomatopique de l’homme, car c’est la première voix que fait entendre l’homme en naissant , et celle que lui arrache toujours une douleur ou une joie : c’est ce qu'avait entrevu Lamprias , aïeul de Plutarque. (Voyez Plutarque, Propos de table , 2e question).
xlyiij PRÉFACE.
avec celle d’un enfant, pour rendre d’une manière précise l’idée d’A ( homme fait ) on peignit un homme armé, car il n’y a que l'homme fait, l’homme dans la force de l’âge, qui puisse porter les armes, et par conséquent cette représentation ne pouvait plus se confondre avec celle d 'enfant ou de vieillard ; c’est l’écriture naturelle perfectionnée.
Pour abréger, au lieu de peindre un homme tout entier avec ses armes, on se contenta, pour rendre l’idée d’A, de peindre une tête d’homme casquée; c’est l’écriture naturelle abrégée.
Enfin on se contenta de peindre seulement un casque pour rendre l’idée d’A, le casque rappelant l’idée de guerrier, et l’idée de guerrier rappelant l’idée d’homme fait.
C’est du casque ou coiffure militaire des différents peuples que dérivent les différentes formes adoptées par eux pour rendre l’idée d’A, comme on pourra s’en convaincre en jetant les yeux sur le tableau paléographique de la voyelle A dans mon Etude de la langue sacrée. Ici je prie mes lecteurs de vouloir bien me croire un peu sur parole. D’ailleurs on voit évidemment que la lettre latine
dérive du casque à cimier
réduit à sa plus simple expression; comme ce B latin
dérive aussi du phallus
réduit au simple trait.
PRÉFACE. xlix
Si dans les hiéroglyphes on trouve la figure d’un homme suivie de celle d’un phallus, ce groupe signifie homme générateur, l’homme qui engendre , le père ou par extension I’inventeür, celui qui invente, qui crée. Ce même groupe peut signifier chef, maître, et seigneur, titres inhérents au père de famille.
Si au lieu des figures symboliques nous substituons les lettres qui en dérivent, nous aurons cette racine
ab
qui signifie en langue sacrée : père, inventeur, chef, maître, et seigneur (1).
Si dans un texte hiéroglyphique la figure du phallus précède celle de I’homme, on traduira ce groupe par génération de l’homme, ce qui est engendré par l’homme, î’enfant, et par extension tout ouvrage fait par la main de l’homme. La racine
ba
signifie en langue sacrée enfant, fils, petit (2), faible, esclave, et par extension maison, édifice, etc. (3).
Dans mon Traité du Zodiaque de Dendérah (4) j’ai donné une idée de l’origine de la consonne D, dont les différentes formes dérivent de la peinture de l’arc, de la fronde, ou du fustibale, symboles du mouvement dans l’écriture hiéroglyphique.
Si dans un texte on trouve la figure d’un homme suivie de celle d’un arc, on traduira ce groupe par homme-mouvement, l’homme qui se meut, le voyageur.
(1) En hébreu 3N (ab) signifie père, chef, maître, et inventeur. La langue hébraïque étant, comme je l’ai déjà dit, la langue vulgaire des Egyptiens au temps des Pharaons, elle doit nécessairement avoir conservé mieux que toute autre les racines pures de la langue sacrée.
(2) C’est l’étymologie de noire adjectif bas , qui est synonyme de petit et de vil.
(5) D’où Ba-bel , temple de Bel. ( Voyez Bélier ).
(4) Première partie, note 13.
PRÉFACE
La racine
ad
signifie voyageur en langue sacrée (1).
Mais si la peinture de I’arc précède celle de I’homme, nous traduirons mouvement de l’homme, ce qui donne le mouvement à /’ homme, ou ce qui lui sert à se transporter d’un lieu dans un autre, le soleil et le cheval.
En langue sacrée la racine
da
signifie soleil (2) et cheval (3).
Mes lecteurs voudront bien me tenir compte de l’impossibilité où je suis de développer ici d’une manière large et lumineuse les principes qui m’ont amené à la
(1) C’est la racine de la préposition latine ad.
