‹ Dictionnaire des lieux communs de la conversationChapitre 12 sur 31 · REUR · texte numérisé non relu

REUR

Le laboureur courbé sur la charrue. » -

(M"» Cottln. Claire d'Albe.)

în sujet bien souvent traité, et encore plus souvent Itraité par les peintres. Le tableau du Soldat labour a notamment été célèbre.

Lac. — Chanté par les poètes amis d'une douce rêve

« Dans le lointain on apercevait le lac, dont les eaux t quilles réQéchissaient la couleur des cieux. »

(M»« D... Mcaria.)

(c Les eaux bleuâtres et transparentes du lac s'étend a au loin, et les vapeurs qui s'élevaient de son sein ne mettaient pas d'apercevoir ses bornes. »

(M«« Cottin. Malvxna).

« Souvent, bien souvent, pendant mon sommeil, je se dérouler devant moi comme un passé confus... un avec des cygnes. »

(Ad. d'Ennery et Ferd. Dugué. Marie de Mancinif acte I, se. v

« Il (le voyageur) voit d'un coup d'oeil ce beau lac dont eaux réfléchissent le bleu du ciel, mais plus pur et ] profond. »

(Cuvier. Les Révolutûms du globe.)

Lâche. Il n'y a qu'un lâche qui puisse insulter une femme 11 y a pourtant bien des femmes qui ne sont pas dig de ce nom. Est-ce qu'on peut jamais les insu celles-là?

« Je ne sais rien de plus lâche qu'un homme qui insi une femme. »

(Victor Séjour. Les Noces vénitiennes, acte IV, se. m.)

Laisser.

« Laissez-moi ! au nom du ciel, laissez-moi ! vous ne s; pas le mal que vous me faites. »

(M"e Cottin. Claire d'Albe.)

Dernière résistance de la pudeur prête à succoml Lait. Avoir sucé le même lait.

On lui presserait le nez qu'il en sortirait encore du l C'est-à-dire il est encore bien jeune, sans expérienc

Lambeau. Lambeaux de chair tout palpitants, (Littérat de boucher.) La peinture réaliste ne dédaigne pas traiter des sujets où s'étalent des lambeaux de cl tout palpitants. M. Commère, prix de Rome, a env au Salon de 1 878 une mère Jézabel en train de se fi dévorer par une meute. Et M. Commère est ce suivre les traditions académiques. Est-ce que les trj tiens se perdraient? Est-ce que le poil du réalis pousserait sur la tête des prix de Rome ?

Lambris. Lambris dorés, plafonds dorés.

Le bonheur n'habite pas toujours sous les lambris do

DES LIEUX COMMUNS 18t

Encore moins souvent habite-t-îi sous les toits de chaume.

« Nous ne sommes plus ici sous les lambris dorés d'un palais. »

(M"» de Genlis. Pétrarque et Lattre. 1819.)

« Passer des mansardes d'une maison du faubourg aux plafonds dorés d'un hôtel superbe. »

(Aug. Ricard. La Gritette. 1829.)

« Vrais libertins du ciel, dévots sardanapales, « Vous, vieux moines chenus, et vous, novices pâles, « Foyers couverts de cendre, encensoirs i^orés, « Quel don Juan a jamais, sous des lambris dorés, K Senti des voluptés comparables aux vôtres ? »

(T. Gantier. Poésies diverses. 1838.)

' « Les lambris dorés » nous viennent des Romains.

Ci Ce qui fait les rois, ce ne sont ni les richesses, ni les lambris dorés. »

(Senèque. Thyeste, acte n. Trad. TillemaiD.)

Delille a appelé le ciel : « Célestes lambris. » tt Du haut des célestes lambris, « Sur ce séjour de douleur et d'alarmes, c Nous jetterons un regard de pitié. »

[L'Immortalité de l'âme.)

Lmpe. Lampe qui s'éteint faute d'huile. Lampe qui jette

une dernière flamme.

^ « Je me serai ranimé sur la fin de ma vie, comme une

lampe qui jette une dernière flamme avant d'expirer. »

(Ch. Lafont. La Famille MoronvaU acte IV, se. i.)

Langage. Langage fleuri. Parler le langage de l'amour, la

langue polyglotte par excellence.

' Le langage des dieux. — La poésie.

a Maudite soit l'erreur du goût pernicieux fc Qui me fit méditer ton langage des dieux 1 »

(Sénecé. Les Travaux d^ Apollon.) « Il ne m'est pas permis, il est vrai, de vous exprimer mes sentiments dans le langage des dieux. »

(M"« de Genlis. Pétrarque et Laure. 1819.) «c II faut avoir appris cet art mélodieux Ci De parler dignement le langage des dieux. »

(Pr. de Neufchàtcau. L'Art de lire les vers.)

Le langage des yeux. — Télégraphie de l'amour. « Et tant d'heur se rencontre en ma sage conduite, u Qu'au langage des yeux son amour est réduite. »

(Corneille. La Suivante, acte I, se. ii.)

18i DICTIONNAIRE

Langlir. Languir dans les fers. Il prononça ces mots d'un voix languissante. Ses regards languissants longtemps ott chés sur, etc.

« Ainsi on voit un arbre transporté hors de sa patrie lai guir dans une terre étrangère. »

(M»' Cottin. Elisabeth.]

Larme. Larmes du désespoir. Verser des larmes de sm Fondre en larmes. Tirer les larmes des yeux.

ce Ces mots s'exhalent à travers les sanglots et les larm corrosives du désespoir. »

fAlmanach de la Bonne Duchesse. 1833.) « J'irai dans la solitude pleurer mon crime avec des larm de sang. »

(Ch. Lafont. La Famille Aforonval, acte Y, se. ti. IS34.)

Larmes qui sillonnent les joues.

c Un jour du moins, quand mes traits flétris par la soa franco et les années, quand mes joues, sillonnées par m larmes, vous diront que j'ai assez pleuré ma faute, alors.. (Scribe. Une Faute y acte II, se. ix. 1830.)

On a dit que les larmes étaient la grande ressource d femmes. Chez elles, ce sont les orages de la jalous qui, en crevant, laissent couler le plus de larmes.

« Ex si mes paroles ne peuvent vous convaincre, mes la mes, mon repentir, vous fléchiront; et vous me pardonDert et vous me rendrez votre amour et votre tendresse. »

(Fr. Cornu et H. Auger. Pauvre Mère. 1837.)

Arroser^ baigner de ses larmes. — On arrose de s larmes les genoux de son généreux bienfaiteur, les romans lacrymatoires. On arrose également de s larmes le médaillon d'un époux adoré dont la Parqi cruelle a tranché les jours.

« La vierge, baignant de larmes les genoux du roi, n'e tend qu'à peine les dernières paroles d'Œdipe. »

(Ballanche. Antigone.)

Confondre les larmes.

« Doutez-vous qu'il ne lui eût ouvert ses bras, que lea larmes ne se fussent délicieusement confondues ! »

{Procès de Descoutures, janvier 1827. Plaidoirie^ M« Hennequin.)

Ruisseau de larmes.

« Que de ruisseaux de larmes coulèrent de nos yeux ! » (Vergier. Paraphrase du psaume Super flumina Bahylonis.)

Lauréat.

« L'intéressant lauréat que nous venons de couronner a 9 se rendre digne de vos suffrages. »

le dit également et sous les voûtes du palais Mazarin sous la tente de toile du plus mince concours régio- 1, soit qu'il s'agisse de couronner des efforts en faor de la littérature ou des efforts en faveur de la race

reine.

Laurier. Cueilîir de nombreux lauriers. Enfant chéri de llone, il fit une ample moisson de lauriers. Se couvrir de mers. Se reposer sur ses lauriers. Couronner son front \ vert laurier, — 11 y a encore les lauriers... culinaires mt les cordons bleus ornent leurs sauces. Ceux-là, digestion à part, n'ont jamais fait de mal à pernne.

t Le front ceint des lauriers qu'il venait de cueillir. »

(MilleToye. L'Indépendance de l homme de lettrée.) i C'est enfin vos lauriers qu'ils (les Prussiens) veulent arraer de votre front. »

(Napoléon I»'. Proclamation à la Grande-Armée. 6 octobre 1806.)

■ Laisse, en entrant ici, tes lauriers à la porte. »

(Corneille. Horace, acte IV, se. vu.) « Laisse, en entrant chez nous, ta grandeur à la porte. » (Destouches. I^ Glorieux ^ acte II, se. xiv.)

Laurier de Mars, laurier d'Apollon, tt Généreux Montausier, dont l'âme >igilante « Assure le repos des bergers de Charente :

<( Qui des lauriers de Mars tant de fois couronné, t Des lauriers d'Apollon fait gloire d'être orné. »

(Segrais. Eglogues.)

Les lauriers de.,, l'empêchent de dormir. — Est une réliniscence de la phrase du jeune Thémistocle jaloux de gloire de Miltiade. 11 ne cessait de répéter : « Les ophées de Miltiade m'empêchent de dormir. »

tt. Les leçons de l'adversité. Les leçons de l'expérience. K Puisque les leçons du malheur et de l'expérience... » (Journal des Débats, 22 ventôse an VIII.)

Ce sont des leçons que Ton apprend à grands frais 015 le livre de la vie, livre avec de nombreuses gratres à Feau-forte et à la manière noire.

t:HE. JJne saine lecture. Une lecture édifiante.

(( La mère en prescrira la lecture à sa fille. » I (Piron. La Métromanie, acte III, se. vu.)

De vers ainsi parodié : « La mère en défendra la lec- » à sa fille » est principalement applicable aux œu- 15 poétiques et badines au même Piron.

Légitime. Ma demande est trop légitime pour n'être pas l accueillie. — Il s'agit souyent d'une petite coquine ou même d'une infamie.

Levain. Levain de discorde, — Encore un de ces mots séparables, un de ces frères Siamois de la langue fr çaise, qui en compte tant, et dont voici les plus répand Lecture attachante, — amoureux larcin, — le la rinthe des lois, — la mort du juste, — j^^® incorr tible, — l'éminent juriconsulte, — souffrances intc râbles, — verve intarissable, — répugnance insurmonUl

— bonheur insolent, — propos insidieux, — disco subversif, — soif insatiable, — regard inquisiteur, hardi innovateur, — armée innombrable, — injasl révoltante, — soupçon injurieux, — sentence inique sol hospitalier, — caractère inflexible, — ruse inferm

— joie infernale, — piège infernal, — écrivain id gable, — soif inextinguinle, — joie inexprimable, trésors inestimables, — souvenir ineffaçable, — orgï indompté, — fol orgueil, — attachement indissoloii