(2) Dans le culte primitif I’homme s’était mis exclusivement sous le patronage du soleil ; c’était cet
astre qui lui ayant fait le don de l'intelligence dirigeait toutes ses pensées et toutes ses actions. La femme était sous le patronage de la lune : aussi la voix E signifiant femme dans la langue sacrée , De signifie mouvement de la femme ou lune, comme Da signifie soleil. Diane, nom donné par les Celtes à la lune nouvelle, est par contraction pour Deian (De -lune, i- divine, an - enfance) , divine enfance de la lune, la lune vierge. A son premier quartier elle prenait le nom de Déianir (Déjanire), lune nouvelle, mais nubile. Voilà pourquoi à cette époque ( le sixième jour de la lune ) on célébrait dans la Celtique ses noces avec le soleil. ^
(5) Dans la langue enfantine dada signifie un cheval. Lorsque le fils d’Hyslaspe fut élu roi des Perses par la ruse de son écuyer qui fit hennir son cheval avant celui de ses concurrents , il prit le nom de Darius en commémoration de l’animal auquel il devait l’honneur d’être assis sur le trône. La première racine de ce nom est da , cheval.
L’homonymie de soleil et de cheval en langue sacrée fit que le cheval par rébus fut le symbole du soleil. Aussi sur les antiques médailles des Gaules trouve-t-on toujours un cheval sur le revers des monnaies qui portent pour effigie l’image du soleil sous la forme d’un homme à cornes de bélier, et ces monnaies s’appelaient sols (sol-soleil).
PRÉFACE. lj
connaissance de la langue sacrée (1). Dans mon Etude de la langue primitive (langue sacrée des mystères ) je tâcherai de lever tous les doutes, aidé par les tableaux paléographiques , car dans cette science nouvelle il faut parler aux yeux •pour pouvoir être bien compris.
Comme j’aurai occasion de citer souvent des noms onomatopiques et mystiques de la langue sacrée, un exemple est nécessaire pour préciser la différence qui existe entre eux.
Lorsque les premiers hommes voulurent donner un nom aux animaux, ils firent d’abord ce que font encore les petits enfants : ils imitèrent le cri de ces mêmes animaux; ainsi, par exemple, un agneau fut appelé bai, ou bei, ou mai, ou mei; ce sont là ses différents noms onomatopiques , puisque ce sont précisément les différents bêlements de 1’ agneau. Le bélier ayant la voix plus forte, pour distinguer dans la langue naturelle le bélier de 1’ agneau on appuya sur les voyelles, et les noms de b aaî , beeî, maaî, et meeî, désignèrent le bélier. La lettre L étant une consonne correspondante à FI long et souvent même à FI bref (2), dans l’écriture primitive,
(1) L’existence de cette langue ne peut pas être problématique : la Genèse nous dit d’une manière explicite qu'il fut un temps où les hommes n’avaient qu’un seul langage. Platon, qui avait étudié en Egypte > P^te de cette langue naturelle. Les Pythagoriciens prétendaient que leur maître l’avait étudiée , et il est hors de doute qu 'Homère en avait connaissance (a).
(2) La voix I en langue primitive signifie Dieu. Pour matérialiser l’idée de Dieu ( le Très-Haut ) , les premiers hommes dressèrent verticalement les troncs équarris des arbres les plus élevés, tels que 1e chêne , le pin , et le peuplier ; dans la suite on remplaça ces troncs d’arbres par des obélisques de granit : telle est l’origine des menhirs celtiques dont l’antiquité remonte aux premiers âges. Lorsqu’on voulut peindre l’idée d’I (Dieu), on figura sa représentation matérielle, un menhir; de là l’origine de la lettre I.
(a) C’est précisément cette langue qu’Homère appelle la langue des dieux et qu'il distingue de la langue des hommes.
— Ov Bfiafsaiv Y.a\iovn ?5iol, a.vS'fi! Si te 7r«VT£f
Aiya/fflv’ — ( IXiaf . A ) .
« Celui que les dieux appellent Briarée et tous les hommes Egéon ».
Il s agit ic>. du fils de Neptune ou de l’abym, d’Egéon, géant aux cent bras, de la mer dont les fleuves forment les bras, et qui est fille de la grande mer qui enveloppe le monde; l’eau étant du genre masculin en égyptien et en langue sacrée. La racine première du nom d 'Egéon, en grec Aigaiôn, se trouve être Aig, eau. Pour ce qui est du nom de Briarée décomposé par la langue sacrée, il signifie forte puissance , puissance indomptable, la mer, à laquelle il n’appartient qu'à Dieu de dire : Tu n’iras pas plus loin!
lij PRÉFACE.
au lieu de baaî, beeî, maaî et meeî, on écrivit baal, beel, maal et meel, ou bien bal, bêl, mal et MÈL, qu’on prononçait cependant baî, beî, maî et meî.