— bonheur indescriptible, — nature inculte, — &■ incendiaire, — historien impartial, — noble hidalgo, le glas funèbre, — le flegme britiainnic[ue, — le do| faubourg, — l'illustre maestro, — magistrat intègre,

— œuvre magistrale, — malaise indéfinissable, — inj cheur infatigable, — épaules marmoréennes, — gêi reux Mécène, — superbe mausolée, — douce mélo^

— accents mélodieux, — vaste métropole, — vil méi

— riche minerai, — minois chiffonné, — mod^ aisance, — monstre d'ingratitude, — drame mou mente, — muet de terreur, — le mugissement des flot5| la vile multitude, —munificence royale, — murmure ruisseau, — nageur intrépide, — air narquois, — v< nécropole, — la divine ambroisie, — noble victiinj

f)ure victime, — nourriture céleste, — yeux noj(' armes, — la vérité toute nue, — crime odieux, ombreuse, — l'honorable organe du ministère .

— l'illustre orateur, — savante orchestration, — h organiste, — les ornements du stvle, — frapper d'c cisme, — le pacificateur de la Vendée, — pacte ii nal, — le pain des anges, — nos premiers parent désopilante parodie, — la parure du printemps,—' passionné, — le pavé de l'ours, — puissant patron

— pente fatale, — pente du crime, — perclus de matismes, — noire perfidie, — péripétie bien ain«

— roman qui abond!e en péripéties, — perspective

ctiin% nojéj

ménagée, — pétri d*orgaeil, — pétillant d'esprit, — esprit pétillant — yeux qai pétillent d*esprit, — phi-

lanthropie éclairée, — piété touchante, — éloquente plaidoirie, — brillant polémiste, — la police aux

préoccupation, — voix prépondérante, — sinistres présages, — secret pressentiment, — prestige de la gloire,

— l'habile prestidigitateur, — sage prévoyance, — procédé inqualifiable, — programme attrayant, — prompt comme réclair,— un puits de science,— quadrille échevelé, — vaines récriminations, — effort surhumain, — pouvoir surnaturel, — heureuse surprise, — nature sympathique, — sang-froid imperturbable, — barbe de sapeur, — rire sarcastique, — orgie sardanapalesque, — savante dissertation, — noir scélérat, — séance orageuse, — sécheresse du cœur, — toilette tapageuse, — situation tendue, — esprit tentateur, — tenter un saint,

— ternir sa réputation, — têtu comme un âne, — brillante thèse, — chaleur torride, — marcher comme une tortue, — tourbillon des plaisirs, — amoureux tournoi,

— ourdir une trame, — génie transcendant, — transes mortelles, — les trésors de Cérès, — trembler comme la feuille, — chaleur tropicale, — les fruits de la réflexion, — la reine des fleurs, — personnage remuant,

— juste répartition , — piquante répartie, — le champ du repos, — réprobation générale, — résolution inébranlable, — résolution suprême, — ressemblance frappante, — beauté resplendissante, — resserrer les liens de l'amitié, — juste rétribution, — notre immortelle Révolution, — les rouages de la politique, — roucouler comme] deux amoureux^ — cœur de roche, — heureux rival, — ronger son frein, — les jeux et les ris, — ça n'a ni rime ni raison, — nature romanesque, — la route de Timmortalité, — rugir de colère, — sourire amer, — sourire de résignation, — supplices de l'enfer,

— esprit superficiel, — supplier à genoux, — vil suborneur, — esprit sublime, — parfum suave, — voix stridente, — courage stoîque, — stoïcisme digne de Tantiquité, — sourire stéréotypé, — notre spirituel confrère,

— intérêt soutenu, — souple comme un gant, — discours soporifique, — avarice sordide, — front soucieux, -7 sémillante soubrette, — soldatesque effrénée, — sirène attrayante, — âme servile, — sève de la jeunesse,

— sévère mais juste, — voix sépulcrale, et toute la séquelle, — sérénité de Tâme, — purée septembrale, —

Sropos séditieux, — lâche séducteur, — les séductions e l'esprit, — sentinelle vigilante, — le joug de l'esclavage, — main secourable, — le bras séculier, — le sein des commissions, — splendide végétation, — velu comme un ours, — âme vénale, — fragile comme le verre, — esprit versatile, — nos braves vétérans, — le timon de l'Etat, — le sceptre de la poésie, — les torches de Mars, — le fruit de la vigne, — le coq vigilant, etc.

Libation. Libations à Bacchus. Libations au dieu de k treille. De joyeuses libations en Vhonneur de Bacchus,

(Poésie bachique.)

Libéralisme. Partisan d'un libéf*alisme éclairé. — Une de ces phrases qu'il est bien rare de ne pas rencontrer au coin d'une profession de foi d'un candidat à- la députation.

Liberté. — Un des mots dont on a le plus abusé.

Combattre jusqu'à la mort pour le triomphe de ki liberté. Sage liberté.

a Si ces pauvres imbéciles, qui feignent d'avoir peur des révolutionnaires, race éteinte en France, et qui ne demaudent les baïonnettes étrangères que pour renverser cette sage liberté que notre roi a consacrée dans sa charte... » [Chronique indiscrète du xix« siècle. 1825.)

Sous quel régne a-t-on joui de plus de liberté? — Ren-

gaine des journaux officieux sous tous les régimes, [artial, qui était un vil flagorneur et un insigne mendiant, bien qu'il fût bon poète, n'a-t-il pas dit, s" adressant à Domitien, en lui tendant la main :

« Sub quo libertas principe tanta fuit ? »

Sous quel prince la liberté fut-elle aussi grande ?

Licence. Licence effrénée. La licence compromet la liberté et finit par la détruire. Les révolutions se font au nom de la liberté et engendrent la licence.

Lien. Les liens du sang. Unis par les liens du sang. Lien conjugal. Briser ses liens. Les liens de l'esclavage. — Quel est Thomme qui peut se dire affranchi de tout lien d'esclavage? Tel a cette prétention, qui, au lieu de lien, porte bel et bien un licoL

Lien infernal.

« Pourquoi ai-je aimé cet homme?... Je ne voulais pas

l)i:S LIKliX <:OMMUNS 187

être sa complice.., et un lien infernal m'enchaîne à lui!... »

(Anicet-Bourgeois et Michel Masson. Les Orpheline du pont Notre-Dame^ acte I, se. viii.)

Liens les plus sacrés.

« Je suis prêt à m'unir à Laure par les liens les plus sacrés. »

(Etienne. Le Pacha de Surène, se. xx. i802.)

JERRE. Je suis comme le lierre, je meurs où je m'attache. — Ceci ne saurait être raisonnablement la devise de beaucoup de femmes et encore moins de beaucoup d'hommes. Quand par hasard quelqu'un, à n'importe quel sexe qu'il appartienne, homme ou femme et même Auvergnat, quand quelqu'un essaye de justifier ce proverbe, on ne manque pas de l'appeler vulgairement : « un crampon ». Comme c'est encourageant pour les autres !

« De la fenêtre de la rustique cabane cachée sous le lierre, apparut une délicieuse tête de jeune fille. Elle pouvait avoir seize ans. »

{Style de roman.)

« De Mouy ; Je puis donc m'attacher à lui. — Golignt : Comme le lierre au chêne. »

(AI. Damas et Aug. Naqaet. La Reine Margot^ acte I, se. v. 1847.)

lEu. Les lieux qui m'ont vu naître.

« Cependant pour plus de sûreté, sa mère l'envoya chercher du service loin des lieux qui l'ont vu naître. »

(Victor Ducange. Adolphe et Sophie, acte 1. se. vu.)

« Dans ce lieu sauvage et solitaire. »

(Fabre d'Eglantine. Le Philinte de Molière, acte I, se. vi, 1790.)

[LAS. Vous souvenez-vous quand nous allions cueillir des lilas ? — Le lilas fleurit facilement dans les œuvres de nos modernes romanciers. 11 n'y a guère de chambres d'élégantes qui ne soient, en hiver, fleuries de quelques branches de lilas blanc.

MiER. Limier de police. — Le gibier-voleur n'aime pas ce chien-là.

« On lança à ses trousses un des plus fins limiers de la police. »

« Serait-ce un limier de police? »

(Pixérécourt et Anicet-Bourgeois. Latude.)

MITER. L'esprit de l'homme est limité. — Il faut regretter qu'il ne le soit pas davantage ; nous entendrions, peutêtre, moins de bêtises et nous verrions moins de folies.

Limon.

« Pétri de limon, Thomme est trop enclin à oublier sa misérable origine. »

N*a-t-il pas les infirmités pour la lui rappeler?

Lion. Bien rugi, lion ! Le réveil du lion, La part du lion. Unir la force du lion à la prudence du serpent

« Pareille à une lionne qui défend ses petits, ce n'était plus une femme. »

Lire. J'ai lu votre amour dans vos yeux. Je lirais dans son âme comme dans un livre ouvert, — On n'a pas besoin d'être allé à Fécole pour lire dans le livre de l'amour, t Je lis dans votre âme, cette âme délicate autant qireOe est sensible. »

(M"* de Genlis. Les Chevaliers du Cygne, cfaap. xii.)

« Lisant, sans qu'il le sût, jusqu'au fond de son âme. »

(Destoaches. L'Somme singulier^ acte V, se. vu.)

« Je veux lire une fois au fond de votre cœur. »

{Idem, idem, se. ix.)

« Je lis, à livre ouvert, dans le fond de son âme... »

(Àndrieux. Le IVésor, acte II, se. it.)

(( . . . Vous même avouerez, en lisant dans mon âme, « Qu'il faut plaindre Dorante au lieu de l'accuser. »

(Corneille. La Suite du Menteur, acte V, se. m.)

Lis. Teint de lis et de roses, — Le teint poétique par excellence.

« Les lis, les œillets et les roses tt Couvraient la neige de son teint. »

(Voiture. Poésies.) € Toutes demandent les mêmes choses, un teint tout de lis et de roses. »

(Molière. Le Sidlien, se. xi.)

Lit. Lit de mort,

« II lui jura à son lit de mort de servir de guide et de père à son fils. »

(M»» Gottin. Claire dAlbe.)

« Si j'ai tenu, moi, le serment fait au lit de mort de ma pauvre femme... »

(Ch. Desnoyers, Boulé et Chabot de Bouin. Bita FEspagsole acte I, se. II. 1837.)

Litière. Faire litière de tous les bons sentiments. — C'està-dire prendre les bons sentiments pour sommier; s'asseoir dessus^ dans le langage vulgaire.

Littérature. Cette littérature malsaine, dont le public est infecté depuis longtemps^ menace, etc. On ne saurait trop s'élever contre ce courant qui, etc.