Comme le bélier, chef d’un troupeau, marche toujours à la tête, dans les hiéroglyphes le bélier devint le symbole du chef, du maître, du guide, et par conséquent son nom onomatopique servit à exprimer dans la langue première l’idée de chef, de maître, et de guide. Aussi baal et beel, qualifications qui précèdent toujours le nom de la divinité chez les Orientaux (1), correspondent à seigneur dans notre langue. Maî, le mois de mai, signifie le mois du maître (2); dans le mot maître lui-même
La lettre 1 est une consonne qui peint l’idée relative d’élévation. Son origine est la même que celle de l’I ( il ne s’agit ici que de la minuscule latine 1 ; dans mon Etude de la langue sacrée je démontrerai que la forme de cette consonne dans les alphabets anciens et modernes est toujours l’abréviation d’un symbole de l’élévation). La lettre 1 est précisément la lettre que les Latins appelaient magna littera, et qui remplaçait dans leur écriture l’i long lorsqu’ils voulaient marquer la quantité; aussi écrivaient-ils Ædllis, Plso, pour ædilis et Piso.
Nous avons vu déjà (a) que l’idée de Dieu ( le Très-Haut ) était figurée en écriture symbolique par le Cnef , l’aile cl’épervier. L ’iouda (’) , I égyptien, dérive de la peinture du Cnef , ainsi que le lemda (b) , L égyptien; c’est pour cela qu’on trouve souvent en égyptien (hébreu) le b pour 1’* long, exemple : btri (tsltsl) signifie cigale ; les rabbins lisent tselatsal, et moi tsitsî; or, comme tsîtsîiiiiiiitsîiiii est précisément le chant de la cigale (b), je dis que bitb's est le nom onomatopique de l’insecte chéri des muses, de même qu’en français le mot coq, abréviation du mot coquerico , nom que les petits enfants donnent au coq, est le nom onomatopique du roi de la basse-cour.
(1) Baal-Phégor , Beel-Zéboub.
(2) On écrivait autrefois : le mois de may. Les Romains appelaient ce même mois maius, du mot majus pour magnus dans l’ancienne latinité. Ce nom lui aurait été donné par Romulus, si nous en croyons l’histoire , en l’honneur des sénateurs et des nobles appelés majores : toujours est-il que dès la plus haute antiquité , au premier jour de ce mois, les clients paraient de fleurs et de rameaux verts la porte de leurs patrons, usage qui s’est encore conservé dans nos campagnes, où l’on plante des maïs devant la porte des autorités constituées. Les anciens considéraient le mois de mai comme malheureux pour le mariage, et cela parce que la femme , en se mariant sous l’influence du mois du maître, ne pouvait pas espérer être
(a) Page xxvii.
(b) C’est à ce chant, qui consiste dans les différentes modulations de la voix I (Dieu en langue sacrée), que la cigale doit sa consécration à la divinité et l’enthousiasme traditionnel que les Grecs avaient conservé pour sa musique monotone. Anacréon a célébré sur sa lyre l’amie des muses, l'élève d'Apollon, la douce prophétesse de l’été; et les nobles Athéniens portaient, comme signe de distinction, une cigale d’or dans leurs cheveux. Ce sont des cigales d’or qu’on a trouvé dans le tombeau de Childéric.
PRÉFACE. liij
la racine première est maî (1). Enfin notre mot mâle, qui désigne le sexe le plus noble et le plus fort, dérive aussi du nom onomatopique du bélier.
L’agneau, dont les noms onomatopiques sont bai, bei, mai et mei, ou bal, bel, mal et mel, étant dans les hiéroglyphes le symbole de la faiblesse , de la douceur , de l’innocence, et de la jeunesse, de là l’étymologie de bal ( sauts, bonds, comme I’agneau qui bondit ), de bel ( jeunesse, fleur de jeunesse, beauté ), de mal ( faiblesse ), et de mel, qui en latin signifie miel ( douceur J, racine première de melon dans notre langue. Toutes les syllabes qui dérivent du nom onomatopique de I’agneau sont brèves, celles qui dérivent du nom onomatopique du bélier sont longues ; c’est ainsi que nous nous rendrons toujours raison de la quantité en recherchant l’origine des mots avec les racines de la langue sacrée.
Nous venons de voir les noms onomatopiques du bélier, maintenant je dis que les noms mystiques de ce même bélier sont l’énonciation en langue sacrée de sa valeur symbolique.