(Style des moralistes du jour à propos de féeries et de revues théâtrales.)

Livre. Ce livre est appelé à un très grand succès,,. Ce Hvre, fruit d'études consciencieuses, « Habent sua fata libelii. » Les livres ont leurs destinées. (Terentianus Mauros. De Syllabiê,)

Livrée. La livrée de la misère. — Une livrée souvent moins méprisable que les livrées dorées.

Loi. Esclave des lois, de Vhonneur et de l'équité. Nul n'est au-dessus de la loi en France, La loi est pour tout le monde. Tous les Français sont égaua; devant la loi. Armer la vengeance des lois.

a Dès sa jeunesse, il a montré jusqu'à quels excès couvait entraîner la fougue des passions... il arma contre lui jusqu'à la vengeance des lois. »

(Victor Ducange. Adolphe et Sùphie^ acte I, se. iv.)

La juste rigueur des lois,

« Et quelles précautions aviez-vous prises contre la juste rigueur des lois ? »

(Sedaine. Le Philosophe sans le savoir, acte III, se. t. 1765.) « Les lois sont des freins salutaires. ».

(Fatart. L'Anglais à Bordeaux, se. v.)

Longévité.

mune

deux ans, dans la presqu

un âge si avancé, elle lisait encore sans lunettes, et faisait

souvent plus de deux lieues à pied les jours de marché. »

Pour les abonnés d'un journal, la relation de ces cas de longévité a toute la saveur d'un gros lot en perspective.

Longueur. Il y a des longueurs. Ça fait longueur. — Ce que disent en général les rédacteurs en chef, lorsqu'on leur apporte un article. Opinion de plus d'un directeur de théâtre sur plus d'une pièce. Scribe coupait impitoyablement tout ce qui faisait longueur en disant : « Tout ce qu'on coupe n'est pas sifQé. »

Tous les faiseurs d'ona ont attribué à Rivarol cette réponse à un poète qui lui soumettait un distique : « C'est joli, mais il y a des longueurs. » Le mot est de Martial ; il termine un vers d'une épigramme ; c'est un

vers célèbre parmi les latinistes, un vers devenu proverbe :

c Sed tu, Gosconi, disticha longa facis. » '

(Mais toi, Cosconi, tes distiques ont des longueurs.)

Loyauté. La loyauté de mes intentions ne saurait être suspectée, — A la tribune, cela se déclame la main sur le cœur.

Lucide. Lucidité. Ce sujet est lucide, extra-lucide. (Boniment de magnétiseur.) — Il a conservé, jusqu'à ses derniers moments, cette lucidité d'esprit qui rendait sa cônvet'sation si vive et si attrayante. — Que de fois pourtant, de son vivant, ses amis Tont traité de « crétin et d'idiot », surtout quand il n'était pas de leur avis.

Luire. Un jour nouveau va luire. Le soleil luit pour tout le monde. — C'est peut-être s'avancer un peu : est-ce qu'il luit pour les misérables? est-ce qu'il luit pour les aveugles ?

Lumière. Les lumières de l'esprit. Apporter les lumières de la civilisation. Ce fut une des lumières de son siècle, qui brilla d'un pur éclat et dont le reflet, etc.

Lumineux. Une idée lumineuse lui traversa l'esprit.

(Style de roman.)

Lune. La lune,xet astre cher aux amants. La lune, comme une curieuse, regardait entre deux nuages. La lune émergeait des nuages.

« C'était par une belle soirée de juillet : la lune projetait sa douce lumière sur la cîme des arbres qui couvraient la terre de leur épais feuillage. »

(Comtesse de Bassan ville. Les Salons d'autrefois. 1862.)

Les Parnassiens appellent la lune « le pain à cacheter de l'immensité. »

Lutte. Lutte courtoise. 'Lutte œ^atoire. Les luttes de l'esprit. — Heureux ceux pour qui la vie n'est pas une lutte incessante contre l'adversité !

Lyre. La lyre du poète.

« La lyre de ce dernier (Baour-Lormian), qu'on a comparée à la harpe éolienne, rend des sons si purs, si doux, etc. ,»;

(Jouy. L'Ermite de la Chaussée-d'Antin, discours préliminaire, 1825.) y ' '

M. Jouy n'était pas difficile. Combien dejs^'tes du

DKS LIEUX COMMUNS 191

calibre de Baour-Lormian ont brisé leurs lyres sans qu'un seul écho en soit parvenu à la postérité !

Déposer sa lyre, — Métaphore de naut goût que les hommes de lettres d'aujourd'hui traduisent par : n'avoir plus rien dans le ventre, être vidé. C'est aussi remiser Pégase et les sdexandrins, mettre sa lyre au clou, casser sa lyre.

n Si Lebrun avait déposé sa lyre, Delille faisait admirer encore sa brillante fécondité. »

(Vinet. La Littérature de l'Empire, Chrestomathie française, t. m.)

Faire vibrer la lyre, — Aligner des alexandrins.

« On est revenu au grand padre Alighieri; et les Àlfieri, les Parini ont fait vibrer, avec une force nouvelle, les cordes longtemps amollies et détendues de la lyre toscane. »

(Ginguené. Hist. littéraire de l'Italie.)

<« Ombre divine et tutélaire, « Cette lyre qui t'a su plaire <c Je la suspends à tes cyprès. »

(Bcouchard-Lebrun. Ode à Buffon.)

tfACHiNATioN. Gi*âce ttu ciel, j'ai pu déjouer votre infâme machination.

(Style romantique.) « Non, il faut que je reste pour déjouer les machinations de Saint-Marc. »

(Pixérécourt et Anicet-Bourgeois. Latude.)

Hagistrature. L'austérité de la magistrature. Exercer la magistrature avec une dignité qui en rehausse encore le prestige. — En dernier lieu nous avons eu le cliché de : la magistrature insurgée.

ifAGN ANIME.

« Héros magnanime, ayez pitié de mes angoisses, j'embrasse vos sacrés genoux. »

{Stple classique.)

iIagnifique. Palais magnifique, tout resplendissant d'or et de marbre.

(Genre descriptif à peu de frais.)

iÏAiN. Main du destin. Main de Dieu. La main de Dieu s'est appesantie sur cette malheureuse famille. Tendre une main secourabk.

« Elle tendit au docteur sa main aristocratique, maigre, presque diaphane. »

« Vous êtes sans fortune, mais vous avez des vertus... Et cette dot vaut à mes yeux tous les trésors du monde... Marie, je vous donne mon cœur et ma main. Marie, voulez-vous être ma femme ? »

(F. Cornu et H. Àuger. Pauvre Mère.)

La main de plomb du malheur.

« C'était sur elle que le sort venait d^appesantir la main de plomb du malheur. »

(V. Ducange. Léonide ou la Vieille de Suresne,)

La main du temps, La main du temps détmit tout.

« La main du temps, et, plus encore, celle des hommes qui ont ravagé tous les monuments de l'antiquité, n*ont rien pu jusqu'ici contre les pyramides. »

(Volney. Voyage en Syrie et en Egypte.) « Il semble que de Dieu la main appesantie. »

(Corneille. Héracliuf, acte II, se. ii.)

Maison. La maison n'est pas au coin du quai. — Fin d'une réclame d'une maison d'habillements confectionnés. Cette réclame illustre tous les murs de Paris et de la banlieue. C'est-à-dire : ne nous confondez pas avec le voisin. C'est le me, me adsum de Virgile, mis au service de la réclame.

Maître. Bon maître. — llny a plus de bons maîtres, disent les domestiques ; il n'y a plus de bons serviteurs, disent les maîtres... Pardon, il y en a encore dans quelques romans d'autrefois. Voici ce que disait^ des domestiques, Mercier dans son Tableau de Paris, il y aura bientôt cent ans : j

« Aujourd'hui, le? domestiques passent de maison en maison, indifférents à quels maîtres ils appartiennent... Ils ne se I rassemblent que pour révéler les secrets qu'ils ont pu décou- i vrir ; ils sont espions, et comme on les paie bien, qu'on les ' habille bien, qu'on les nourrit bien, mais qu'on les méprise, | ils le sentent, et sont devenus nos plus grands ennemis. »

C'est fort juste ; mais pour bien juger la cause, il faudrait entendre la défense des domestiques, il faudrait que l'un d'eux prît la peine de prendre la plume pour K)rmuler les griefs que ses semblables et lui ont contre leurs maîtres. Déjà La Fontaine avait dit :

« Notre ennemi, c'est notre maître. »

« Du c(*urage, Gadichet ! courage, mon ami I 11 faut sauver ton maître, ton bon maître. »

(Scribe. L'Honneur de ma fille ^ acte II, se. xi.)

« Est-ce vraiment vous, mon bon maître, qui apportez le diable dans votre maison? »

(Comtesse de Bassan ville. Le* Salon* d'autrefois, 1862.)

« On le ferait voir couvrant surtout son bon mattre d*une protection de chaque moment. »

(Charles Brifaut. Dialogues et Contes. 1824.)

BIaitriser. Maîtriser ses passions,

« Mais, au moins, j'ai Tavantage de savoir maîtriser mes passions. »

(L.-B. Picard. L' Honnête Homme ou le Niais. 1825.)

Majesté. Majesté suprême.

« Chaque jour, prosternée devant la Majesté suprême, j'admire sa puissance et j'implore sa bonté. »

(M- Cottin. Claire d'Albe.)

Majestueux. Son port de reine, sa démarche majestueuse.

(Genre classique.)

Mal. Il faut prendre son mal en patience. — Voilà toutes les consolations que, malade ou afQigé, Ton peut attendre des hommes, qui, pour la plus grande gloire de leur égoîsme, ont élevé à la hauteur d'un axiome cette pensée de Plaute. (Les Captifs^ acte II, se. i.)

De deux maux, il faut choisir le moindre. — C'est Tabrégé de cette pensée de Machiavel :

« De deux maux, c'est le fait d'un homme prudent de choisir le moindre. »

{La Mandragore, acte III, se. i.)

Maladie. Les maladies de Vâme sont souvent plus difficiles à guérir que celles du corps.

« La maladie présente un caractère de gravité auquel il fallait s'attendre après une si forte secousse. »

Malédiction. La malédiction d'un père appelle la malédiction de Dieu. — Malédiction! le traître nous échappe ! A cheval, à cheval, messieurs, et sus au misérable ravisseur !

(Ecole Bourchardy.)

Malfaiteur.

« La police de sûreté a aiTêté, la nuit dernière, un individu qui, etc. Cet individu, qui a été reconnu pour un forçat en rupture de ban, est un malfaiteur de l'espèce la plus dangereuse. »

(Genre Gazette des Tribunaux.)