Le bélier est le symbole du chef, du maître, et du guide; toute racine qui, dans la langue sacrée, signifiera chef, maître, et guide, sera un des noms mystiques du
maîtresse à la maison, ce qui devait nécessairement occasionner des querelles et par suite le divorce; car les anciens ne voyaient de bonne union que lorsqu’il y avait égalité parfaite de pouvoir entre la femme et le mari. Aussi les premières paroles de la nouvelle mariée à son époux étaient-elles : Ubi tu Caius et ego Caia ; là où tu seras maître, moi je serai maîtresse. Aujourd’hui ce n’est plus cela ; la femme doit obéissance à son mari (a).
(1) Maî - seigneur, tre -trois fois, trois fois chef, chef suprême. La racine finale tre est par inversion celtique pour ter : aussi les Celtes disaient-ils tertre pour terter ( terre sur terre, élévation, montagne ); ils disaient encore Jssi pour Isis ( la nature ). La connaissance de la loi des inversions celtiques est de la plus haute importance lorsqu’il s’agit de décomposer les mots de la langue française avec les racines de la langue sacrée. Le mot latin magis-ter répond parfaitement à notre mot maî-tre. La racine maî se retrouve encore dans maison, en latin domus, par la même raison que maî-tre répond à dom-inus. Nous retrouverions encore le nom onomatopique du bélier dans bellum ( la guerre ) , dans mêlée ( un combat); ma (mei) en égyptien signifie bélier, percussion, et militaire, celui dont le métier est de frapper.
(a) Code civil, art. 213.
liY PRÉFACE.
bélier. Exemple : la voyelle A signifie homme , la consonne R signifie direction (1), la racine AR signifie homme-directeur , homme qui dirige , le chef, le maître, le guide; en conséquence AR signifie bélier (2). Cette racine se retrouve dans le mot ar-ies chez les Latins, comme la racine onomatopique bêl se retrouve dans le mot
bèl-ier, qui lui correspond en français.
A signifiant homme, L signifiant élévation, la racine AL signifie homme élevé, homme grand, le maître, le chef; AL est encore un nom mystique du bélier (3). AR et AL, qui signifient bélier, sont aussi les noms de la divinité (4), puisqu’ils
(1) La consonne R dérive de la peinture du fouet , symbole de la direction dans les hiéroglyphes , comme je le démontrerai dans mon Etude de la langue primitive en traitant de l’origine des lettres.
(2) En égyptien nu (ari) signifie quelquefois lion, le lion étant devenu dans les hiéroglyphes des derniers temps le symbole du maître, du chef, et du roi. L’ara, ou table de l’autel sur laquelle on sacrihait la victime ( agneau ou bélier ) , tire son étymologie du nom mystique AR : on figurait aux trois angles de cette même table une tête de bélier décharnée. 11 ne faut pas confondre l’ara avec Yaltare,
qui est le corps de l’autel.
(3) <7**t ( ail) , qui en égyptien signifie force, puissance, et Dieu qu’on représente dans les hiéroglyphes par une aile d’épervier, signifie aussi belier (a).
(4) LeS statues de IEOUA (Etre Suprême) et de IEAOU (la Nature) tiennent d’une main un alef et de l’autre un fouet, figure première de la consonne R, ce qui donne la racine AR; mot qui indique d’une manière positive que ces statues sont la représentation de la divinité suprême, «jk (AL) signifie élévation, seigneur, et Dieu en égyptien. Cette racine se retrouve dans mbn ( ALHI) , le grand Dieu (b) , dans uvh* ( ALHIM ) , le grand Dieu fort, le Dieu grand et fort , l’Être Suprême : ce nom correspond à celui de IEOUA , qui , en langue sacrée , signifie tout ce gui est (c). Le nom de est exprimé sur les schedules hébraïques par trois ■ ( I ) , sur les abraxas par trois ailes d’épervier unies , lettre triple qui correspond à notre Y, qui vaut trois l. Cette lettre est figurée ainsi A dans l’écriture angélique : c’est le fameux triangle igné des astrologues que les peintres d’église mettent par tradition , en guise de chapeau, sur la tête du Père éternel. Les Massorétistes prononcent CnVîn eloim et en font un pluriel de 'rfm qu’ils prononcent eloa, ce qui ferait que le premier nom voudrait dire les dieux; partant de la il est des gens qui sont allés jusqu’à soutenir que Moïse était polythéiste.