Malheur. Malheur aux vaincus ! — C'est le vœ victis ! de notre ancêtre Brennus, jetant son épée dans la balance.

« La loi de Tunivers, c*est malheur au vaincu ! '>

(Saurin. Spartaeiu, acte. III, «c iii.^ ^^

Un malheur n'arrive jamais seul.

€ Le bonheur vient toujours seul ; mais le malheiï lâmve jamais sans ses compagnons. » •■- »-.%-*-'

(Kao-Tong-Kia. Vffùt. du Luth. Tab. XIII. Trad.Baiio aîné.)

Malin. L'esprit malin. — Autrefois, on invoquait l'esprit malin ; u y a quelque temps l'on faisait tourner les tables ; mais, en réalité, c'étaient les têtes qui tournaient à ce jeu-là. On continue toujours à consulter les somnambules extra-lucides.

Malléable. L'esprit des enfants est malléable comme h cire. — Voilà pourquoi les empreintes (ju'ils reçoivent dès le jeune âge ne s'effacent jamais entièrement, r

Malveillancb. Ses paroles respirent la plus insigne mskpl-^ lance. La plus noire malveillance préside àJto^t^'se§ actions. * *

BIandat.

« Le mandat que je sollicite de vous me permettra, si j'obtiens vos suffrages, de me dévouer à la défense de vos mtéréts les plus chers. »

C'est toujours ce que le candidat assure, avant l'élection; mais après... quantum mutatus.

« Vous m'aviez honoré de votre mandat ; si je n'ai pas démérité, je vous demande de le renouveler, afin que je puisse continuer à défendre les intérêts sacrés de la patrie menacés par les menées du cléricalisme^ radicalisme, ou bonapartisme. »

Ad libitum, selon ropinion que le candidat a adoptée.

Mânes. J'en fais le serment sur les mânes de mes ancêtres.

(Genre solennel.)

Manger. Manger des yeux. — Un amourei^x frange des yeux celle qu'il aime. Une coquette mange des yeux un objet de toilette dont elle a envie. Les militaires mangent des yeux les bonnes d'enfants. Les enfants^mangent des yeux les bonshommes* en pain d'épicé, en attendant de les manger à belles dents. Chacun mange des yeux ce qu'il convoite. • "

Manie. La manie de la politique. — Les manies sont des passions en bas âge. Il faut au moins, avoir une manie, faute d'une passion, pour que la vie, ait uu but.

Être atteint d'une douce manie. Il faut respecter les innocentes manies des autres.

Maniement. Le maniement des affaires. — Des tripotages, le plus souvent, avec la banqueroute à l'horizon.

Le maniement des deniers publics. — Souvent très dangereux.

Manière.

« Ceci, ne vous y trompez i)as, pourrait bien être un Velasquez, c'est du moins sa manière. »

(Insinuation du commissaire-priseur, sous le feu des enchères.)

Manifestation. Manifestation de la pensée. Une bruyante manifestation populaire a éclaté à la'suite de...

« Ce fut une imposante manifestation, pleine de dignité et de calme ; plus de 50,000 personnes accompagnaient le cercueil du grand citoyen. »

Et la variante :

« Ont accompagné jusqu'à sa dernière demeure le grand citoyen, au milieu des cris, mille fois répétés, de : « Vive un tel I Vive la République I »

Manifeste. Message. — Si la parole a été donnée à Thomme

four dissimuler sa pensée, le manifeste a été inventé à usage des princes, dans le môme but.

« Ce manifeste rassurera tous les honnêtes gens. »

« Ce manifeste, où le souverain dévoile toute sa pensée, est, pour ainsi dire, l'expression de la pensée du pays tout entier. »

< Ce manifeste laisse dans l'ombre bien des questions importantes ; il ne répond qu'à demi aux vœux de la nation et ne satisfera que les journaux officieux, toujours prêts à chanter sur tous les tons les louanges du gouvernement. »

« Ce manifeste est une sorte de déû jeté à l'opinion publique. Jamais le pouvoir personnel ne s'était affirmé avec plus de hauteur. Jamais, ni sous Louis XIY, ni sous Napoléon 1er, etc. »

« Le manifeste du souverain aura un grand retentissement, non seulement dans notre pays, mais encore dans toute l'Europe. Ces paroles sages, mesurées, ce langage si net et si patriotique ne saurait être désapprouvé que par les ennemis de la nation. »

Manifester. Le Tout-Puissant se manifeste dans ses œuvres.

Manoir. L'antique manoir, tout plein du souvenir de mes aieux.

« Cet antique manoir, aujourd'hui triste et désert, avait été autrefois le séjour des ris et des jeux, alors que votre

I9<i DICTIONNAIRE

illustre aïeul, le mestre de camp, venait sW délasser des travaux de Bellone, et reposer ses lauriers à 1 ombre des grands chênes. »

Manœuvkb. Déjouer les manœuvres criminelles.

(Littérature admiaisiratiye et judiciaire.) « J'aurai Ténergie nécessaire pour déjouer les manoeuvres criminelles des ennemis de notre pays, qui tenteraient d'égarer le peuple. »

{Diêcours de rentrée prononcé par M. le proc. du roi Chemiaeau devant le trib. de Boche fort ^ 5 nov. 1830.)

Mansarde.

c Hier est mort, dans une misérable mansarde de la rue des..., le dernier des ducs de..., qui a compté un d(^ dans sa famille. »

{Faits divers.)