(o) En grec x,As signifie bélier, et ce nom n’est qu’une contraction de xü,u t, seigneur, maître, chef.
(6) Ce nom se retrouve dans ALI, qui, chez les Musulmans, signifie seigneur; dans le latin ali-enus, enfant de Dieu; étranger, parce que, dans la simplicité des mœurs primitives, Y étranger, le pauvre, et le voyageur, étaient considérés comme sacrés, comme protégés par Jupiter vengeur; de là les mœurs hospitalières des premiers âges, qui permettaient au pauvre voyageur de considérer le palais des rois comme un asile.
(c) C’est comme signifiant tout ce qui est, qu’il faut considérer le mot alhim dans le mot français aliment : alih -tout
ce qui est, ex -enfant, T -de la vie : tout ce qui sert à la vie.
PRÉFACE. lv
signifient seigneur et maître, tout aussi bien que baal, nom onomatopique du bélier. Les racines AR et AL étant synonymes dans la langue sacrée, on peut s’expliquer maintenant pourquoi les consonnes R et L s’échangent indifféremment l’une pour l’autre dans les langues orientales, lorsque ces mêmes consonnes sont précédées de la voyelle A. '
Les noms onomatopiques qui ne demandent, pour être déterminés, qu’une simple observation, durent nécessairement précéder les noms mystiques qui sont l’expression en langue primitive d’une qualité prédominante, déterminant la valeur symbolique d’un animal quelconque, et qui, pour être fixée, demande une étude approfondie des mœurs de l’individu.
Le nom onomatopique d’un animal servit d’abord à rappeler l’idée de l’animal lui-même; puis ce même nom onomatopique servit à rendre l’idée abstraite dont l’animal était le symbole, avant qu’on ne se fût avisé de créer le nom mystique ; ainsi baî ou bal signifia bélier et chef, avant que ar ne signifiât chef et bélier. Mais comme le bélier était plus souvent employé dans l’écriture primitive comme symbole que dans une acception figurative, de là baî ou bal finit par signifier plutôt chef que bélier : c’est ainsi seulement qu’on peut se rendre raison d’un fait qui semble en contradiction avec l’origine des noms onomatopiques et mystiques, savoir, que le premier est presque toujours employé en langue sacrée pour exprimer une idée symbolique, tandis que le second est affecté à la dénomination de l’idée figurative; ainsi mô ou mou, nom onomatopique du taureau, signifie eau en langue sacrée (le taureau étant le symbole de l’eau), tandis que ALEF (grande voix), nom mystique de ce même taureau, est spécialement affecté à sa dénomination (1).
(1) Le nom onomatopique du taureau est mô ou mou; dans la langue enfantine le taureau est encore appelé un wioumou. Le taureau dont les mugissements imitent ceux de la mer, le taureau qui était considéré en Egypte comme un animal indomptable et le plus fort de tous les animaux, devint le symbole de l’élément le plus terrible et auquel rien ne résiste, de Veau du débordement , de Vabym ( voy. Apis) (a).
(a) Voilà pourquoi on immolait des taureaux noirs à Neptune. Il ne faut pas confondre le taureau avec le bœuf, qui est, lui, symbole du travail (voyez Boeuf).
lvj PRÉFACE.
Toutes les langues anciennes et modernes se décomposent avec les racines de la langue sacrée. Si l’on voulait chercher l’étymologie raisonnable de tous les mots qui composent notre langue française, il faudrait connaître toutes les langues mortes et vivantes, .et une seule peut les remplacer, c’est la langue des mystères. Ainsi, par exemple, si nous voulions connaître l’étymologie de bègue et bégayer, on ne pourra retrouver cette étymologie qu’avec la langue sacrée ou ( ad majorera gloriam civitatis meœ ) avec le gascon (1). Cherchons-] a d’abord avec les racines
Le mugissement du taureau lui valut son nom mystique ALEF (al -grande, ef -voix) (a). La racine égyptienne la (mu), prononcée mou, signifie eau, l’i (u) étant la voyelle affectée au a (m); d’où in (mu) dont on a fait ensuite ma (mum), prononcé moum, et qui signifie encore eau, mot qui, vu la voyelle i affectée à la consonne a , s’écrit simplement na ; c’est aussi le nom de la consonne a qui , dans l’écriture hiératique, exprime l’idée relative de force, et se trouve ainsi figurée sur les monuments :
c’est-à-dire par la peinture iconographique de Veau. C’est de cette peinture iconographique que dérive la figure de I’m pélasgique ,