Mantille.

« Sous sa mantille, ses yeux brillaient comme deux étoiles où TÂmour eût pu allumer son flambeau. »

(Style romantique.)

Marasme. Les arts sont dans le marasme.

Marche. Marcher. La marche du progrés. Entraver la mrche du progrés.

« Le voyage du souverain dans les départements du... et de... a été, pour ainsi dire , une marche triomphale. »

{Jîeportage politique.) >

u La pièce a fort bien marché d'un bout à l'autre. L'action , n'a pas langui un instant ; l'intrigue bien conduite et le dénoûment bien amené, etc. » I

{Feuilleton dramatique.)

Mariage. i

« Le mariage de... a été célébréen l'église de..., au milieu] d'une foule élégante et sympathique. »

(Echos du monde.]

Le mariage est une loterie. 1

« Se marier, c'est jouer aux dés avec la fortune. »

(Epicharme. 7i« Oltupiadi, fragments.] i

Le mariage est le tombeau de l'amour.

u On dit que le mariage « Est le tombeau de l'amour, «• Que jamais dans le ménage 1

« On ne coule d'heureux jours. » I

(Palissot. L'Heureux Mariage, chansoD.)

Marine. La puissante marine de l'Angleterre.

Marquis.

« Le marquis était un de ces gentilshommes de vieil!»

roche dont la devise était : « Tout pour Dieu et mon pays. »

• {Style de ronum,)

« Saute, marquis 1 », comme on dirait : Saute, paillasse ! Regnard, dans le Joueur ^ acte lY, scènes x et xi, fait dire plusieurs fois à son faux marquis, au comble de la jubilation :

« Allons, saute, marquis t »

ALyisEiLLAiSE. Les patriotiques accents de la Marseillaise.

« Electrisés par les patriotiques accents de la Marseillaise^ nos pères ont délivré le sol sacré de la patrie, refoulé nos ennemis, fait trembler les tyrans sur leurs trônes, et planté le drapeau tricolore dans toutes les capitales. »

« C'est aux mâles accents de la Marseillaise (\ue nos armées sont entrées, victorieuses, dans toutes les capitales de TEurope. »

(1 Aux armes, citoyens ! formez vos bataillons. »

(Rouget de l'Isle. La Marseillaûe.)

Très beau comme musique, plus que faible comme

Soésie. Ce cbant a le tort d être mis à toutes les sauces, *ôtre entonné aussi bien en temps de paix qu'en temps de guerre. C'est au refrain de la Marseillaise que le peuple manifeste soit son enthousiasme, soit sa colère ; c'est avec ce refrain qu'il salue les souverains à leur passage, et qu'il jette à l'eau les sergents de ville. C'est encore le cri des ivrognes qu'on mène au poste, et des conscrits de la première heure tout enrubannés et numérotés. Il paraît que la Marseillaise est obligatoire pour les musiques de régiments.

Masque. Frendre le masque de la vérité. Je te connais, beau masque !

(Propos de carnaval.)

Masse. Affiter les masses. — Un moyen comme un autre de faire sa fortune politique.

Avoir de l'empire sur l'esprit des masses. — Malheureusement, ceux qui ont cet empire ne s'en servent que pour faire commettre des atrocités.

Masse imposante.

« Sur les débris existants du piédestal de la tyrannie, sera élevée la statue de la Liberté, dont Tinauguration se fera avec solennité; des chênes touffus formeront autour d'elle une masse imposante d'ombrage et de verdure. »

(Rapport du citoyen David sur la cérémonie projetée pour le 40 aoTlit, lu à la Convention nationale j le 13 juillet 1793.)

Massif. Un maiHf.d'arbres nous dérobait la vue. Caché dcr riére un massif d'arbres.

Matin. Le matin de la vie. — (Style académique.) Ui matin qui pour bien des gens n'a pas de soir.

Médaillon. — Le médaillon joue un certain rôle dans let mélodrames, et a souvent contribué au dénouement.

« Cet écrit... le voilà... tenez... prenez-le, en détachant h cercle de ce médaillon. {// a tiré de son sein un petit médaillon suspendu à une chaîne d'or,)

(Ch. Desnoyers et Nos-Follet. Jacques le Corsaire, acte V, se. xi.)

« Pas une ressource, rien, rien que ce médaillon... le portrait de ma mèrel II y a quelques jours, j'ai vendu pour vivre le cercle d'or I... »

(E. Brisebarre et Eug. Nus. La Route de Brest, acte YI, se. i\.)

« C'est donc à Mexico que vous remettrez à l'enfant ce médaillon, dernier souvenir de son père. »

(Anicet-Bourgeois et Ferd. Dugué. Les Pirates de la Savane, acte I, se. IV. 1859.)

Médecin. Le prêtre est le médecin de l'âme. Elle se trouve mal! Vite un médecin! Courez chercher un médecin!

« Médecin de l'âme, il en connaît tous les égarements, toutes les tortures. »

(Joseph Bouchardy. Les Enfants-Trouvés.)

€ C'est le ciel qui vous envoie; car les soins du médecin de l'âme ne seront pas inutiles pour ce qui se prépare ici. » (Anicet-Bourgeois et Michel Masson. Les Orphelins du pont Notre- Dame, acte III.)

« Car, après les médecins de l'âme, qui sont les prêtres... »

(De Vigny. Stella.)

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